IERAH/ISERSS

James Noël fait des vagues à la 3e édition de Vagues littéraires

Avec son recueil « Maji gri dji », sorti cette année à LEGS Edition, James Noël est l’invité d’honneur en signature de la quinzaine du livre des Vagues littéraires. Le poète a couvert la 3e journée de la 3e édition de cette quinzaine à l’IERAH/ISERSS.

Publié le 2017-07-24 | Le Nouvelliste

Culture -

Les responsables de Vagues littéraires, dont Jean E. Samson, ont offert l’occasion au poète d’échanger avec les étudiants de cette faculté – peu nombreux, ce jour-là à la rencontre. James Noël a effectué, tel un artiste peintre, son autoportrait en tant que poète, chansonnier, par la voix de quelques musiciens : sa poésie – sa musique a servi de source d’inspiration à des musiciens connus en Haïti et à l’étranger comme Wooly Saint Louis Jean, James Germain, Tamara Suffren ou Arthur H. Sa vision poétique, il l’a définie au cours de la causerie. Il a lu quelques poésies tirées de son anthologie créole « Maji gri dji » où il réunit trois recueils : Maji gri dji, Kabòn 47 et Bon nouvèl bonbon fanm. La poésie de James Noël Noël écrit en français et en créole. Dans son registre maternel, il nous l’explique au cours de la causerie qu'il ne se contentait pas que d’écrire : il cherche le rythme, la musique de la phrase (le phrasé), comme Verlaine «De la musique avant toute chose ». Sa musicalité a séduit des musiciens qui ont amplifié son discours (parfois poétique, mais aussi critique). Par exemple, James Germain a chanté sa poésie « Manje ranje », « Defile » - un court poème tiré de « Bon nouvèl », Wooly Saint Louis Jean, plusieurs textes, dont « Bon nouvèl », « Fòmasyon », du même recueil, ainsi qu’Arthur H. « Letènite ». Qu’est-ce qui les attire ainsi dans « Bon nouvèl » ? L’un des étudiants, fan de ce recueil, a lancé ce défi à James Noël : « Tu ne pourras jamais écrire un recueil qui dépasse celui-ci. » Le poète a répondu qu’on a eu les mêmes réactions au sujet d’un autre texte en français. En conséquence, il ne va pas se gonfler comme un animal étourdi par ce compliment ni avoir la grosse tête. Sa production continuera à s’inspirer de son vécu au quotidien. Interrogé sur le titre de l’ouvrage « Maji gri dji », il prend soin d’expliquer que des fois le poète fait des ratures. Combien de poésies il a déchirées ? Ce sont, à ses yeux, des « maji gridji ». Combien d’autres il aurait dû jeter, mais il les a conservées? L’écriture dégage en elle-même une certaine magie. Le poète ne peut s’en défaire. En outre, James Noël a souligné la valeur que prend le redoublement – la répétition dans sa poésie. La veine de la répétition transpire dans le poème portant le même nom « Majigridji » : « majigridji majigridji majigridji majigridji maje grenn je manje grenn je maje grenn je nou pa wè klè nou pa wè kle nou pa wè klè pòt vale van vale fenêt vale mèt kay fenèt fèmen fèy tòl bwè pwa sou tèt chovi chire bò janm arebò bòt nan vwazinay pèp sakrifis pèp krisifye men kwa manman-w men kwa papa-a tikle monte tikle desann Dasalinn al kay Petyon Petyon menm desann desann a pye na lasalinn Demagoji ak pwòp tèt nou fè nou antre nan syèk dèmatogji eritaj pou timoun yo pa ka lan koulè po nan koulè san ak moso tristès retaykitaj madigridji... » À la causerie, l’assistance a savouré : « Krache lanmou » : « Chat pran lang nou lè nou pran bo ti moun jouda mande pouki di poukisa se ak krache de moun chwazi kole lanmou ».

Wébert Lahens webblahens@yahoo.fr Auteur

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