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Regards sur le patrimoine archéologique précolombien

Le patrimoine est en question en Haïti. Du 23 au 27 octobre 2017, une série de conférences, de tables rondes, d’expositions, de spectacles, de projections et de visites guidées sont à l’ordre du jour. Les villes comme Port-au-Prince, Cayes, Jacmel, Jérémie, Cap-Haïtien et Gonaïves sont le théâtre de ces événements culturels. Au Bureau national d’ethnologie, Joseph Sony Jean et André Delpuech ont porté un regard sur le patrimoine archéologique précolombien. Cadrage sur l’intervention de Joseph Sony Jean.

Publié le 2017-10-24 | lenouvelliste.com

Au Bureau national d’ethnologie (BNE), le mardi 24 octobre, s’est tenue une conférence dans le cadre du « Cycle de réflexion sur le patrimoine ». Le thème abordé renvoie l’Haïtien à ses origines en tant que peuple. Si, pour parler amplement de nos origines, on se réfère directement à notre héritage africain, il existe cependant une histoire précédant cette période qui est la période précolombienne, un pan d’histoire oublié, selon Joseph Sony Jean, doctorant en archéologie à l’Université de Leiden au Pays-Bas.

« En Haïti, on s’identifie beaucoup plus au passé africain qu'au passé amérindien. » C’est l’avis de Joseph Sony Jean, doctorant en science des choses anciennes et spécialement des arts et des monuments antiques. Sa présentation « Paysage archéologique des établissements amérindiens d’Haïti » établit les enjeux du patrimoine et fait ressortir la vie des premiers habitants de l’île. Son travail de recherche nous apprend qu’en Haïti, environ mille sites amérindiens sont répertoriés. L’un des plus grands sites archéologique du pays est « Anba Saline » situé à Limonade. Aussi, à Sainte-Suzanne, se niche un important site de pétroglyphe.

Pour l’intervenant, la période précolombienne reste bel et bien présente dans la société haïtienne : « Nous avons beaucoup de sites archéologiques en Haïti, également des traditions amérindiennes qui ont survécu ». Les fameux ajoupas habités en milieux ruraux, notre manière de préparer la cassave, nos pirogues en bois fouillé utilisées pour la pêche en sont de nombreux exemples.

Le regard sur notre patrimoine archéologique précolombien revêt donc une importance capitale, pour réécrire ce pan d’histoire qui sommeille dans l’oubli de l’histoire générale du pays.

Joseph Sony Jean a profité de cette conférence pour saluer les efforts du BNE qui est en train de remettre sur pied l’archéologie d’Haïti, démarche ponctuée par des recherches pour restaurer cette partie de notre histoire. Par ailleurs, il a lancé un appel à la protection des sites archéologiques en Haïti. « Il faut faire de la question du patrimoine un engagement communautaire », a-t-il souligné. Aussi a-t-il proposé de conscientiser la population sur l’importance de ces sites tout en prônant une approche inclusive afin de protéger les sites archéologiques.

Meem Shoomeatove Vincent vincentmeem@yahoo.fr
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