Mairie

Quel budget pour l'opulente Pétion-Ville?

Comment assainir les villes, mettre à exécution des projets visant à améliorer la qualité de vie tout en garantissant un minimum d'autonomie aux municipalités ? Le Comité d'union et de support des municipalités (CUSM) a voulu savoir, au cours d'une causerie organisée vendredi dernier, ce que la mairie de Pétion-Ville fait de son budget et pourquoi la commune dite la plus riche du pays ne parvient pas à s'attaquer aux problèmes les plus élémentaires de sa population ?

Publié le 2005-04-18 | Le Nouvelliste

Trois invités ont rejoint les membres du CUSM et d'autres personnalités de la commune de Pétion-Ville pour discuter du budget de cette municipalité. Autour de la table, les conférenciers prennent place. Ils s'appellent : Raymond Lafontant Junior, ingénieur-économiste, Réginald Martin, directeur des affaires administratives de la mairie de Pétion-Ville et Kesner Pharel, économiste, membre du Group Croissance. Pour la première fois, le budget d'une commune va être « désacralisé » et discuté en public. Les révélations faites à la suite de l'exposé du représentant de la mairie de Pétion-Ville ne soulèvent pas l'enthousiame. On s'attendait à un budget digne de ce nom pour la commune la plus riche de la République. Mais l'opulente Pétion-Ville ne dispose cette année que de US $ 2.5 par habitant. Pour une population similaire (environ 400.000 personnes), une commune de Nantes détient US $ 12.000 par habitant pour l'année. Les reponsables du CUSM sans doute vont réviser à la baisse leurs prétentions et les priorités qu'ils s'apprêtaient à présenter aux responsables de la mairie. Le premier objectif de cet exercice était de faire participer la population à l'élaboration d'un outil qui sert à la diriger. Mais comment définir des actions prioritaires dans un bugdet dont les 50 % sont réservés aux dépenses personnelles. Si l'on ajoute les frais d'entretien et autres activités liées au fonctionnement de la mairie, il ne reste qu'environ le tiers du bugdet pour la réalisation de projets communautaires. Quels sont ces projets ? Réhabilitation de l'école municipale et de l'école professionnelle. Achèvement des travaux de construction de l'hôpital Eliazar avec l'aide de la mairie de New York. Seulement cela comme projets ? Il a failli en avoir moins, si la mairie de Pétion-Ville ne s'était pas battue pour faire accepter au ministère de l'Intérieur et des Collectivités territoriales les 68 millions de gourdes du bugdet pour l'exercice 2004-2005. En juillet 2004, l'administration avait trouvé 9081 gourdes dans les caisses de la marie et des dettes. Son ministère de tutelle ne voyait pas trop bien ou elle allait puiser pour réunir cette somme. Mais l'équipe de Maurice Prosper avait fait des projections et estimait que d'ici la fin de cette année, il n'était pas fou de penser que 68 millions de gourdes pouvaient entrer dans ses caisses. Une mairie jouissant de l'autonomie financière, est censée trouver dans sa commune les moyens de son administration. Cependant, si les institutions étatiques sont mesquines en service, les communes n'ont pas les meilleurs contribuables du monde. Les administrations attendent les taxes pour travailler, les contribuables de leur côté attendent le travail pour payer. Il se crée un cercle vicieux que seule la transparence au niveau de l'Etat pourra permettre d'espérer d'en sortir. Les 60 % des revenus d'une commune comme Pétion-Ville proviennent de la contribution foncière sur la propriété batie (CFPB). Le reste étant constitué de perceptions diverses et de bonne volonté. Percevoir plus d'impôts auprès de la population implique une proximité entre administrants et administrés dont on n'en a pas encore l'habitude ici en Haïti. M. Pharel a ainsi proposé que les responsables de la mairie consultent les quartiers, les acteurs de la commune en vue de déterminer leurs priorités. Ce travail pourrait se faire, par exemple, avec une structure comme le CUSM. Réginald Martin croit que la mairie peut disposer de plus de fonds si l'on tient compte de sa population et des impôts potentiels qui peuvent être percus. La CFPB par exemple est exploitée à 18 % seulement de ce qu'elle peut rapporter comme revenu à la commune. Pétion-Ville pourrait aussi étudier d'autres moyens pour attirer des fonds. Kesner Pharel a donné l'exemple de bons municipaux que la mairie pourrait initier en collaboration avec des banques qui pullulent dans la commune. De toute façon, il va falloir trouver d'autres fonds pour exécuter les « trois projets porteurs » du CUSM à savoir, un schéma directeur pour Pétion-Ville, l'aménagement d'un parc naturel et la réhabilitation du quartier de Jalousie.
Hugo Merveille Auteur

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