Jimla Gospel et ses invités: un beau petit concert à Tabarre...

Soirée sympa. Soirée enflammée, à l'Église Roc solide de Tabarre. La chorale Jimla Gospel nous avait conviés à un concert, sans occasion spéciale, a priori ordinaire. La chorale DEG, Rosena Josselin, Elishama ont apporté leur écot à ce beau petit rendez-vous, le dimanche 5 novembre dernier.

Publié le 2017-11-08 | lenouvelliste.com

Jimla est sans conteste l'une des chorales évangéliques les plus dynamiques et prisées de ces trois dernières années. Répondre à l'invitation de la chorale de l'année au prix Alléluia FM 2016, ça vaut le détour. La chorale, on peut oser le déduire, voulait offrir un moment de qualité, ordinaire et gracieux à son public. Elle a donc invité la chorale DEG, menée par David Morinvil ( ex-chanteur de Tremolo aux côtés de Stanley Georges), à lancer cette soirée. DEG est connue pour son style pop-gospel, un peu branché. Début de concert survolté, récupéré par un public constitué en grande partie de la jeunesse de l' Église Roc solide. DEG passe en revue les meilleurs morceaux de son album "Viktwa" sorti en août dernier. L'ambiance s'apparente à une réunion de jeunesse. On entend à peine la chorale, à cause d'une sono pas au top, mais aussi d'une foule trop exaltée, tout feu tout flamme.

Quand Rosena Josselin est appelée à gravir le podium, elle n'est pas encore prête. Disons que ses musiciens ne sont pas encore arrivés. Ce qui donne le temps à l'animateur de la soirée, Wesly Saint-Fleur, de faire une petite parlote avant d'appeler la chorale Elishama. Cette jeune chorale qui cherche sa lettre de noblesse, mais qui tarde encore à la trouver, malgré le dévouement de ses membres. Deux morceaux, mis en contexte, récoltant de chauds applaudissements, pour faire place à Rosena, dans son fief. La jeune chanteuse dont la voix est naturellement éraillée et puissante n'a pas ménagé ses efforts pour faire chanter son public, à tue-tête, "Mwen libere", " Yon lòt jan", son dernier single en date et "Double double", cette chanson aux couleurs africaines qu'on doit à Atta Boafo. Rosena est charismatique. Elle chante, anime, danse ( a-t-elle des parents africains?). Rien ne l'arrête. Même pas les coupures de micro et la sono pourrie. Elle laisse la chaire de son assemblée sous une ovation. Maintenant, vient celui qu'on appellera ici, un "activateur d'offrandes". Celui qui, par un discours persuasif, doit inciter les chrétiens à se déplacer pour apporter les dons. Dans le cas de ce concert gratuit, l'offrande se faisait, en particulier pour ceux qui ne s'étaient pas procuré le CD de Jimla, à l'entrée, une occasion de contribuer d'une autre manière à l'oeuvre. Dommage! Peu convaincant, l'activateur n'a pas su activer les dons, en dépit de ses tours de chants, lancés dans une approche visiblement mécanique. Moment ennuyeux. Moment de parades, et de remous.

Jimla, par une entrée triomphale, dans une demi-obscurité comme dans les forêts denses, vient au secours du public. Le style est plutôt décontracté : t-shirt frappé du thème de la soirée "Toutan m gen souf m ap louwe l". La prestation ne trahit en rien le niveau de cette chorale, dirigée par le maestro Marc Antoine Elysée, dit Marco. Cette fois, la sono, mais aussi le chaud public nous accordent le droit à une écoute sans agitation. En sept morceaux, Jimla mélange harmonie, crescendo, vibrato, dans son style traditionnel de Richard Smallwood.

Il est encore tôt, certes, mais dame pluie s'invite à la fête et oblige une partie de la salle à vider les lieux. On est à Tabarre. Le chemin du retour sera long. Mais, on a assez de bénédictions pour regagner sa demeure, en attendant le prochain rendez-vous.



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