Emerante de Pradines Morse, une messe en son honneur à Sainte-Trinité

PUBLIÉ 2018-02-05
La famille, les amis mais surtout des délégations de plusieurs écoles ont participé le samedi 3 février 2018 à une messe d’action de grâce en mémoire d’Emerante de Pradines Morse, qui nous a quittés le 4 janvier dernier. La cérémonie tenue en la cathédrale Sainte-Trinité, le rituel anglican, a été présidée par le révérend père Simpson Gabaud, assisté par les pères Rigal Lucas, Frantz Cole et David César.


Le chanteur Richard Morse, trop atterré par le chagrin, a décidé à la dernière minute de ne pas prendre la parole pour rendre hommage à sa mère. Il s’est fait remplacer par son épouse Lunise Morse qui a préféré entonner le chant traditionnel « Carolina Caro », présenté comme un texte qu’affectionnait sa belle-mère.

D’autres chants traditionnels ont été interprétés durant la cérémonie par la chorale de la cathédrale Sainte-Trinité, mais dans un registre lyrique. Il s’agit de « Marassa-E-iou », de « Fèy O » et de « Nago kilè li ye ».

Au fil des oraisons funèbres dites en l’honneur de la disparue, on s’est rendu compte qu’Emerante de Pradines Morse n’était pas qu’une grande dame de la chanson et de la danse en Haïti. On a appris qu’elle a été une grande philanthrope, très engagée dans l’éducation des jeunes dans les milieux populaires, qui a fondé une école à Pèlerin qui s’appelle « La Ruche ». Elle a aussi toujours été bienveillante envers d’autres institutions dont Octane Deslouches de Martissant. D’autres écoles et centres culturels en dehors de la capitale également ont également été cités.

Le père David César a présenté la défunte comme une amie de longue date de l’orchestre Sainte-Trinité. « Elle ne ratait jamais nos concerts », confie-t-il. Elle donnait son coup de main en ce qui concerne le chant, la danse et aussi les cours à l’école Sainte-Trinité.« Emerante, dit-il, toute sa vie n’avait honte ni de sa culture, ni de sa langue, ni de son identité de femme noire ».

Le dignitaire anglican a confié qu’Emerante caressait le projet d’ouvrir un centre culturel où les jeunes pourraient s’initier à la danse, au chant et à d’autres arts. Il a assuré aux enfants de la chanteuse que la cathédrale Sainte-Trinité fera en sorte que ce projet se concrétise. Il a présentée la grande dame comme quelqu’un qui a toujours été heureuse. «Cette messe, dit-il, n’est pas un moment de lamentation. C’est le moment de rendre hommage à une femme qui a toujours été habitée par la joie d’aider les autres ».

À la fin de la cérémonie, l’officiant et les autres ministres ont prononcé des prières en se tournant vers l’urne contenant les cendres de la très regrettée.



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