ONU/Stabilisation politique/Hôtel Montana

Les leaders politiques ont-ils appris la leçon ?

La délégation du Conseil de Sécurité de l'ONU en mission en Haïti a réussi le pari difficile de réunir autour d'une même table des leaders politiques de différentes tendances. Et des représentants de la Société civile. A l'Hôtel Montana, ce vendredi 15 avril 2005, l'ambassadeur brésilien Ronaldo Mota Sardenberg et le chef de la MINUSTAH, Juan Gabriel Valdès, ont fait feu de tout bois pour porter des militants influents du parti Fanmi Lavalas et des membres de l'ancienne opposition à s'entendre sur l'essentiel. Dans l'intérêt national.

Publié le 2005-04-15 | Le Nouvelliste

Plus d'une dizaine de partis politiques de plusieurs tendances ont répondu à l'invitation de la mission du Conseil de Sécurité de l'Organisation des Nations Unies. Ce vendredi 15 avril 2005, la salle Ramier de l'Hôtel Montana a été le théâtre d'une réunion organisée, d'une part, à l'intention des membres de la Société Civile et d'autre part, de représentants de partis politiques. Et non des moindres. En effet, les rencontres se sont déroulées dans une ambiance sereine et conviviale. Et ce, sous les auspices du président de la délégation du Conseil de Sécurité de l'ONU, Ronaldo Mota Sardenberg, et le numéro un de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d'Haïti (MINUSTAH), Juan Gabriel Valdès. D'entrée de jeu, M. Sardenberg a averti ses invités que le Conseil de Sécurité de l'ONU suit de près l'évolution politique de la situation haïtienne et témoigne du respect de son organisation pour la souveraineté du pays. Invitant les forces politiques en présence à prouver leur volonté d'assumer leurs responsabilités, l'ambassadeur brésilien a été on ne peut plus clair dans son message adressé aux leaders politiques. « La Communauté internationale peut vous aider, mais elle ne peut et ne saurait vous remplacer», a-t-il indiqué. Mieux : il a exhorté les secteurs politiques à participer au processus de dialogue initié par l'administration Alexandre/Latortue qui doit servir de canal pour la réconciliation nationale. Des conditions de sécurité pour les élections S'agissant de la tenue des prochaines élections et des conditions de sécurité nécessaires à leur organisation, M. Sardenberg a montré la nécessité d'un climat sûr et stable en mettant en avant l'assistance internationale par le biais de la MINUSTAH dans ce domaine. Le Chef de la délégation du Conseil de Sécurité de l'ONU a donné la parole aux leaders politiques présents. Ces derniers ont eu l'occasion d'exprimer tour à tour leurs points de vue sur les grandes difficultés du moment. Et ce, dans un dessein d'ensemble, en dépit de leurs divergences de vue. Ils sont tous tombés d'accord sur la nécessité de s'asseoir ensemble pour trouver une formule de consensus sur les grandes préoccupations nationales de l'heure. Et les missionnaires onusiens, par la voix du président de la délégation du Conseil de Sécurité, Ronaldo Mota Sardenberg, ont proposé leurs bons offices pour faciliter des rencontres entre les partis politiques haïtiens. Et dire que certains leaders politiques n'ont pas caché leur satisfaction d'avoir pris part à des rencontres où les échanges ont été marqués par la franchise, le respect de l'autre et le souci de trouver des solutions concrètes à des problèmes haïtiens. Même si, sur un autre plan, ils disent épouser une certaine gêne par rapport au fait que c'est l'Etranger qui a dû faire un long voyage pour venir leur apprendre qu'à ce tournant de la vie nationale, ils doivent exprimer un voeu commun pour la continuation du dialogue en vue de la construction démocratique. «Haïti a une possibilité de réconciliation», dixit Valdès Très satisfait d'avoir réussi le pari de réunir les partis politiques autour d'une table pour poser ensemble les problèmes du pays à la veille des élections, le Chef de la MINUSTAH, Juan Gabriel Valdès, s'est montré confiant en la possibilité d'Haïti de se réconcilier avec elle-même. «Je crois que cette réunion avec toutes ces formations politiques, pour la plupart très divisées entre elles, a montré au Conseil de Sécurité de l'ONU que ce pays a une possibilité de réconciliation», a-t-il indiqué. Il a également fait remarquer que le désir d'entente entre les leaders politiques est un désir général dans la