Entre déshumanisation des détenus et augmentation du nombre des décès : le RNDDH en parle

Le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), réclame, dans un communité de presse, le respect des promesses faites par la Direction de l’administration pénitentiaire (DAP), en janvier 2017. Le RNDDH a dénoncé le mauvais traitement infligé aux détenus et exposé la situation de la population carcérale de quelques centres de détention du pays.

Publié le 2017-07-07 | lenouvelliste.com

Du 1er janvier au 16 avril 2017 le RNDDH a recensé pour le département de l’Ouest le décès de 60 détenus, à raison de 15 décès par mois. Selon la note, 51 provenaient de la prison civile de Port-au-Prince, le reste de la Croix-des-Bouquets et de Petit-Goâve. Le RNDDH élève la voix en vue d’attirer l’attention de la population sur les conditions dégradantes des détenus qu’il qualifie de déshumanisante. Cette situation risque d’empirer, si rien n’est fait pour la pallier. « Les détenus sont déshumanisés, ils sont exposés à de graves maladies contagieuses comme la tuberculose, la gale », indique la note. Aussi, pour démontrer la grande promiscuité dans laquelle vivent les détenus, le RNDDH a pris l’exemple de la capacité d’accueil des centres de détention. La prison de la Croix-des-Bouquets accueille 5 439 détenus, soit quatre fois plus que sa capacité. Parmi les 26 cadavres récupérés par l’hôpital St-Luc, le 5 juin 2017, 20 étaient en attente de jugement, 17 avaient entre 1 an et 7 ans de détention préventive prolongée. « Aujourd’hui, les détenus entrent en santé dans certaines prisons du pays, en ressortent malades ou morts », souligne la note. À cet effet, le RNDDH exhorte l’État haïtien à prendre des mesures adéquates afin d’améliorer les conditions de détention, réviser et respecter le régime alimentaire des détenus, de leur offrir de meilleurs soins de santé et d’organiser des audiences correctionnelles et criminelles intensives pour réduire le taux de détention préventive prolongée. Le communiqué a fait ressortir que le fait de ne plus réaliser des funérailles pour les détenus n’a nullement arrêté le décès des détenus, dont le nombre grimpe de jour en jour. Face à ce constat, le RNDDH a rappelé à la DAP et à l’état-major de la Police nationale d’Haïti (PNH) les promesses qu’ils ont faites : Grâce présidentielle pour les détenus en danger de mort ; restructuration de la gestion quotidienne de la prison civile de Port-au-Prince ; création d’une commission permanente de supervision des centres pénitenciers ; réaménagement de l’ancienne prison civile de Pétion-ville en centre hospitalier pour détenus malades. Notons que la morgue de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti était la seule qui était habilitée à recevoir les cadavres de certaines prisons du département de l’Ouest. Les parents peuvent les récupérer pour des obsèques. Ladite morgue a cessé de fonctionner depuis deux ans. Les responsables de l’hôpital St-Luc, touchés par la mauvaise gestion des cadavres ont produit une demande à l’État haïtien en vue d’organiser des funérailles pour les démunis. Une pratique qui existe depuis 14 ans dont bénéficiaient les cadavres des détenus abandonnés par leurs parents. L’hôpital les a ensevelis dans des cercueils en carton mâché, à Saint-Christophe, une localité de Titanyen, explique le communiqué. Toutefois, une commission présidentielle a été formée dans l’optique d’enquêter sur la recrudescence des cas de décès au niveau du centre carcéral de Port-au-Prince. Une situation qui avait suscité un tollé au sein de la population. La note a indiqué que cette commission, dans son rapport final, n’a fait ressortir qu’une surmédiatisation des cas de décès et le rejet du nombre de prisonniers décédés. Elle a fait savoir que le commissaire du gouvernement du tribunal de première instance de Port-au-Prince, Me Ocnam Clamé Daméus, estimait que cette responsabilité n’incombe pas au parquet.


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