La Société haïtienne d'astronomie célèbre la journée des astéroïdes

Publié le 2017-06-28 | Le Nouvelliste

Le 30 juin est la Journée internationale des astéroïdes, reconnue par l'Assemblée générale des Nations unies le 7 décembre 2016. Cette date fut choisie à la suite d'un impact mémorable qui eut lieu en ce jour en 1908 à Tunguska, en Russie. Une association internationale dénommée "Asteroid Day " introduisit l'idée depuis 2015, sous la forme d'une Déclaration 100X, de se rassembler pour comprendre et connaître les alternatives pour protéger sa famille, communauté et futures générations contre les dangers d'un impact. La Société haïtienne d'astronomie, association scientifique fondée en 2013 et enregistrée au ministère des Affaires sociale et du Travail de la République d’Haïti au no STW-26129, consciente de l'intérêt pour les Haïtiens à connaître les derniers développements face aux astéroïdes, a rejoint ce mouvement international et organise "Asteroid Day Haiti" ce 30 juin 2017 en son siège social à Bon-Repos. Un astéroïde est un objet pierreux ou métallique (parfois mixte) qui reste en général en orbite autour du soleil entre les orbites des planètes Mars et Jupiter. Ils auraient pu être des corps de bases pour la constitution d'une planète dans cette région, constitution qui n'a en fait jamais eu lieu à cause de l'effet gravitationnel énorme du géant Jupiter (la plus grosse des 8 planètes du système solaire). Leurs masses entières n'atteignent cependant pas la moitié de celle de la Lune, ce qui trouble encore la théorie d'une formation ratée de planète. Ils sont des centaines de millier dont moins de la moitié a pu être analysée pour avoir quelques caractéristiques physiques et orbitales telles masse, dimension, orbite. Alors que la loi mathématique de Titius-Bode, "une relation empirique entre les rayons des orbites des planètes du système solaire ", prévoyait la présence d'une planète manquante dans leur région orbitale, le premier d'entre les astéroïdes y fut découvert; il s'agissait de Cérès, découvert le 1er janvier 1801 par Giuseppe Piazzi. Il fut considéré comme une planète à l'époque (celle manquante de l'équation de Titius-Bode). Mais d'autres découvertes pareilles se sont vite ajoutées: Pallas, Junon et Vesta de 1802 à 1807. La communauté scientifique a aussi vite compris qu'il s'agissait d'une autre catégorie de corps plutôt que de planètes. Ils furent appelés "astéroïde" (dénomination initialement proposée par William Herschel), constituant la ceinture principale d'astéroïdes en orbite circulaire autour du soleil. Cérès, le plus grand d'entre eux (1000 km de diamètre) a une aventure nomenclatrice et classificatrice unique en son genre: d'abord "planète", il est reclassé "astéroïde" pour un bon bout de temps et finalement "planète naine" en 2006, une nouvelle notion apportée par l'Union astronomique internationale, une association internationale non gouvernementale fondée en 1919 et dont l'objectif est de coordonner les travaux des astronomes à travers le monde. En général, les astéroïdes sont des corps d'au moins 10 m de diamètre, avec des dizaines de millier de plus de 1 km et plusieurs centaines de plus de 400 km. Mais seulement près de 800 000 orbites sont connues à ce jour. Principalement confinés dans la ceinture, entre 2.06 et 3.27 UA , ils sont cependant assez distants l'un l'autre de plusieurs millions de km et sont réarrangés sous l'influence gravitationnelle du soleil et d'une planète proche (Jupiter surtout) créant, au sein même de leur ceinture, des zones d'agglomération relativement grandes et d'autres zones de lacune, dites de Kirkwood qui sont de curieuses résonances découvertes en 1866. Cependant, bien que l'effet gravitationnel de Jupiter soit le plus grand, certains astéroïdes subissent celui d'autres planètes comme Neptune, Mars, Terre. Certains croisent l'orbite de la Terre (géocroiseurs); ils sont classés dans le groupe Apollon, appelé ainsi parce que le premier astéroïde de ce genre, géo-croiseur, fut celui nommé Apollon. Les astéroïdes dont les