Séminaire/République Dominicaine

Le spectre de la tutelle ressurgit

La semaine écoulée, des Haïtiens, représentants de plusieurs secteurs, ont participé à un séminaire en République Dominicaine sous l'égide du gouvernement de la Norvège. Au cours des discussions, la tutelle internationale a été proposée parmi les différents scénarios possibles pour résoudre la crise haïtienne.

Publié le 2005-04-19 | Le Nouvelliste

Plus de 60 leaders politiques, religieux et de la société civile haïtienne ont participé au séminaire qui s'est tenu autour du thème « La communauté internationale, les partis politiques et la société civile dans la crise haïtienne » en présence notammnent du conseiller du Roi de la Norvège, Peter Skaven. Les discussions sur une possible solution pour un retournement dans la crise haïtienne a produit plusieurs scénarios dont la possibilité d'une tutelle internationale qui superviserait le gouvernement haïtien jusqu'à ce qu'il puisse voler de ses propres ailes. Une mise sous tutelle d'Haïti a été défendue par le sociologue dominicain Frank Marino Hernandez qui a souligné le manque de capacité des Haïtiens à appliquer les mécanismes constitutionnels pouvant garantir au pays l'octroi des fonds internationaux promis. M. Hernandez, président de l'Institut dominicain des études appliquées, a affirmé que le gouvernement intérimaire de Gérard Latortue n'a montré aucune efficacité, en se contentant d'être justement présent dans le pays en attendant la tenue des élections sous le contrôle de l'étranger. Pour le sociologue dominicain, Haïti ne fonctionne pas comme Etat. L'opposition ne supporte pas le gouvernement Latortue dans ses efforts et ne propose pas d'alternatives viables, a-t-il déclaré. Il est d'avis que la communauté internationale puisse intervenir si les politiciens haïtiens ne parviennent pas à un consensus à un moment où Haïti commence à devenir un point de trouble dans la région. Il demande aux forces haïtiennes que ce soit les partis politiques ou la société civile de trouver l'unité parmi elles. L'ancien Consul général haïtien en République Dominicaine, Edwin Paraison, est intervenu pour dire que « s'il y a quelque chose sur laquelle les Haïtiens sont d'accord, c'est qu'ils sont contre quel que soit le plan protectionniste qui serait avancé par la communauté internationale». De plus, il pense qu'une tutelle étrangère en Haïti serait « complètement inacceptable » et constituerait un possible danger pour la République Dominicaine, sans toutefois spécifier comment cette tutelle pourrait être nuisible à la République Dominicaine. M. Paraison pense qu'Haïti a besoin de rétablir l'autorité de l'Etat, qui a été perdue depuis l'instauration d'un climat de violence en Haïti. Il a critiqué le fait que la proposition de Hernandez, présentée au cours du séminaire, était un peu différente d'une déclaration qu'il a faite préalablement à la presse. Dans une déclaration au journal dominicain Hoy, Hernandez avait dit que « si les Haïtiens ne parviennent pas à un accord, il y a la menace qu'un plan de protectorat soit appliqué, et même dans une certaine mesure, une occupation d'Haïti». Avant la tenue de la réunion en Guyane sur Haïti, Edwin Paraison avait demandé au président dominicain Leonel Fernandez d'intervenir auprès de la communauté internationale pour l'annulation des dettes haïtiennes. En même temps, il s'est plaint du non respect des promesses faites par l'Organisation des Etats Américains (OEA), qui avait convenu de fournir US $ 500 millions de dollars d'aide à Haïti. S'aider entre voisins Au cours de l'atelier à Santo Domingo, les Dominicains ont réfléchi sur la manière dont ils pouraient aider Haïti. Selon le journal El Nacional, Lorenzo Mota King, un Dominicain, a fait savoir que la République Dominicaine et Haïti partagent la même ile, l'atelier est comme une contribution des Dominicains à la reconstruction d'Haïti. Le sociologue Frank Marino Hernandez a fait état d'une volonté dominicaine d'aider même si son pays n'a pas les moyens financiers pour concrétiser cette intention. « Nous avons les ressources humaines, la volonté politique, ce que nous n'avons pas, c'est l'argent pour financer le développement de projets en Haïti. Il y a de nombreuses équipes d'ingénieurs, de médecins...mais le gouvernement ne peut pas financer les projets », a-t-il dit suggérant que le financement devrait venir des bailleurs internationaux comme il a déjà été établi. La Norvège a accentué son engagement en Haïti depuis le début de la transition ouverte le 29 février 2004 avec le départ pour l'exil de l'ex-président Aristide. Elle a multiplié les rencontres avec des responsables haïtiens en vue de faciliter une solution consensuelle à la crise haïtienne. L'importance des élections n'a pas été laissée de côté par le pays scandinave qui a organisé la semaine écoulée un séminaire sur le rôle de la presse dans la couverture des élections. Plusieurs journalistes, experts en couverture électorale ou dans la réalisation de documentaire, en provenance du Canada, ont partagé leurs expériences avec une quinzaine de journalistes haïtiens. Mettre Haïti sous tutelle internationale n'est pas un thème nouveau. Il est souvent avancé à chaque fois que l'horizon pour sortir d'une crise paraît plutôt trouble. C'était le cas lorsqu'aucune entente ne pouvait être trouvée entre l'administration Aristide et l'opposition de l'époque.
Hugo Merveille Auteur

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