12e édition du PAPjazz: bilan positif

Publié le 2018-01-30 | Le Nouvelliste

Culture -

Roland Léonard

D’année en année, le PAPjazz ne cesse de nous étonner et se transforme en une solide tradition, un rendez-vous incontournable de la Caraïbe international.

Ce festival de jazz de Port-au-Prince dans son édition 2018 nous a ébloui. Cette édition a surpassé celle des années précédentes dans l’organisation, la qualité des interprètes et de leurs concerts. Un nouveau record a été atteint, un cap sérieux est franchi. C’est manifeste et pertinent aux oreilles et aux yeux de la plupart des festivaliers.

Mais rien n’est parfait : il y a toujours des failles. Elles étaient, à notre avis, à rechercher du côté de la sonorisation pas toujours optimale, avec quelques regrettables effets de « fedd-back», malencontreux accidents. A part cela, il n’y avait rien à redire du menu proposé.

Les États-Unis nous ont gâté avec Kenny Garett et ses musiciens, le guitariste et gagnant de « Grammy Awward» Norman Brown, la chanteuse Loïde Jorge.

Le Mexique, participant fidèle et régulier présent depuis la première édition, n’a pas été en reste non plus. Comme un bijou offert dans un écrin de velours, il nous a exhibé la chanteuse Ingrid Beaujean, bien encadrée et accompagnée par son guitariste. C’est un duo du tonnerre. La vocaliste de jazz est réelle, douée d’un joli timbre de voix. Elle est capable d’exceller aussi bien dans les standards américains sans accent, que dans les succès classiques de la chanson mexicaine, revisités par du « scat» et des harmonies modernes.

La France nous a fait le présent du bassiste génial Dominique di Piaff et, avec la Suisse, du trompettiste Erik Truffaz, inoubliable présence française.

Le Brésil, pays à l’honneur, nous a révélé la grande chanteuse Leila Pincheiro soutenue par le grand guitariste Nelson Faria.

Comment oublier Cuba et l’Allemagne avec Marialy Pacheco ? Comment ignorer son compagnon, le trompettiste Joo Krauss? On se souviendra longtemps du Cubano-Américain le grand saxophoniste ténor Felipe Lamaglia.

Le trio suisse de blues a fait sensation.

L’Espagne et le Chili sont respectables et admirables : l’un avec son duo ou plutôt trio-de flamenco-jazz ; l’autre avec son trio de jazz traditionnel.

Haïti a été dignement représentée et avec les honneurs par : Réginald Policard, John Bern Thomas, Maxime Lafaille, Coralie Hérard, Mélissa Dauphin, Amazan Audoine et quelques jeunes pousses prometteuses comme la gentille chanteuse Danola qui a retenu l’attention des organisateurs.

N’oublions pas notre flamboyante et sexy diva, Ruthschelle Guillaume.

L’impact touristique du PAPjazz est certain. Beaucoup de visiteurs étrangers étaient présents sur les sites. Leur apport concerne les hôtels, les agences et les «tours» opérateurs qui savent plus que nous. En tout cas, le tourisme musical est rentable.

Une bonne et belle édition pour tout dire.

Roland Léonard Auteur

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