Deux personnes tuées au marché public Télélé, à Frères

Publié le 2017-06-04 | lenouvelliste.com

Un portefaix a été tué par arme blanche, une marchande par balle, dimanche 4 juin 2017 au marché public Télélé. La circulation automobile a été interrompue dans la zone pendant des heures, les riverains ayant entreposés des barricades enflammées sur la chausse de l’axe Frères-Pétion-Ville. Selon un témoin, l’incident a débuté vers une heure du matin, quand deux portefaix déchargeaient un camion de vivres alimentaires. Il y a eu une bagarre entre eux pour des raisons encore inconnues. L’un a réussi à piquer l’autre avec un canif, la victime meurt sur place des suites de ses blessures. Vers 7 heures sept heures du matin, la police est intervenue avec un juge de paix pour faire le constat. « Les commerçants du marché n’ont pas voulu que les autorités enlèvent la dépouille mortelle du portefaix sans la présence d’un membre de sa famille. Il y a eu des jets de pierres, ainsi, la police a tiré a hauteur d’homme sur la foule, une marchande de choux est décédée sur place d’une balle à la tête », a poursuivi le témoin, un habitant de la zone, qui a voulu garder l’anonymat. Le mari de la marchande, Michelet Otismé, qui était présent lors de l’intervention de la police, pour sa part, a déclaré que les commerçants du marché n’ont pas d’arme à feu ; qu’ils ont seulement des armes blanches. Selon lui, sa femme a été tuée sous les balles de la police parce que des gens non identifiés ont jeté des pierres sur les agents de la police et sur le juge de paix, ceux-ci n’ayant pas respecté ce qu’ils demandaient. « La situation a dégénéré parce que la police n’a pas su écouter les commerçants du marché qui demandaient à ce que les parents du portefaix soient présents avant de l’emmener à la morgue. Ma femme n’aurait-elle pas été tuée s’ils avaient pris en compte leur requête », a-t-il déclaré d’une mine dépitée. Plus loin, Michelet Otismé, atterré, a affirmé que sa femme, âgée de seulement 28 ans vend dans le marché depuis 8 ans ; que c’est elle qui fait vivre la famille. Les deux enfants qu’ils ont ensemble, dont un de 6 mois et un autre de 6 ans sont nourris par le petit commerce de légumes que tenait sa malheureuse femme au marché. « Je suis complètement dépassé par l’événement. Ma femme, c’est tout ce que j’ai. C’est elle qui donne à manger à la famille, c’est elle qui paie les frais scolaires de mon enfant. Je ne travaille pas depuis un bon bout de temps », a-t-il ajouté avec des larmes aux yeux. Le magistrat municipal de Pétion-Ville, Dominique St-Roc, de son côté, dit que cet incident malheureux est arrivé parce que les gens du marché sont des gens violents. Ils ont, selon lui, frappé et bousculé le juge de paix qui accompagnait les policiers. Il a déclaré qu’une enquête sera ouverte pour élucider cet incident pour que justice soit faite.
Rony Célicourt
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