population. «Et nous sommes disposés à les aider à se réunir pour trouver un accord permettant le redémarrage socio-économique du pays», a-t-il promis. L'optimisme affiché de M. Sardenberg L'ambassadeur brésilien Ronaldo Mota Sardenberg s'est réjoui de l'ambiance de dialogue qui a régné entre les leaders politiques à l'occasion de cette rencontre. «La participation de la Société civile et des partis politiques est fondamentale au processus de dialogue. C'est vrai qu'il n'y a pas un accord prononcé entre les différents acteurs, mais l'ambiance de dialogue qui a existé mérite d'être poursuivie, d'autant plus que cela portait sur des questions de fond et dans l'intérêt national», a-t-il souligné. Répondant à une question des journalistes sur les conditions de sécurité nécessaires aux élections, M. Sardenberg a tenu à préciser que le Conseil de Sécurité de l'ONU travaille à New York pour le prolongement du mandat de la MINUSTAH, mais il est plus concret de discuter sur ce sujet avec des membres de la Société civile et des partis politiques. Satisfaction générale ou presque des partis... Dans leur grande majorité, les leaders politiques se disent satisfaits de la rencontre. Guy Philippe (du Front pour la Reconstruction Nationale), Gérard Blot (du Mouvement Tèt Ansanm), Hubert de Ronceray (du Grand Front Centre-Droit), Victor Benoit (du KONAKOM), pour ne citer que ceux-là, ont plaidé pour une évaluation de la situation générale du pays à la veille des élections. Leurs remarques pertinentes relatives à la durée du mandat de la MINUSTAH, du renforcement de l'institution policière et de la lutte contre l'insécurité ont retenu l'attention et pourraient même figurer dans le rapport des membres du Conseil de Sécurité de l'ONU. Un mémoire du Dr Osner H. Févry aux membres du Conseil de sécurité de l'ONU Reçu à la réunion au triple titre de président du Parti démocrate chrétien haïtien (PDCH), de coordonnateur général de la Coalition nationale des partis politiques non-alignés du centre démocratique (CONACED) et en qualité de vice-président et secrétaire exécutif de l'Ordre professionnel des avocats militants des barreaux d'Haïti (OPAMH), le professeur Osner H. Févry a comme fait cavalier seul. Et pour cause: il a présenté aux membres du Conseil de sécurité de l'ONU un document au titre combien évocateur: «Mémoire relatif au statut juridique d'Haïti comme Etat-Nation au regard des principes du Droit international en ce 15 avril 2005». Dans ce document, le professeur Osner H. Févry (docteur en droit et en sciences politiques), au regard des Résolutions 940 (portant sur la professionnalisation des Forces armées d'Haïti) 1529, (ordonnant le déploiement de la Force intérimaire en Haïti) 1542 (créant la MINUSTAH), insiste sur le fait que l'ONU et particulièrement le Conseil de sécurité «se déclarent fermement attachés à la souveraineté, à l'indépendance, à l'intégrité territoriale et à l'unité d'Haïti». Il demande au Conseil de sécurité d'articuler la position de l'ONU face à ces positions théoriques par rapport aux brutales réalités des faits découlant de la présence de 38 armées nationales sur le sol d'Haïti, la criminalisation de l'institution militaire dont les membres sont considérés par l'ONU comme des bandits à désarmer, le contrôle et le financement des opérations électorales invitant le gouvernement haïtien à former un Etat-Major provisoire pour les FAD'H, etc. Le vice-président de l'OPAMH a exhorté les membres du Conseil de sécurité de l'ONU à aider Haïti et le peuple haïtien à rapatrier la souveraineté nationale en l'aidant à rentrer dans la Constitution et dans l'application des lois et non à les violer. Bref. L'aide du Conseil de sécurité de l'ONU est aussi sollicitée par le professeur Févry autour de ces mesures d'Etat pour libérer le pays, retourner à l'ordre constitutionnel, établir la primauté du droit, poser le fondement d'une vraie démocratie et assurer dans un plan de développement concerté entre tous les secteurs vitaux de la nation le bien-être civique, moral, matériel, social et économique du peuple haïtien. Soit. Mais reste à savoir lea place qui sera réservée à ce mémoire historique dans le rapport du chef de la délégation, l'ambassadeur Sardenberg, au Conseil de sécurité de l'ONU.
Robenson Bernard Auteur

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