PORTRAIT DE PARLEMENTAIRES

Jovenel Louis, député malgré lui

Il n’y a pas grand-chose à retenir de lui jusque-là. Sinon qu’il est un ex-militant des droits humains, devenu parlementaire comme par hasard. Le député Jovenel Louis a, lui-même, avoué qu’il est venu « de nulle part », sans ancrage politique.

Publié le 2017-06-06 | lenouvelliste.com

Si vous lui demandiez quelle a été son ambition politique avant d’être député, il vous répondrait sans ambages : aucune. C’est par hasard que Jovenel Louis s’est fait inscrire dans la course pour représenter la population de Terrier-Rouge à la 50e législature lors des élections de 2015. « Cette idée m'est venue à l’esprit soudainement à l’approche des élections », concède le parlementaire, arguant qu’il n’est ni plus ni moins qu’un néophyte. « Je suis venu de nulle part… » L’élu du MONAH le dit sans la moindre gêne. Sans encrage encore moins d’idéologie politique. Il est comme tombé du ciel. « Je suis venu de nulle part, admet le député Jovenel Louis. N’ayant fait partie d’aucune structure politique, ma candidature est venue comme une blague. Cela m’a été imposé par un groupe de jeunes de mon quartier qui ont vu en moi leur potentiel représentant au Parlement ». Après moult hésitations, il s’est lancé, malgré lui, dans la bataille en partant en quête d’une bannière pour endosser sa candidature. Il est tombé sur le Mouvement national haïtien( MONAH), une petite plateforme politique nouvellement née qui l’a endossé. Comme de fait, sur une liste de 11 candidats dans la course, Jovenel Louis est arrivé en 2e position derrière le candidat du MOPOD lors du premier tour du scrutin. Au second tour, il a battu ce dernier avec un écart de 546 voix. À la Chambre des députés, le parlementaire, qui fait ses premières armes, est l’un des plus fidèles supporteurs de l’administration Moise-Lafontant. À défaut de bilan personnel à environ deux ans au Parlement, il se targue d’être le président de la commission permanente Mines et Énergie. Il n’a rien encore proposé en termes de textes de loi, mais envisage de le faire avant la fin de son mandat. « J’ai plusieurs textes de loi en préparation pour soumettre à l’appréciation de l’assemblée des députés », affirme-t-il sans toutefois préciser la nature de ces textes de loi. Pas grand-chose à retenir ! Marié et père de deux enfants, le député Jovenel Louis est de confession religieuse catholique. Il est un militant de droits humains qui a passé le plus clair de son temps (23 ans au total) au sein du JILAP. Il avait à peine 18 ans quand il décidait d’intégrer le secteur après le premier coup d’État contre l’ex-président Jean-Bertrand Aristide en 1991. Né le 17 septembre 1973 dans la localité de Paulette à Terrier-Rouge (Nord-Est), Jovenel Louis est le benjamin d’une famille de quatre enfants. Il est exclusivement élevé par sa mère Imène Louis, une petite détaillante. Il a reconnu son père à l’âge de 22 ans. Il n’a de cesse de vanter la combativité et la vaillance de sa maman qui lui a dicté les bonnes manières et appris à faire ses premiers pas à l’école. « Elle ne savait pourtant ni lire ni écrire, mais elle avait ses trucs pour me faire réciter mes leçons quotidiennement », dit-il non sans fierté. C’est dans une école de compassion « Sant Timoun byenvni » dans sa localité que l’enfant a fait ses premiers pas. Après avoir passé deux années dans cette école de fortune, le jeune Jovenel est entré à Terrier-Rouge pour poursuivre ses études classiques. Il y a fréquenté l’école presbytérale, le collège St-Pierre puis le lycée national de cette ville. Le fils à maman s’est ensuite installé dans la deuxième ville du pays où il a intégré le lycée Boukman( rhéto) et le lycée Philippe Guerrier(philo). Cependant, en classe de rhéto, il y a eu une cassure dans ses études classiques. Car, pour faire face à ses besoins les plus primaires, Jovenel Louis avait dû abandonner l’école pour apprendre autre chose afin de mieux affronter les défis de la vie. « J’ai suspendu mes études en classe de rhéto (pendant trois ans) et je me suis fait inscrire à l’école normale d’instituteurs (ENI) de Milot. Ce qui me donnait le droit d’enseigner au niveau du 2e cycle fondamental chez les Frères de Trou-du-Nord », explique celui que le destin a voulu qu'il devienne député du peuple. Une fois son diplôme décroché, il reprend le chemin de l’école pour boucler ses études classiques. Après son bac en 2000, il entre à l’École de droit, des sciences économiques et de gestion du Cap-Haitien pour des études en sciences juridiques (inachevées).


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