Un écrivain ne sait pas se taire et un ministre fait des promesses

Le Musée du panthéon national a été le théâtre du traditionnel cocktail en hommage aux invités d'honneur de la 24e édition de Livres en folie, le mardi 29 mai 2018. Entre écrivains qui refusaient de se taire et un ministre qui faisait des promesses, la grande foire du livre promet d’être un moment exceptionnel pour le livre.

Publié le 2018-05-29 | lenouvelliste.com

Mardi soir le restaurant Les jardins du Mupanah est rempli comme un œuf. Petit à petit, les conversations s'amplifient. La joie de revoir certaines connaissances, de partager un verre avec un auteur ou un éditeur est au rendez-vous. Des phrases et des mots circulent. Dans cette ambiance versatile, bouillante, mouvementée par le va-et-vient du public, des gerbes de mots sont déposées par les auteurs, les cadres et les invités d’honneur Emmelie Prophète et Dieudonné Fardin. S’adressant au public, l’auteure du « Testament des solitudes », Emmelie Prophète, a martelé pour faire référence à l’atmosphère active qui y règne qu’« un écrivain ne sait pas se taire. »

Le ministre de la Culture et de la Communication, Guyler C. Delva, qui s’est toujours dit très sensible à la mission du ministère de la Culture qui est, entre autres, de promouvoir et de valoriser la culture haïtienne sous toutes ses formes, manifeste dans son allocution le désir de faire respecter la notion de propriété intellectuelle. Avec enthousiasme, il a annoncé son soutien au Bureau haïtien du droit d’auteurs. Le ministre se dit « artiste ». Aussi s’est-il empressé de faire moult promesses. Aux auteurs, notamment aux artistes, il garantit qu’il leur fera vivre de leurs œuvres. « Lire pour nous autres haïtiens est un moyen de célébrer la vie et de fonder des générations. Ainsi, nous allons renforcer le Bureau du droit d’auteurs. Le ministère de la Culture et de la Communication va travailler de concert avec le bureau haïtiens du droit d’auteurs pour que le droit d’auteur soit respecté en Haiti.»

Un bon livre est un legs que son auteur fait au genre humain, dit-on. Ainsi, 159 auteurs, accompagnés de 1 828 titres, sont impatients de déposer un sourire et peut-être une lueur d’espoir sur vos visages, les jeudi 31 mai et vendredi 1er juin 2018 au Mupanah.

Quand Max Chauvet, chargé d'annoncer les noms des quatre bibliothèques récipiendaires des ouvrages collectés par le fonds Livres en folie, réclama silence à l'assistance et lui reprocha de ne pas avoir été attentif aux discours des invités d'honneur, on compris toute la portée des propos d'Emmelie Prophète, un écrivain ne sait pas se taire, même quand ll ne parle pas.

Toute la beauté de Livres en folie, fête populaire s'il en est, est dans la diversité des opinions et des comportements de chacun. Cela provoque un bruit de fond et une énergie qui font toute la vitalité de la création littéraire et la saveur de la vie des idées.



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