Haïti/ Minustah/ Violences

Les \"Marines\" pour pour éviter le pire ?

Publié le 2005-06-02 | Le Nouvelliste

Les \"marines\" américains pourraient revenir avec armes et munitions, un an après qu\'ils s\'étaient retirés de la capitale haïtienne replongée dans la violence en dépit de la présence des 7000 casques bleus de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti. Les ambitions de l\'administration Bush d\'intégrer la force onusienne et d\'éviter le pire dans les quartiers, devenus \"no man\'s land\", de Port-au-Prince, entre autres, font durer le vote du Conseil de sécurité sur un éventuel renouvellement et réorientation de la mission de stabilisation. Seule une prorogation technique de vingt-quatre jours de la mission des Casques bleus, arrivée à terme ce 1er juin, a été arrachée à New York par le Conseil de sécurité de l\'ONU, en raison d\'une opposition de la Chine. Le Conseil n\'arrivait pas à se mettre d\'accord pour prolonger d\'un an le mandat de la MINUSTAH. D\'ici au 24 juin prochain, le Congrès américain pourra également sanctionner la velléité de l\'administration centrale des États-Unis d\'intégrer la MINUSTAH dont l\'efficacité est mise à l\'épreuve depuis le lancement de la guérilla urbaine, il y a de cela neuf mois. Plus de 620 personnes, au cours des sept derniers mois, ont été tuées par balles, la plupart dans la capitale, selon des organisations de défense des droits de l\'homme. Les braquages et les enlèvements contre rançon deviennent la nouvelle face de l\'insécurité dans le pays. Le tout dernier cas médiatisé est celui d\'un directeur de collège, Jean Gérad Gilbert, kidnappé de manière spectaculaire dans le quartier de Babiole. Trois étrangers figurent parmi les quelque 150 personnes prises en otage puis libérées contre des rançons allant de quelques centaines à plus d\'un millier de dollars. \"La situation est sérieuse et grave\", a déploré l\'ambassadeur des Etats-Unis en Haïti, James Foley, gardant encore un peu d\'espoir dans le redressement de la situation. Il a estimé toutefois que cette situation peut être renversée. \"Il ne s\'agit pas de force qu\'on ne peut pas combattre. Avec plus de 6.000 soldats et près de 2.000 policiers de la MINUSTAH, avec la coordination du gouvernement et de la police haïtienne, il y a les moyens pour contrecarrer cette violence\", a jugé le diplomate en condamnant les actes de violences qui ont fait au moins huit morts, dont le consul honoraire français au Cap-Haitien, et plus de cinq marchands calcinés dans l\'incendie criminel, de mardi, au \"Marché Tête Boeuf\". \"Il faut un plan, une stratégie, il faut aussi de l\'action\", a souligné l\'ambassadeur Foley qui évoque la portée politique des violences à Port-au-Prince. \"Il y a, dit-il, des éléments qui ne veulent pas la stabilité et qui ne veulent pas d\'élections et de progrès\", dans le pays. \"Pour les États-Unis, Haïti est un pays ami. Nous ne tournerons jamais le dos à ce pays. Nous allons continuer à collaborer avec l\'ONU et le gouvernement de transition pour changer cette situation\", a rassuré le diplomate au gouvernement de transition. Opter pour la zéro tolérance Critiquée par le Groupe des 184 organisations de la société civile et de la classe politique, la MINUSTAH a annoncé mercredi le transfert à Port-au-Prince d\'un bataillon de Casques bleus péruviens basés à Jacmel. Ce bataillon renforcera \" les Casques bleus jordaniens en charge du quartier de Cité Soleil\", a indiqué le colonel français Philippe Kleb, membre de l\'état-major de la mission onusienne. \"Nous adoptons la politique du zéro tolérance face à la criminalité et la violence\", a averti le militaire français, précisant qu\'au total 2.000 Casques bleus seront affectés à Port-au-Prince, la capitale de toutes les peurs. \"Nous sommes là pour enlever les gangs de la scène et permettre une reprise normale des activités dans la capitale\", a fait valoir le colonel français après les sévères critiques du patronat haïtien. Les hommes et les femmes d\'affaires ont vivement critiqué l\'attitude de la MINUSTAH \"qui ressemble actuellement plus à un spectateur qu\'à un acteur engagé\".
C.G Auteur

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