Colloque international/ Université Quisqueya/« 1804 Institute

Deux journées de réflexions sur la corruption et la transparence» en Haïti

Publié le 2018-05-02 | lenouvelliste.com

L’Université Quisqueya et « 1804 Institute », une organisation basée aux États-Unis, organisent conjointement sur le campus de l’université, à Port-au-Prince, les jeudi 3 et vendredi 4 mai 2018, un colloque international sur la corruption et la transparence intitulé « Corruption et transparence : Mécanismes et enjeux. Devant l’ampleur du phénomène et face à l’intérêt croissant qu’il suscite au sein de la population haïtienne, ce colloque vise à sensibiliser le citoyen haïtien afin de le rendre plus attentif aux prestations de ses dirigeants et de responsabiliser ces derniers pour leurs performances, lit-on dans un document acheminé au journal.

A cette fin, quatre thématiques seront débattues. On peut citer : les caractéristiques de la Corruption: «La corruption, de quoi s’agit-il?» ; les dispositifs de lutte contre la Corruption: «Comment fonctionnent les mécanismes mis en place?» ; l’économie de la corruption : «Comment évolue l’économie haïtienne dans ce contexte mondial de corruption ?» et la sociologie de la corruption: «Quelles sont les spécificités haïtiennes ? [Pouvoir, Culture et Corruption]».

L’idée maîtresse de ce colloque est de dépasser le cadre normatif et institutionnel de la lutte contre la corruption pour s’intéresser aux méthodes et valeurs que la société dans son ensemble doit mettre en place pour combattre ce fléau. Dans ce contexte, au cours du colloque, des experts de tous horizons, familiers de la vie sociale haïtienne, tenteront d’apporter un éclairage sur des questions telles que : Quels sont les mécanismes à mettre en place pour combattre la corruption en Haïti ? Faut-il plus de transparence et une meilleure dissémination de l’information ? Faut-il plutôt investir dans une culture de la responsabilité et de l’intégrité ? La lutte contre l’impunité et la mise sur pied d’un code de conduite vont-elles permettre d’atteindre les résultats recherchés? Ou s’agit-il d’un savant dosage entre ces trois voies ?

Dans sa lutte contre la corruption, Haïti s’est dotée de nombreux instruments institutionnels. En effet, le droit à l’information est établi dans la Constitution de 1987. Le pays dispose d’organismes spécialisés, à savoir l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC), l’Unité centrale de renseignements financiers (UCREF), ainsi que de lois contre la corruption (2014) et le blanchiment d’argent (2001 et 2016). Haïti a aussi signé des conventions internationales, en particulier la Convention des Nations unies contre la corruption (2009) qui fournit un véritable code d’éthique à l’intention des employés du secteur public.

Pourtant, en 2017, selon l’indice de perception de la corruption calculé par l’organisme non gouvernemental Transparency International, le pays est classé 157e sur 180, ce qui le place, dans l’esprit de tous, parmi les pays les plus corrompus du monde. La persistance de ces mauvais résultats fait de la corruption une préoccupation pour la société haïtienne, ses dirigeants en particulier.

En effet, lors de son discours officiel à l’occasion de la rentrée des classes 2017, le président de la République, M. Jovenel Moïse, a indiqué qu’il s’agissait d’un des freins au développement du pays. De plus, dans son discours devant l'Assemblée générale des Nations unies en septembre 2017, il est allé plus loin et a déclaré : «La corruption, sous toutes ses formes, gangrène et atrophie l'économie ; elle a fragilisé profondément la fondation politique et elle a déstabilisé le tissu social du pays: la corruption est un crime contre le développement».

À travers cette initiative, l’Université Quisqueya et « 1804 Institute » se donnent pour mission d’aider à la mise en place de structures pérennes devant aboutir à la bonne gouvernance et à l’établissement d’une société plus inclusive, font le pari que c’est le citoyen haïtien lui-même qui sera le moteur de la lutte contre la corruption. Cela se fera lorsqu’il sera correctement informé des conséquences économiques, sociales, légales et politiques de la corruption sur sa vie de tous les jours.

C’est pourquoi les différentes interventions seront rassemblées en un volume qui sera mis à la disposition du public et dans lequel les organisateurs, l’Université Quisqueya et « 1804 Institute », feront des recommandations aux pouvoirs publics afin d’aboutir à la création d’un organisme indépendant, un observatoire de la corruption et de la transparence en Haïti.

A noter que chaque session du colloque durera 150 minutes, débats et discussions compris. L’agenda thématique est divisé entre conférences et panels selon le thème abordé. Pour les conférences, il s’agit d’une présentation interactive par un conférencier. Les conversations et débats avec le public sont encouragés. A propos des panels, il s’agit du panel traditionnel avec un discutant, des panélistes (maximum 3) et une table faisant face au public. Les présentations des intervenants ne dépasseront pas 10 minutes pour laisser de la place à la discussion. En ce qui concerne les tables rondes, il s’agit d’une discussion libre avec des praticiens. La table ronde dure 60 minutes. Parallèlement aux activités précédentes, des projections de films, documentaires et séries sont prévues pendant les deux jours du colloque.



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