L’ex-doyen Michel Glaude est parti

Paix à son âme

Publié le 2018-04-06 | Le Nouvelliste

Société -

Fénold Mathurin, av.

Dans l’après-midi du Lundi 19 février 2018, comme une traînée de poudre, la nouvelle de la mort du juge Michel Glaude s’est répandue dans la ville et les sections communales d’Aquin. Sans avoir été véritablement malade car le vendredi 16 février, il était, dit-on, à son poste à la cour d’appel des Cayes et voilà que, trois jours après, la mort l’avait brutalement fauché, à l’âge de 58 ans, sans même l’avoir sommé et lui donner la chance de se défendre. Le verdict était sans appel.

Là, il n’y a pas de place, peu importe que l’on soit juge ou avocat, pour des exceptions dilatoires, des attendu que, pas de place aussi pour des remises ni de mise en continuation. On plaide à toutes fins. Michel Glaude, pour avoir été juge de siège, doyen au tribunal de 1re instance d’Aquin, puis juge à la cour d’appel, aurait compris très bien, en matière de procédure, ce que cela veut dire. en réalité, c’est quelqu’un qui, pendant 23 ans, de 1995 à 2018, s’était mis, sans réserve, au service de la justice. Le monde de la basoche l’avait compris et, pour cause, lui avait rendu, le dimanche 04 mars dernier, des funérailles à la dimension du magistrat intègre, sérieux et compétent qu’il incarnait.

Des figures importantes de la magistrature assise et debout étaient présentes à Aquin à l’effet de lui rendre un dernier hommage. La population d’Aquin lui est reconnaissante.Malgré les tares de notre justice,malgré les offres, il n’a jamais courbé l’échine. Son nom n’a jamais été cité, pas même une fois, dans des affaires louches, et cela lui a valu l’estime et le respect de tous.

Le président du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), Mag. Jules Cantave, le juge d’instruction du tribunal de 1re instance d’Aquin, Me. Osmond Castor, l’ex-directeur général du ministère de la Justice et de la Sécurité publique, Me Antoine André, qui était aussi commissaire du gouvernement d’Aquin et Juge d’instruction au tribunal de 1re instance des Cayes, et d’autres intervenants, dont le président de la cour d’pppel des Cayes, Me Jacques Pierre, avaient vanté les qualités de l’ex-doyen Michel Glaude, originaire de la Colline d’Aquin, où son corps a été inhumé après la cérémonie religieuse tenue en l’église adventiste d’Aquin en présence du sénateur Hervé Lenine Fourcand, des députés Jean-Robert Bossé, l’ami personnel du défunt et Gandi Dorfeuille, du maire Sovilorme Mathurin, du bâtonnier Kennedy Berandoive, de l’ex-député Emmanuel Fritz Gérald Boujolly et de plusieurs autres autorités et personnalités importantes de la commune et du département.

Il était aussi, selon divers témoignages, un bon mari et un bon père de famille. Avec cette disparition, sa femme Marie Michèle Larose, ses deux garçons Archimède et Aristote Glaude, à qui nous présentons nos sincères condoléances, prendront encore du temps pour tarir leurs larmes.

Quand l’ex-maire d’Aquin Nacer Caster m’appela pour m’annoncer sur-le-champ la nouvelle, qui allait être confirmée par la suite par le substitut commissaire du gouvernement, notre amie Géraldine Lalanne et le doyen a.i. Me Jean Emmanuel Zéphir, j’avais en vérité du mal à contenir mes émotions en raison du fait que lui et moi avions ensemble plusieurs points de similitude. Voyons: nous avions fait nos études primaires à la même école, nos études universitaires à la même faculté, nous avions tous deux prêté serment le 13 avril 1993 comme avocat. Puis, nous étions devenus magistrats au tribunal de première instance d’Aquin, lui, successivement, à titre de juge de siège et doyen, et moi juge d’instruction.

J’avoue que malgré ce rapprochement et cette proximité, il ne lui était jamais arrivé de m’approcher, en ma qualité de juge d’instruction d’alors, pour solliciter une mainlevée ou une ordonnance de non-lieu en faveur de quiconque. Il faut lui rendre cet hommage, ne serait-ce qu’à titre posthume. Le monde judiciaire lui doit une fière chandelle pour sa loyauté et son intégrité.

Plusieurs de ses anciens camarades de la Faculté de droit et des sciences économiques que nous avions rencontrés ne reviennent pas, aujourd’hui encore, de leur surprise de le voir partir si tôt et si soudainement. C’était un homme docile modeste et très patient qui s’en est allé.

Nos condoléances à sa femme , ses enfants, ses frères et sœurs , ses neveux et nièces , ses amis ses collègues de la cour d’appel des Cayes, dont l’honorable magistrat Max Élibert, actuel représentant des cours d’appel au CSPJ, ses anciens collaborateurs et collègues du parquet, à commencer par le commissaire du gouvernement Me Lithan Isaac, et du tribunal de première instance d’Aquin administré par le doyen a.i Jean Emmanuel Zéphyr, et ceux du lycée Pierre Sully d’Aquin où il occupait, pendant cinq années, (1990-1995), le poste de censeur, en y gardant, toutefois, jusqu’à sa mort, la chaire de littératures haïtienne et française.

Aussi, nos condoléances s’adressent à ses frères et sœurs de l’église adventiste d’Aquin, où il occupait le poste de premier ancien. Heureusement, Michel Glaude, durant son passage sur cette terre, avait combattu le bon combat de la foi. Il est à espérer, étant mort en Christ, qu’il prendra part à la résurrection des morts car dans Hébreux 11 V 26, il est écrit : « Dieu n’est pas injuste pour oublier Votre travail et l’amour que vous avez montré pour son nom »

On ne vous oubliera jamais, magistrat.

Allez en paix !

Fénold Mathurin, av.

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