Réfugiés haïtiens : Ottawa dépêche un émissaire en Floride

Le Canada a dépêché en Floride un député fédéral pour endiguer le flot d'Haïtiens qui pourraient suivre les traces de quelque 3000 demandeurs d’asile au Québec après avoir fui les États-Unis. Expliquer les risques encourus pour obtenir le statut de résident au pays d’érable est la mission confiée à l’émissaire d’origine haïtienne.

Publié le 2017-08-25 | lenouvelliste.com

Little Haïti, enclave créole à Miami, est le point culminant d’un périple entamé officiellement mercredi par le député fédéral Emmanuel Duboug en Floride. L’afflux des demandeurs d’asile arrivés des États-Unis, un sujet suscitant des controverses au Canada, est dans la feuille de route de l’émissaire d’origine haïtienne. Selon les estimations, 7950 demandes d’asile déposées au Québec ont été traitées par le gouvernement fédéral de janvier à juillet 2017.

La principale mission du député dépêché en Floride est de montrer aux éventuels demandeurs d’asile la voie à prendre pour éviter des mésaventures. « Le Canada est ouvert et accueillant. Néanmoins il y a des lois qu’il faut respecter », a succinctement indiqué le député de Bourassa avant de regagner Miami. C’est de cette ville côtière que proviennent quasiment les originaires d’Haïti en situation irrégulière aux États-Unis ou qui éprouvent la peur que leur statut de résident temporaire ne soit renouvelé par l’administration Trump. Des ressortissants haïtiens depuis juillet dernier arrivent en rafales en empruntant des voies irrégulières avant d’être interceptés par la police fédérale. Les demandeurs d’asile sont par la suite référés à l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC).

« Il est important de rectifier de fausses informations circulant au sujet du Canada en matière d’immigration », a fait savoir le député né à Saint-Marc, ville portuaire d’Haïti. Les informations jugées utiles seront communiquées à la communauté haïtienne en Floride par le député Dubourg. Des médias et leaders de la communauté sont les canaux choisis par l’émissaire pour s’adresser à la communauté haïtienne en Floride. L’émissaire d’Ottawa se rendra à Little Haïti, quartier de Miami où habitent près de 30 000 Haïtiens. Le processus de la résidence canadienne est un processus rigoureux, coûteux et sans garantie préalable, prévient l’émissaire. Le libéral a ainsi invité les intéressés à respecter les lois canadiennes. « Le postes frontaliers sont là. Et c’est ce qu’on encourage les gens à faire, c'est-à-dire à passer par les postes frontaliers », a conseillé le membre du groupe de travail intergouvernemental spécial sur la migration irrégulière.

« Haïti ne peux reprendre 50 000 personnes »

Un autre originaire d’Haïti devenu célèbre aux États-Unis, Wyclef Jean, n’est pas insensible à la vie des réfugiés haïtiens à Montréal. De passage dans la métropole dans le cadre d’un show inopiné, Wyclef a lancé un message d’espoir à ses compatriotes « stationnés dans le dôme [stade olympique] ». La mégastar s’adressa ainsi à Donald Trump, le président des États-Unis : « Haïti ne peux pas reprendre 50 000 personnes après le tremblement de terre » qui a fait environ 250 000 morts et des dégâts chiffrés à 14 milliards de dollars en Haïti.

« J’ai parcouru la planète et rencontré des réfugiés de la Syrie, de la Somalie. Maintenant, il y en a ici, sous le Dôme. Ils ont peur que Trump ne respecte pas la promesse faite par le TPS. C’est une situation délicate », a rebiffé le chanteur en entrevue à Metro Montréal. L’interprète de « Ne me quitte pas », un classique de Brel, a rappelé sa confiance au Canada comme alternative à ceux qui, après Haïti, fuient les États-Unis de Trump. « S’il y a une forme de solution à laquelle le gouvernement canadien travaille pour garder une majorité de ces réfugiés [haïtiens], et à laquelle nous [les artistes] pouvons participer, nous sommes partants. Moi, tout particulièrement », a assuré l’interprète de Someone call 911. « À 100% », a chiffré la star pour dire son soutien aux réfugiés haïtiens.



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