Etat d’urgence environnementale : Jean André Victor dézingue le gouvernement

Publié le 2017-08-08 | Le Nouvelliste

La décision du président de la République de décréter l’état d’urgence environnementale sur tout le pays continue d'entretenir des remous. L’agronome Jean André Victor dénonce un concept vague et inconstitutionnel adopté juste dans l’idée de profiter de mesures extraordinaires pour décaisser des fonds sans justification.

Le mot état d’urgence n’est pas dans la Constitution, selon Jean André Victor, soulignant néanmoins que la loi mère prévoit que l’on peut prendre des mesures d’exception pour rétablir l’équilibre écologique. Mais le concept utilisé dans la Constitution est «état de siège», qui est très bien définie. Ce qui n’est pas le cas de l’état d’urgence, précise l’agronome, déplorant cette économie de définition.

« On ne peut pas déclarer l’état d’urgence sans en préciser le contenu, les objectifs à atteindre, les mesures à adopter, les activités à entreprendre avec quelles ressources et dans quel délai. Si on ne le fait pas, c’est de la pure manipulation », selon le dirigeant du MOPOD, estimant que ceux qui affirment que l’état d’urgence a été décrété juste dans l’idée de profiter des mesures extraordinaires pour décaisser des fonds sans justification n’ont pas tort. «Cela ouvre la porte à toutes sortes de fantaisies », crache-t-il.

Les membres du pouvoir sont «cohérents» dans la mise en place de ce « montage» qui leur permet d’utiliser mal les fonds de l’Etat, selon Jean André Victor. « Quand ils décrètent l’état d’urgence sans contenu, ce n’est pas parce qu’ils sont des imbéciles. Ils savent qu’ils peuvent y mettre n’importe quoi», dit-il en faisant le lien avec le budget de la République.

Il dénonce par ailleurs le gouvernement qui a choisi sciemment de se passer du principe de la catégorisation dans le budget qui veut que toutes les dépenses soient placées dans une catégorie pour gonfler la rubrique «Autres dépenses publiques». «Puisqu’ils n’ont pas de contenu pour l’état d’urgence, ils pourront y puiser pour financer ces activités sans passer par le ministère de l’Environnement ou aucune autre institution», affirme-t-il tout en pointant du doigt le président de la République et le ministre de l’Économie et des Finances qui, selon lui, gèrent l’argent des rubriques « Autres dépenses publiques».

Danio Darius
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