Colombe Émilie Jessy Menos veut que le tourisme soit une priorité pour Haïti

La ministre du Tourisme, Colombe Émilie Jessy Menos, lors de la 41e conférence des «Lundis de la presse», a mis en évidence les principales actions qu’elle a menées à travers son programme baptisé « Zafè touris se zafè tout moun », les avancées, les difficultés et les perspectives dudit programme. Mme Menos dit relever à la fois de l’augmentation au niveau des arrivées touristiques, l’accompagnement des projets d’investissement touristique et l’absence de direction d’aménagement des sites touristiques.

Publié le 2018-05-10 | Le Nouvelliste

« Le MDT appuie près de huit projets d’investissement touristique, dont six dans l’hébergement et deux dans le transport touristique. Nous avons recensé une augmentation au niveau des arrivées touristiques, à savoir 1 188 314 touristes en 2015, 1 242 426 en 2016 et 1 480 797 en 2017. Ces 8 projets totalisent 35 251 092 dollars américains », a fait savoir Colombe Emilie Jessy Menos, titulaire du ministère de Tourisme. Dénombrant les avancées de son ministère en matière de tourisme, notamment des formations, des promotions, d’aménagement et de conservation des sites, Mme Menos entend mettre sur pied un comité de gestion afin de réaménager les différents sites touristiques à travers le pays.

Après avoir mis l’accent sur la mise en place d'un nouveau curriculum pour les élèves des écoles hôtelières du pays qui, d’après Mme Menos, répond aux normes et aux critères de toute la Caraïbe, elle a précisé que les écoles hôtelières et touristiques du pays allaient bénéficier d'une formation standard. Elle a réalisé un diagnostic institutionnel qui lui a permis de découvrir que le ministère dont elle tient les rênes depuis 14 mois n’est pas outillé pour remplir convenablement sa mission. « Le MDT n’est jamais outillé pour avoir une direction d’aménagement des sites touristiques », a-t-elle souligné.

Selon la ministre du Tourisme, le ministère du Tourisme est présent seulement dans 3 départements : le Nord, le Sud et le Sud-Est. L’absence d’un plan d’aménagement touristique, de direction nationale de croisière, de direction nationale de la logistique des sites, ajoute Mme Menos, figurent parmi les difficultés que connaît le ministère du Tourisme. « Pas de direction départementale dans le département de l’Ouest. Les travaux d’aménagement sont tombés en désuétude », a-t-elle expliqué

Mme Menos, qui veut que le MDT remplisse convenablement son vrai rôle dans le pays encourage des organismes de l’État et des entreprises privées à mettre la main à la pâte et à faire du tourisme leur priorité. « 79 pays au monde font du tourisme leur moteur de développement. Pourquoi en Haïti le tourisme ne devient-il pas une priorité ? Pourquoi aujourd’hui Haïti, avec toutes ces potentialités touristiques, ne peut pas recevoir entre 6 et 10 millions de touristes ? », se questionne la dirigeante du MDT, qui croit dur comme fer que le tourisme est le secteur le plus porteur pour l’économie nationale.

Tout en défendant l'idée que cette question doit intéresser tout le monde, le développement du secteur touristique, enchaîne Mme Menos, va passer par l’implication de tous les Haïtiens. Elle entend, dans les années à venir, créer des chambres d’hôtel et près de 450 emplois directs et 900 emplois indirects. « Si le secteur touristique est bien organisé, nous pourrons créer près de 50 emplois et 50 carrières », a-t-elle renchéri, tout en soulignant que, quel que soit l’investissement effectué dans le secteur touristique, les retombées se feront sentir dans moins de deux ans. Elle promet de déposer une proposition de loi au Parlement haïtien pour régulariser le secteur touristique.

Conscientes de l'insalubrité et de l’insécurité qui affectent les arrivées touristiques dans le pays, la ministre Menos soutient qu’elle travaille de concert avec d’autres institutions, notamment le ministère de la Santé publique et de la Population, la Police nationale d’Haïti (PNH), le ministère des Haïtiens vivant à l’étranger (MHAVE), le ministère de l’Environnement en vue d’accueillir les potentiels touristes aux fêtes champêtres de cette année. Elle veut augmenter le nombre des policiers formant la Police touristique (POLITOUR) pour atteindre un nombre de 500 policiers.

Ses derniers articles

Réagir à cet article