orbites passent au niveau du système solaire interne, particulièrement ces géocroiseurs, présentent une menace pour les humains. Il existe une autre zone dans le système solaire où des objets pierreux mais aussi glacés se trouvent en orbite autour du Soleil: la ceinture de Kuiper, nom de celui qui avait théorisé son existence. Situés au-delà de l'orbite de Neptune, les objets de cette ceinture (Kuiper Belt Objects: KBO) sont souvent appelés objets transneptuniens et consistent en astéroïdes mais surtout en comètes, des corps faites de glace et de noyaux rocheux. De cette région sortent certaines comètes ayant reçu une force inductrice les propulsant vers le centre du système (vers le Soleil donc) dans une trajectoire très allongée (excentrique) et inclinée par rapport à l'écliptique. De cette trajectoire, une fois plus rapprochée du Soleil (dans les environs de l'orbite martienne), la comète commence à fondre sa glace pour présenter sa chevelure classique (faite d'hydrogène et d'ions perturbés par le vent solaire ou les pressions radiatives) qui lui vaut son nom et sa beauté. Mais une collision planétaire est possible (ex. : comète D/1993 F2 (Shoemaker-Levy 9) et Jupiter en 1994). Au niveau du KBO se trouvent aussi cependant les planètes naines: Pluton, Eris, Makemake, et Haumea (elles sont en ce moment officiellement au nombre de cinq, avec Cérès se trouvant dans la ceinture principale d'astéroïdes. Au-delà du KBO, dans son prolongement, s’est développée une zone extrême et sphérique enveloppant entièrement le système solaire, constituant une sorte de cocon, le Nuage d'Oort Il s'y trouve des corps cométaires tres glacés dont certains, à la faveur d'un trouble gravitationnel avoisinant, une étoile voisine par exemple, prennent la direction du soleil dans un orbite très excentrique. Ces comètes aussi peuvent entrer en collision avec les planètes, la Terre comprise. Les météorites peuvent se diriger vers la Terre et entrer dans son atmosphère. Ils constituent alors des météores, phénomènes atmosphériques où ces corps se consument par friction avec les gaz qu'ils traversent, créant ainsi ces magnifiques étoiles filantes que nous pouvons voir dans le ciel chaque soir. A certaines périodes de l'année on peut même y voir des pluies de météores provenant de miettes de comètes ou d'astéroïdes ayant déjà passé dans cette partie de l'orbite terrestre. Ces corps pierreux ou métalliques sont consumés de manière spectaculaire dans la haute atmosphère et n'atteignent pas le sol le plus souvent, ayant été détruit entièrement par le frottement atmosphérique. Mais aussi, selon leurs dimensions, leurs désintégrations atmosphériques peuvent ne pas être complètes et les résidus plus ou moins gros atteignent le sol, devenant des météorites. De taille variable l'effet d'impact varie aussi. Il y eut des impacts passés inaperçus, d'autres spectaculaires avec des dégâts limités (Tunguska, Allende, Tcheliabinsk), d'autres créant des extinctions de masse. Il y eut 5 grandes extinctions de masse et une chute d'astéroïde est supposée être la cause de 2 d'entre elles. La plus récente fut l'extinction du Crétacé-Tertiaire, il y a 65 million d'années. Bien que jusqu'à présent non acceptée par certains scientifiques qui favorisent plutôt la thèse d'éruption volcanique géante, des évidences s'accumulent pour la thèse d'impact d'astéroïde: Ce fut en 1970 que les Alvarez (père et fils) découvrirent de l'iridium enclavé dans des croutes assez superficielles de l'écorce terrestre alors que ce corps chimique devrait avoir coulé dans les profondeurs de la planète bien longtemps durant la période de formation de cette dernière. Donc cet iridium ne pouvait être qu'extraterrestre. Les résultats, une fois publiés en 1979, ont attiré l'attention internationale ; l’iridium fut par la suite découvert partout sur la planète. Il y eut donc un phénomène à conséquence entièrement globale. Et la datation de cette strate d'iridium fait remonter un tel événement à 65 millions d'années, l'âge présumé des ossements de dinosaures retrouvés par