Ranch Le Montcel, pour la promotion de l’écotourisme et l’agrobusiness en Haïti

Publié le 2018-05-16 | Le Nouvelliste

Economie -

Il ne reste plus que quelques minutes avant qu’1 h 00 sonne, en cet après-midi du dimanche 6 mai 2018, lorsqu’un groupe d’étudiants, tous issus de la 2e année de l’ENST, se dressent par-devant une foule constituée essentiellement de jeunes étudiants, aspirants entrepreneurs et entrepreneurs, afin de présenter, en son local même, le plan de marketing opérationnel de «Ranch Le Montcel» : un espace naturellement vert à être découvert. Amplement.

S’étalant sur environ 13 carreaux de terre dans les hauteurs de Kenscoff, notamment à Belot, soit à 14 km de la commune de Pétion-Ville, Le Montcel vous accueille dans son complexe écologique. Un endroit où règne une atmosphère paisible et tranquille. Entre le brouillard et le froid, le ciel embrumé et le soleil timide, le Ranch vous permet, grâce à son service Zip line, de vous glisser sur un câble, à quelques mètres d’altitude et en toute sécurité. Pour pouvoir ensuite atterrir, par son service d’équitation, sur le dos de l’un de ses chevaux qui vous transportera dans l’un de ses 4 chalets. Ces chalets, situés aux environs de 50 à 60 mètres de la salle de conférence de l’entreprise et comprenant au total 40 chambres, vous hébergent durant la nuit. Loin du bruit, loin du stress, en toute complicité avec la nature.

Toute cette panoplie de services et bien d’autres encore attirent de touristes principalement par l’aspect rustique qu’ils revêtent. Le nombre de ces touristes, locaux et internationaux, suit une variation croissante, il y a bon nombre d’années. Une croissance, paraît-il, exponentielle, il y a trois années de cela. Soit en 2015, lorsqu’il a fallu seulement 150 gourdes pour pénétrer à l’espace du Montcel, il y avait eu, en moyenne, 3000 visiteurs. Dès l’année suivante, en 2016, la variation de la demande fut plus que proportionnelle par rapport à la variation du prix. En effet, de 150 à 300 gourdes, soit le double comme nouveau prix, la demande, elle-même, s’est accrue de 3000 à 9000 visiteurs, soit le triple. Tandis qu’en 2017, le prix allait se fixer désormais à 500 gourdes, mais le nombre d’arrivants n’arrêtaient pas de suivre cette courbe ascendante. Il y en a eu 23 000 visiteurs, un nombre inattendu. Toujours est-il, en ce 2018, on s’attend à un nombre encore plus considérable. Car, comparativement aux quatre premiers mois de l’année précédente, Le Montcel enregistre déjà, pour ceux de cette année, une augmentation de 23 % sur le nombre total de visiteurs reçus durant.

Évidemment, c’est l’un des rares endroits en Haïti où l’on ressent toujours cette envie d’y revenir. Une envie qui ne s’explique pas uniquement par le fait de pénétrer l’attrayant espace. Aussi, les prix susmentionnés payés en gourde, donnent droit à toute une gamme de services, entre autres, un cocktail de bienvenue et une visite guidée. Une visite qui permet de prendre connaissance d’un Ranch diversifié qui se focalise sur ses atouts écologiques pour pouvoir étendre ses activités en agrobusiness. L’entreprise profite donc des diverses ressources naturelles que son emplacement sur la montagne met à sa disposition.

En fait, dès sa génèse, Le Ranch était destiné à la culture de la fraise. Il est à remarquer ainsi la culture en hauteur des fraises, des tomates, des céleris, des laitues, des choux, des poireaux, des aulx,…tous disposés en étages de 3 ou 4 dans des récipients adaptés, entreposés dans des serres et alimentés par l’eau provenant du grand lac collinaire du Montcel contenant jusqu’à 800 000 gallons et qui se sert aussi pour desservir les paysans et cultivateurs de Belot.

Aux côtés des plantations, l’élevage représente également l’un des domaines d’activités du Montcel. Les espèces y sont d’une grande variété. Les porcs, les chevaux, les poules et autres sont autant d’animaux qui cohabitent le Ranch. Les produits tirés de ces animaux et de ces végétaux sont servis au restaurant même de l’entreprise et leurs excédents vont sur le marché local. De ce fait, Le Montcel évolue en autosuffisance alimentaire évaluée aux environs de 80%. Une quantité de produits dont le but consistera à satisfaire plus de 150 000 touristes sur une période de 5 ans.

Que de chiffres ! Des chiffres qui impressionnent. Des chiffres qui en disent long dans une économie où la production nationale est quasi moribonde. Alors qu’il est d’une évidence flagrante que le développement d’Haïti ne pourra se passer de ces deux secteurs pro-croissance : le tourisme et l’agriculture. Ces deux secteurs que Le Montcel combine pour s’œuvrer dans un même espace, quoique étendu. Depuis quand parle-t-on d’autosuffisance alimentaire pour le pays ? La croissance vertigineuse du nombre de touristes au Montcel n’explique-t-elle pas l’allure que prend la demande de ce type de service ? Par conséquent, des endroits comme Ranch Le Montcel, Haïti en a besoin, et beaucoup. On en a effectivement besoin pour la création de richesse afin d’arriver à une certaine redynamisation de l’économie : la création d’emplois, l’acquisition de devises par l’arrivée des touristes internationaux, les exportations qui réduiront l’écart du déséquilibre de la balance commerciale.

On en a aussi besoin pour combler le fossé du déficit budgétaire enregistré constamment d’années en années, pour essayer de stabiliser la volatilité du taux de change, pour pouvoir enfin commencer à parler d’essor économique.

« L’Haïti de demain, aujourd’hui » est le slogan phare du Montcel. Il entend, par celui-ci, à vous faire vivre aujourd’hui ce que pourrait être l’Haïti de demain si toutefois l’éveil de la conscience et de la bonne volonté surgit et qu’il soit accompagné du travail acharné. Ce qui ne sera possible qu’après avoir redéfini nos politiques économiques. Pourquoi sont-ils traités en parents pauvres les ministères de l’agriculture, du tourisme et du commerce et de l’industrie avec des allocations budgétaires respectives de 6,4%, 0,4% et 1,3% ? À quand des politiques d’investissement pour améliorer et construire certaines infrastructures de base telles que les routes, l’aménagement de certains sites touristiques ? À quand des politiques de financement pour faciliter l’accès aux crédits agricoles par exemple ? À quand des politiques d’accompagnement des acteurs relatifs aux domaines tels que les cultivateurs, les entrepreneurs touristiques, etc ? On ne parlera de caravane que lorsque des réponses palpables seront données à ces interrogations.

Idler Aurélus aurelusidler17@gmail.com Auteur

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