De l’« Art car » à Auto Expo avec Oliga

Lors de la première édition d’Auto Expo, en novembre 2017, la Compagnie haïtienne de moteurs avait offert au public une performance live de « art car », peinture sur voiture, avec Oliga. Les 18, 19 et 20 mai derniers, à la deuxième édition de cette grande foire automobile, la voiture y a été exposée.

Publié le 2018-05-23 | lenouvelliste.com

Le « art car », cela vous dit un truc ? Non ? C’est une voiture transformée en surface de peinture qui sera considérée, plus tard, comme une œuvre d’art. Cette forme d’art est très prisée chez BMW, dans des shows internationaux, et certains artistes en raffolent. Une Mazda 2 Hatchback exposée par la Compagnie haïtienne de moteurs, lors de l’Auto Expo le week-end dernier, a attiré l’attention de ceux et celles qui n’étaient pas présents en novembre 2017. Et le peintre n’est ni plus ni moins que ce passionné d’art, Oliga.

« L’idée est venue de manière spontanée et informelle. J’avais l’habitude de travailler pour Caroline, l’une des propriétaires de la compagnie, et on parlait de la première édition d’Auto Expo. La question du « art car » est donc venue sur le tapis. On regardait comment les artistes faisaient des shows pendant des évènements d’envergure, comment les grands concessionnaires utilisaient cette forme d’expression, et puis on s’est dit que cela pourrait faire bonne figure pendant la foire automobile », développe celui qui souligne que le style utilisé sur la voiture est du « pop art » mélangé à un black pop art plus communément appelé afro pop art. Inspiré de la vie urbaine haïtienne tout en tenant compte de l’industrie automobile en Haïti, ce travail lui a pris deux jours où il était filmé en plein ébat.

Le jeune homme qui a déjà exploiter d’autres supports, d’autres surface pour peindre, comme des bouteilles de gaz, une pierre, des murs, des maillots, etc., avait vu le véhicule comme un défi à relever, un moyen de tester ses limites. « A chaque surface, correspond un type de matériel et une préparation de base. Pour la voiture, il a fallu acheter certains produits ailleurs et les faire venir en Haïti. Je peux dire que c’était une expérience vraiment enrichissante, paske lekòl la ba w kòman pou w fè bagay yo, men se eksperyans ak kreyativite k ap ba w diplis w ap chèche a, ce qui va épater et émouvoir les gens », argue le prodige des pinceaux et des bombes de spray.

Oliga, de son vrai nom Olivier A. Ganthier, a hérité des gènes artistiques de son père Jean Denis Ganthier. L’art a toujours fait partie de sa vie, comme il se plaît à le dire. « Mwen leve nan anbyans sa a, mwen benyen ladan l. Après mes études classiques, j’ai décidé d’étudier les arts. D’où ma formation à l’ENARTS. Ensuite j’ai pris d’autres formations à l’étranger, sans compter mes expériences dans la rue et ce que j’ai appris par moi-même. Depuis, j’essaie différents supports, ce qui m’offre une plus grande vision des choses. Ce que je fais, c’est du street art », confie Oliga.

Puisque l’inoubliable ne naît pas d’une formule toute faite, l’artiste a profité de l’occasion pour lancer un message d’encouragement aux jeunes : « Ne perdez pas votre temps, ne gaspillez pas votre énergie à vous investir dans des choses que vous n’aimez pas. Fè sa w renmen, ou p ap santi se yon travay ou oblije fè. Perfectionnez-vous et surtout prenez exemple sur les meilleurs dans votre domaine. Passion et discipline, ce sont les deux éléments les plus importants pour réussir dans un milieu. N’oubliez surtout pas de vous vendre sous le meilleur jour qui soit ».

Madjolah Pierre madjoh90@yahoo.fr
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