les paléontologues. Ceci tend donc à confirmer la théorie astronomique d'impact d'astéroïde d'au moins 10 km de diamètre. En 1992, une autre évidence s'ajouta quand fut découvert le cratère de Chickxulub (prononcez chichouloube svp) dans la presqu'île du Yucatan au Mexique en 1992. Il s'agit d'un cratère de 195 km de diamètre dont une partie se trouve sur la terre ferme et l'autre sous la mer. L'étude du taux de désintégration du potassium radio actif donna aussi une datation d'environ 64.98 millions d'années. En 1998, des géologues, au cours de plongées sous-marines dans la partie immergée du cratère, ont découvert des morceaux de l'astéroïde présumé coupable et leur datation indiqua encore 65 million d'années! En 2007, la plupart des scientifiques ont fini par admettre que l'extinction de près de 80% des êtres vivants sur la planète qui eut lieu il y a 65 millions d'années eut pour origine une chute d'astéroïde. L'autre extinction de masse, dont l'origine météoritique est aussi théorisée et qui n'a pas non plus l'unanimité des scientifiques, est celle qui s'est produite il y a 250 millions d'années, une période que les géologues appellent Permien-Trias. Les scientifiques appellent cette extinction aussi "the great dying", car 80% des êtres vivants sur terre et 90% de ceux vivant dans la mer disparurent. Les premiers indices de cet impact vinrent en 2001 quand des roches furent découvertes avec beaucoup de molécules de carbone piégées à l'intérieur, une éventualité rencontrée théoriquement lors de chocs violents comme la mort d'une étoile. Il y eut donc un choc très violent sur Terre; et, là encore, la datation radioactive remonte à 250 million d'années. En 2004, un cratère fut découvert dans le Nord-Ouest australien dont la datation remonte aussi à 250 millions d'années. Il faut aussi comprendre qu'avec le dynamisme des plaques tectoniques terrestres, ces cratères ont été modifiés dans le temps et aussi l'espace. L’impact de Chickxulub peut avoir été originalement dans le pacifique pour s’être finalement retrouvé au Mexique et celui de l'Australie fut probablement créé à l'époque du continent unique nommé « Pangée ». Les grands impacts météoritiques surviennent, après évaluation de la fréquence des grands cratères retrouvés en surface, chaque 100 millions d'années, les moyens comme Meteor Crater (Arizona, USA) chaque 10 000 ans. Est-ce assez rassurant? Nous sommes des humains, et non des dinosaures qui n'avaient sûrement pas cette faculté que Dieu nous a donnée de comprendre et d'anticiper. Certaines activités de défense ont été simulées et même mises en œuvre, telle: 1-"Asteroid Emergency Planning Exercise" organisée par NASA et FEMA le 25 octobre 2016; 2-Développement de logiciel spécifique pour la surveillance d'astéroïde (Scout par exemple); 3-Préparation de la mission internationale AIDA (Asteroid Impact and Deflection Assessment); 4-Utilisation des sondes spatiales déjà en service aussi pour détecter des astéroïdes (sonde spatiales Gaia de l'ESA ); 5- Préparation au retour d'échantillons d'astéroïdes par la mission OSIRIS-REx de la NASA déjà en route vers Bennu (http://www.asteroidmission.org); 6- Préparation de futures missions spatiales (les sondes spatiales Lucy et Psyche) de la NASA vers les astéroïdes; 7-Préparation de stratégie de gestion de crise après impact (USA). La Société haïtienne d'astronomie et Asteroid Day se proposent de vous faire comprendre ce phénomène météoritique qui est aussi un désastre naturel comme les cyclones auxquelles nous sommes habitués bien trop longtemps sans pouvoir nous défendre. Un impact d'astéroïde est une catastrophe planétaire. Rejoignons donc le mouvement planétaire Asteroid Day. Asteroid Day Haiti, 30 juin 2017, à partir de 4 h p.m. au siège social de la Société haïtienne d’astronomie, 4 rue MBC, Lathan, Haïti.
Dr Rulx Narcisse, Expert en Astronomie Co-fondateur & Président de la Société Haïtienne d’Astronomie (3840-7775 ; haitianastronomicalsociety@rocketmail.com ) 13 Juin 2017 Auteur

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