« Une geste trempée de larmes » : l’histoire moderne du pays revisitée par le Dr Rony Gilot

Livres en folie « [Les acteurs politiques des 60 dernières années] ont adopté des attitudes et des décisions qui ont orienté le cours de l’histoire et produit des conséquences heureuses ou néfastes sur le présent et l’avenir du pays et du peuple haïtien. »

Publié le 2018-05-25 | Le Nouvelliste

Définitivement, le Dr Rony Gilot ne rate pas une occasion de gâter le public de la plus grande foire du livre du pays. Avec son talent d’écrivain prolifique, année après année, il nous livre des titres alléchants et une tranche d’histoire à découvrir avec passion et curiosité. Pour avoir été certaines fois dans les coulisses, il est un témoin privilégié et fidèle un rapporteur. Après sa série à succès « Au gré de la mémoire » qui compte neuf volumes, l’auteur lance « Une geste trempée de larmes » qui aura une dizaine de tomes et couvrira plus de soixante ans de l’histoire récente du pays.

Ce premier tome qui sera en signature les 31 mai et 1er juin à « Livres en folie » sous-titré « la folie conquérante » relate les différentes étapes de l’instauration d’un système politique qui a dominé l’histoire d’Haïti durant six décennies (1956 – 2014). « Les personnes qui la tissent ou qui la subissent ne sont pas des personnages fictifs ». Les évènements relatés ne sortent pas de son imaginaire mais ce sont des faits rapportés comme dans un long métrage basé sur des faits réels. Car on peut reconstituer les scènes à l’aide des détails précis que nous fournit l’auteur.

Ce 25 mai rappelle les 61 ans de la guerre civile de 1957 opposant les principaux prétendants à la présidence de l’époque. En voici un extrait tiré du chapitre cinq du livre :

« La journée du 25 mai 1957 débuta par un appel radiophonique des officiers déjoïstes à leurs compagnons d’armes des casernes Dessalines. Une proclamation du général Pierre Armand convoqua les membres du haut état-major pour recevoir les nouvelles consignes. Aucune réponse à ces avis. Alors, vers 9 heures du matin, de petits avions commencèrent à survoler la capitale, surtout l’imposant édifice des casernes Dessalines, adossé au Palais national. Ils lâchèrent une nuée de tracts qui, relayant la situation de Radio commerce, occupée depuis l’aube par un commando dejoïstes, prévenaient les populations des dispositions inattendues du colonel Armand, qui acceptait quant à présent le poste de commandant en chef. Ces imprimés invitaient également les officiers et soldats de la garnison des casernes à la défection, à la mutinerie, à la rébellion et lançaient un ultimatum au général hors-la-loi (Cantave s’entend).

Vers 10 heures, ce n’étaient plus d’anodins tracts de menaces, mais de vrais obus qui pleuvaient sur les casernes, manquant de peu d’exterminer nombre de militaires, plusieurs candidats à la présidence et Cantave avec. C’eut été une aubaine inespérée pour Déjoie : du coup, il aurait été débarrassé de Duvalier, de Fignolé, de Laforest, préfet fignoliste de Port-au-Prince, du remuant sénateur Emile St-Lot, le sort ne le gratifia pas d’un si beau cadeau.

Parallèlement à ces attaques aériennes infructueuses, un poste d’artillerie, installé à environ 400 mètres des casernes, devant le Rex-Théâtre […] outre les opérations militaires programmées par les stratèges clandestins du 25 mai, Port-au-Prince connut une flambée de violence, d’actes de sabotage et de banditisme. La maison de Duvalier, à la ruelle Roy, fut assaillie par des hordes dejoïstes et fignolistes. Certains militaires – et des plus connus pour être des plus plantureux et des plus claires – prirent une part active et publiquement vantée à ces actes de vandalisme. On attaque Radio Port-au-Prince, d’obédience duvaliériste et propriété d’Antoine Rodolphe Hérard.

Dans tous ces lieux, les assaillants rencontrèrent une résistance farouche. On compta ce jour-là beaucoup de morts et de blessés. Au domicile de François Duvalier, un certain Harris fut cueilli au balcon comme un gibier par un major bien connu pour ses convictions dejoïstes. À Radio Port-au-Prince fonctionnant sous les tribunes du stade Sylvio-Cator, ce fut la curée sur les fans de duvaliéristes accourus au secours de la station. » Pages 104 à 106.

Ses derniers articles

Réagir à cet article

Nous avons remarqué que vous utilisez un bloqueur de publicité.

Notre contenu vous est présenté gratuitement à cause de nos annonceurs. Pour continuer à profiter de notre contenu, désactivez votre bloqueur de publicité.

C'est éteint maintenant Comment désactiver mon bloqueur de publicité?

How to disable your ad blocker for our site:

Adblock / Adblock Plus
  • Click on the AdBlock / AdBlock Plus icon on the top right of your browser.
  • Click “Don’t run on pages on this domain.” OR “Enabled on this site.”
  • Close this help box and click "It's off now".
Firefox Tracking Prevention
  • If you are Private Browsing in Firefox, "Tracking Protection" may casue the adblock notice to show. It can be temporarily disabled by clicking the "shield" icon in the address bar.
  • Close this help box and click "It's off now".
Ghostery
  • Click the Ghostery icon on your browser.
  • In Ghostery versions < 6.0 click “Whitelist site.” in version 6.0 click “Trust site.”
  • Close this help box and click "It's off now".
uBlock / uBlock Origin
  • Click the uBlock / uBlock Origin icon on your browser.
  • Click the “power” button in the menu that appears to whitelist the current website
  • Close this help box and click "It's off now".