ONU - ABUS SEXUEL - MINUSTAH

Un peu d’espoir pour les femmes et les enfants abandonnés par les Casques bleus

Le Bureau des avocats internationaux (BAI) a rencontré Jane Connors, défenseure des droits des victimes pour les Nations unies, le mardi 24 avril 2018, en présence des 11 mères qui disent avoir 14 enfants nés d’union libre avec des soldats des Nations unies durant leur passage dans le pays entre 2004 et 2017. Au cours de cette rencontre, les mères accompagnées de leurs enfants de couleur différente, aux cheveux soyeux ont pu s’entretenir avec la défenseure des droits des victimes d’abus sexuel pour les Nations unies.

Publié le 2018-04-25 | Le Nouvelliste

National -

Jeannine* a deux enfants nés de ces rapports avec un soldat du contingent uruguayen qui était déployé en Haïti dans le cadre de la MINUSTAH. L’un d’entre eux a un handicap physique. Elle doit non seulement les élever seule, mais sans aucune assistance du père ou des Nations unies qui n’a jamais désavoué la filiation. Son plus grand souci reste que ses enfants ne connaissent pas leur père. Cette mère désabusée a sauté sur l’occasion pour rencontrer l’émissaire et défenseure des personnes victimes d’exploitation et des atteintes sexuelles. Nommée par le secrétaire général de l’ONU. Jane Connors ne lui a fait « aucune promesse ». Du coup, cette rencontre n’augure rien de bon. Pourtant elle espère.

Me Mario Joseph, l’avocat de longue date de ces victimes, n’a juré que par le respect par l’ONU des droits inaliénables des femmes d’avoir une assistance et de ces enfants de pouvoir reconnaitre leur père. Selon lui, la stratégie globale d’aide et de soutien aux victimes d’actes d’exploitation et d’atteinte sexuelles commis par les membres du personnel de l’ONU et/ ou « du personnel apparenté », devrait être appliquée à ces gens qu’il présente comme de « pauvres femmes » déshéritées certes mais qui ne cherche pas de la charité car elles n’ont pas demandé à être mise en enceinte et largué à la fin. « Elles demandent une assistance à la hauteur des préjudices qu’elles ont subis », a avancé le militant des droits humains.

Plus l’avocat des femmes victimes affirme qu’il a surtout l’occasion d'exposer directement leurs exigences auprès de l’ONU, notamment leurs besoins d’assistance et de soutien, et surtout l’obligation de coopération de l’ONU dans le cadre de leurs actions en pension alimentaire et à la garde d’enfants. Il a fait de cette rencontre une avancée stratégique pour sa bataille lancée sur plusieurs fronts. Et d’ajouter qu’il attend les jugements des tribunaux de première instance de Jacmel et de Port-au-Prince concernant les actions en pension alimentaire et à la garde d’enfants qu’il a intentées en justice contre les Casques bleus.

Sans équivoque, Mario Joseph appelle l’organisation transnationale à prendre les revendications des femmes au sérieux et à assumer ses responsabilités en commençant par leur fournir les résultats des tests ADN pour déterminer la paternité de ces enfants au lieu de leur « communiquer verbalement que le test est positif ». L’ONU a l’obligation, a-t-il précisé, de fournir assistance et soutien aux victimes, c'est-à-dire soins médicaux, appui psychosocial, aide juridique et des besoins matériels comme de la nourriture, des vêtements et un logement sûr, puisque les soldats pères dedits enfants sont retournés dans leurs pays respectifs et n’ont gardé aucun contact avec ces femmes.

Par ailleurs, l’organisation des Nations unies essaie de prévenir des actes d’exploitation sexuelle en invitant particulièrement les victimes à porter plainte. Dans une vidéo disponible sur le site de la MINUJUSTH, on y dévoile des informations relatives aux stratégies qui ont été mises en place pour combattre ce phénomène.

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