La nuisance sonore et ses effets nocifs

Publié le 2018-07-18 | lenouvelliste.com

L’audition est l’un des sens les plus précieux. 40 % des informations de notre environnement passent par l’oreille. S’exposer à des sons de forte intensité peut endommager cet organe important. Les troubles de la surdité constituent actuellement le premier handicap social. Protéger l’ouïe, quand on le peut, en adoptant les bons gestes devient un impératif. Car, une fois détruites, les dégâts sont irréversibles car les cellules auditives ne se renouvelleront jamais. Les dégâts sont donc irréversibles.

Des véhicules de transport en commun assurant quelques circuits du centre-ville des zones périphériques émettent des sons de forte intensité pendant tout le trajet. Des musiques avec une intensité dépassant 120 décibels, prêtes à exploser les tympans des voyageurs, inondent l’intérieur du bus. 30 minutes passées dans une telle atmosphère suffisent pour endommager l’appareil auditif. Face à cette nuisance sonore, le Dr Wilcox Toyo exhorte les gens à exiger la réduction du volume des sons, sinon il faut descendre de l'autobus. Puisque l’État haïtien ne remplit pas correctement son rôle, le psychologue croit qu’il revient aux citoyens de se protéger dans la mesure du possible.

De plus, l’usage des baladeurs pendant de longues heures a également des conséquences sur les oreilles. Les appareils portables audio réglés à des volumes élevés ou pendant une période prolongée constitue, d’après Wilcox Toyo, l’une des causes pouvant entraîner la perte de l’audition ou de son endommagement. Suivant le temps et la fréquence d'exposition aux bruits intenses, la surdité peut provenir de manière progressive ou immédiate. Il a par ailleurs fait remarquer que les usagers de smartphones encourent un grand danger de surdité sans s’en rendre compte. « Une surdité irréversible », a t-il prévenu. L’exposition prolongée à des bruits peut toutefois causer le vieillissement, en particulier la dégénérescence des cellules sensorielles.

On considère que le bruit commence à être néfaste quand il atteint 70 à 80 décibels. Au-delà de 80 décibels, cela devient vraiment traumatisant et agresse les cellules dont les plus fragiles sont destinées aux fréquences aiguës, a fait savoir le président de la Société haïtienne de santé mentale, Wilcox Toyo.

Le bruit produit des impacts énormes tant sur la qualité de vie que sur la santé. Fatigue auditive et surdité, acouphènes/ bourdonnement, hyperacousie, a expliqué le psychologue Wilcox Toyo. Les effets du bruit sur l'audition sont établis et bien connus.

Dans le milieu professionnel, selon le président de la Société haïtienne de santé mentale (SHSM), le bruit constitue un facteur de stress, rend irritable et anxieux. « Troubles du sommeil, gêne, fatigue nerveuse, manifestations sur le système cardio-vasculaire », a indiqué le psychologue, soulignant que ces troubles dus aux bruits sont souvent ignorés par la population. Autant de troubles «extra-auditifs» difficiles à évaluer mais qui sont bien présents.

Face à la pollution sonore, il est nécessaire d’avoir un comportement sensé. Dans un climat de bruit et de son, les risques de troubles auditifs allègrement s’accroissent. Se défouler, s’amuser est juste et normal, cependant prémunir l’ouïe est néanmoins un impératif.

Cet organe de socialisation mérite d’être bien gardé. Il affecte toute notre vie. Les spécialistes disent que les oreilles ne se reposent jamais. Suivant leur fonctionnement et leur mode d’organisation, même lorsque nous dormons, elles restent en activité. Les sons captés sont interprétés par notre cerveau pendant le sommeil.

En 2014, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) classé le bruit en deuxième place dans la liste des causes environnementales nocives, derrière la pollution atmosphérique. Selon l’OMS, dans les pays à faible revenu comme Haïti, plus de 5% de la population mondiale, soit 360 millions de personnes, souffre de déficience auditive incapacitante. Une perte d’audition supérieure à 40 décibels (dB) dans la meilleure oreille chez l’adulte et à 30dB dans la meilleure oreille chez l’enfant, soit 328 millions d’adultes et 32 millions d’enfants.

En plus des effets nocifs que la pollution sonore a sur l'être humain, elle affecte également les autres entités composant de la biodiversité.



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