Le PSUGO n’est pas totalement mort, il agonise

Après plusieurs années de culbutes, le Programme de scolarisation universelle gratuite et obligatoire (PSUGO) cible désormais uniquement les écoles publiques du pays afin d’augmenter le parc scolaire national et de renforcer les écoles nationales, à en croire le titulaire du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), Pierre Josué Agénor Cadet.

Publié le 2017-10-05 | lenouvelliste.com

Le PSUGO était un programme très budgétivore. Selon une note publiée sur le site du MENFP, plus de 6 milliards 200 millions de gourdes de subvention étaient allouées à 6 262 écoles privées et près de 600 millions de gourdes à 2 138 écoles publiques. Autrement dit, il s’agit de 150 millions de dollars américains environ, en 4 ans, depuis le début du programme, en 2011, auquel montant il faut ajouter environ 75 millions de dollars de prise en charge des salaires des nouveaux enseignants recrutés dans le cadre de ce programme, toujours selon la note.

Vu le constat alarmant concernant l’inadéquation entre les chiffres déclarés et les chiffres réels autour de la présence des enfants subventionnés, au regard des enquêtes menées par l’ULCC et des audits réalisés par le ministère, peut-on lire dans la note, cette question s’est imposée : Pourquoi continuer à subventionner des écoles où les effectifs déclarés dépassent, souvent de loin, les effectifs réels ?

« Je crois que le PSUGO serait un grand projet pour le développement éducationnel. Sa pertinence n’est plus à démontrer dans un pays où des milliers d’enfants d’âge scolaire ne fréquentent pas les salles de classe. Mais, il fait dire qu’il avait mal démarré », a indiqué le ministre de l’Éducation nationale, soulignant que des décisions avaient été déjà prises par son prédécesseur, Jean Beauvois Dorsonne, pour réorienter ce programme.

Le ministre a fait savoir que beaucoup d’écoles privées ont été introduites dans le PSUGO de manière irrégulière par certains fonctionnaires, voire certains élus. « Le MENFP n’entend pas continuer à utiliser ces écoles en question a averti Pierre Josué Agénor Cadet. Le PSUGO existe encore, mais seules les écoles publiques du pays en sont les heureuses bénéficiaires », a affirmé le ministre Cadet.

Selon lui, les écoles nationales sont les établissements prioritaires susceptibles d’accueillir les enfants bénéficiaires du PSUGO. Toutefois, a nuancé le ministre, si dans une localité, il n’existe pas d’établissements scolaires publics, l’État peut toujours signer un accord avec une institution scolaire privée de la zone pour accueillir les enfants d’âge scolaire.

Par ailleurs, selon des sources crédibles, ce jeudi, un groupe de directeurs d’écoles ont manifesté à Delmas 83 pour réclamer leurs arriérés de salaire. D’ailleurs, le ministre de l’Éducation a avoué que la dette de l’année académique 2014-2015 n’a pas été épongée par son administration. « Nous effectuons les démarches auprès du ministère des Finances pour payer la dette », a-t-il promis.



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