Wyclef Jean, immigrant, solidaire des réfugiés

Après des voyages interminables, des traversées de déserts, des camps de réfugiés, de frontières…, des milliers d’Haïtiens parviennent à déposer leurs besaces aux États-Unis et au Canada. La sortie de leur difficile quotidien se joue entre les politiques migratoires des deux géants de l’Amérique du Nord. Wyclef Jean, immigrant devenu star mondiale, s’adresse à Trump...

Publié le 2017-08-25 | lenouvelliste.com

Depuis deux mois, des réfugiés en provenance des États-Unis débarquent massivement au Canada, principalement à Montréal. De passage dans la métropole québécoise pour présenter "The Fall and Rise of a Refugee", troisième volet de "The Carnival", son album culte, Wyclef Jean y va de son élan de solidarité à ses compatriotes hébergés au stade olympique. Entre un miniconcert surprise et ses virées personnelles dans la ville où un certain temps résidaient ses parents, la star d’origine haïtienne sort des arguments d’ordre humanitaire.

Wyclef Jean s’adresse d’abord à Donald Trump, le président des États-Unis : « Haïti ne peut reprendre 50 000 personnes après le tremblement de terre ». Allusion faite au nombre approximatif des bénéficiaires du statut de résident temporaire attribué aux Haïtiens après le séisme de janvier 2010 qui a fait quelque 250 000 morts et a causé près de 14 milliards de dollars de dégâts, selon la Banque interaméricaine de développement.

Puis, le fondateur de Yele-Haïti a tourné son regard vers les autorités canadiennes : « J’ai parcouru la planète et rencontré des réfugiés de la Syrie, de la Somalie. Maintenant, il y en a ici, sous le dôme [stade olympique de Montréal]. Ils ont peur que Trump ne respecte pas la promesse faite par le TPS. C’est une situation délicate. S’il y a une forme de solution à laquelle le gouvernement canadien travaille pour garder une majorité de ces réfugiés [haïtiens], et à laquelle nous [les artistes] pouvons participer, nous sommes partants. Moi tout particulièrement. À 100% ». La star, sensible au sort des réfugiés, répond ainsi aux questions du journal Métro.

Les récentes émeutes de Charlotte bouleversent, entre autres, l’esprit du chanteur dont le nouvel EP tombe à pic. « J’ai l’impression que nous sommes revenus aux années 1950. L’effronterie qu’ont ces suprémacistes de penser qu’ils peuvent marcher ainsi dans les rues d’un pays d’immigrants…! Et les mots qui sortent de leur bouche! En 2017?! Il y a de quoi se demander où va le monde. Honte à eux! Vraiment », a dit Wyclef Jean dans cette entrevue coup de poing par endroit. Surtout quand on évoque la problématique des réfugiés. Immigrant lui-même, Wyclef a créé Fugees avec ses collègues Lauryn Hill et Pras Michel. Le trio a frappé, en 1996, avec The Score. Un album culte. Wyclef Jean a poussé ensuite la réflexion dans Slums, titre qui a ouvert Carnival III: The Fall and Rise of a Refugee, son plus récent album. « J’aimerais dédier cette chanson à tous les réfugiés », a mentionné celui qui a quitté en 1977, son pays natal pour les États-Unis.

L'ex-Fugees a poussé davantage sa réflexion dans l'entrevue accordée au média québécois. Cette chanson, dit-il, est pour « rappeler que nous sommes vraiment semblables, même si nous essayons d’agir différemment. C’est une chanson sur l’espoir. Sur le refuge. Sur le fait de trouver un sentiment d’appartenance.»



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