Le maire de Montréal souhaite la bienvenue aux réfugiés haïtiens

À la frontière canadienne, c’est la ruée des migrants haïtiens qui fuient les États-Unis de Donald Trump comme la peste. Ébranlés par la volonté de Trump de mettre fin au statut de protection temporaire (TPS) qui leur a été offert, il y a sept ans, ces migrants trouvent du réconfort dans un tweet du maire de Montréal.

Publié le 2017-08-03 | lenouvelliste.com

L’acceptation des demandes d’asile d’Haïtiens en provenance des États-Unis est loin d’être assurée. Dans cette vague d’incertitude surgit un réconfort du maire de Montréal. « La ville de Montréal souhaite la bienvenue aux réfugiés haïtiens. Vous pouvez compter sur notre entière collaboration », a écrit, mercredi, Denis Coderre sur son compte Twitter.

« Encore une nouvelle conséquence de la politique de Donald Trump », a assené le maire de la métropole dans un autre message paru le même jour. L’hashtag « RefugiesHaitiens » est accolé au second message publié dans le même médium par le maire Coderre explorant implicitement les causes de l’afflux soudain de demandeurs d’asile à la frontière canadienne.

La ville de Montréal a convenu d’aménager un espace dans le stade olympique pour accueillir les migrants dans l’attente d’une décision de l’immigration canadienne. Ces nouvelles installations ne comprennent pas moins de 150 lits pliants, des douches et une cuisine. Si l’affluence de migrants ne connaît pas de répit, le lieu d’hébergement récemment ouvert entend augmenter sa capacité d’accueil jusqu’à 450 personnes, selon les chiffres communiqués. Jusque-là, des centres communautaires assurent l’accueil les migrants qui tournent le dos aux États-Unis. Les centres YMCA, par exemple, en accueillent 600.

Le Canada note au moins une centaine de migrants arrivés quotidiennement des États-Unis depuis la menace de Donald Trump de retirer d’ici 2018 le statut de protection temporaire accordé, il y a sept ans, à quelque 50 000 Haïtiens suite au séisme qui a ravagé leur pays. Ce statut permet aux bénéficiaires de travailler légalement aux États-Unis. « On est habitué à des pics d’arrivée qui se résorbent assez bien. Dans ce cas-ci, je peux vous dire que la demande est accélérée, a fait savoir, à Radio Canada, Francine Depuis, la porte-parole du Programme régional d’accueil et d’intégration des demandeurs d’asile (PRAIDA). C’est du jamais vu. »

Le Québec, selon les chiffres cités par Mme Dupuis, a déjà dépassé le nombre de demandes d’asile accueillies à ce jour pour toute l’année 2016. Entre janvier et juin 2017, l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) et Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada ont traité 6 505 demandes d’asile. Une statistique dépassant largement le nombre de demandes s’élevant à 5 505 pour toute l’année 2016.

Les immigrants à l’affût de refuge au Québec sont originaires d’une dizaine de pays, a précisé le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Est-de-l’île-de-Montréal. Un grand nombre d’Haïtiens et de Mexicains estimés en situation fragile aux États-Unis figurent dans les registres de demandeurs d’asile au Canada.



Réagir à cet article