Nocturne à la Galerie Monnin

PUBLIÉ 2018-06-14
Le saviez-vous ? La Galerie Monnin a récemment changé d’adresse. Après le boulevard Jean Jacques Dessalines au centre-ville, puis la rue Lamarre à Pétion-Ville, c’est désormais à Laboule 17 que Gael Monnin, gérante de la galerie, accueille depuis le 2 décembre 2017 les férus d’art, du mardi au dimanche. Et le mardi, à partir de 7 h p.m., la galerie reçoit les noctambules dans le cadre de sa nocturne hebdomadaire dénommée Galerie Monnin’s Tuesday Art Vibes à laquelle Ticket a fait un tour cette semaine.


Mardi soir 12 juin, 7 h 32 p.m. On passe la barrière des nouveaux locaux de la Galerie Monnin. On a l’impression de pénétrer une demeure privée. Et cette première impression est la bonne. « C’est la maison de mes grands-parents. J’ai grandi dans cette propriété », nous confirme, Gael Monnin, gérante de cette galerie qui a été fondée en 1956. En quête d’un endroit où abriter la galerie grandement menacée par le marché qui telle une pieuvre continue à étendre ses tentacules, la jeune femme raconte que sa famille n’a cessé de battre en retrait. Après s’être dirigée vers la rue Lamarre, elle s’est purement et simplement réfugiée dans les hauteurs de la ville.

Le travail pour changer cette maison familiale en véritable caverne d'Ali Baba a dû être considérable. Salle d’attente, balcons et même les toilettes... tout a été transformé. Au premier niveau, certains murs semblent même crouler sous le poids des tableaux. Mais la symétrie recherchée par le curateur n’en est pas moins évidente. Toujours au rez-de-chaussée, il y a cette pièce à l'allure de boudoir où un triptyque formant le portrait d’un homme retient notre attention. Un peu plus loin, une autre petite chambre au caractère intime avec lumière tamisée et habillée de pièces liées au vaudou est tout aussi remarquable. Et, bien sûr, on ne saurait oublier le coin selfie où, devant ce tourbillon de chiffres signé Pascale Monnin, divers visiteurs ont posé.

Mais, outre ces différentes œuvres d’art, tableaux et sculptures éparpillés çà et là dans le bâtiment, le public dispose aussi d’autres attractions à l’étage. La musique déjà apporte une touche toute spéciale à l’événement. Le bar très actif et les différents jeux de société viennent eux aussi contribuer à l’atmosphère conviviale qui règne. La projection du film-documentaire « Basquiat, une vie » annoncée a effectivement eu lieu. Mais, la sonorisation visiblement mise à zéro, n’a pas contribué à maintenir l’assistance concernée par cette projection assurée par Mobi Cine. Des sous-titres auraient sans doute aidé. Entre-temps, l’artiste Chiara Mecozzi réalise sous les yeux de l’assistance une peinture qui n’est autre que la reproduction d’un cliché que la jeune femme, qui est aussi photographe, avait elle-même capturé.

L’ambiance est bon enfant et réussit à garder plus d’un sur place. De toute façon, il fallait bien voir le travail fini de la peintre. Et Gael Monnin, vêtue d’une simple robe signée Simbi Atelier, se révèle la parfaite hôtesse, allant de groupe en groupe. La gérante ambitionne de totalement relancer la Galerie Monnin et d’en faire une véritable destination. « Je mets sur pied un café qui sera bientôt fonctionnel. Je veux louer l’espace pour des lancements de programmes, des fêtes de bureau, etc. Je vais aussi projeter la Coupe du monde », envisage la jeune mère de famille qui prépare une exposition sur les signes du zodiaque avec cinq artistes pour la fin de ce mois de juin. Les amateurs d’art peuvent entre-temps visiter la galerie du mardi au dimanche entre 11 h du matin et 5 h de l’après-midi afin de découvrir et de faire l’acquisition d’œuvres d’inconditionnels de la Galerie Monnin comme Yves Michaud, Georges Desarmes, Jean Louis Sénatus, Frank Zéphirin. Le salon de réseautage se tient quant à lui tous les mardis de 7 h p.m. à 11 h p.m. et vaut entièrement le détour !



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