Thomas Lalime, docteur en économie

Publié le 2017-05-10 | Le Nouvelliste

Le jeune confrère Thomas Lalime, qui tient la chronique hebdomadaire « Des idées pour le développement » au journal (1), a soutenu, le lundi 8 mai, sa thèse de doctorat en économie, à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Sur le thème « Essais sur l’épargne et la littératie financière des ménages au Canada », il développe son travail, avec comme directeur de thèse Pierre-Paul Michaud, comme présidente du jury, Marie-Louise Leroux et trois autres accompagnateurs. Sa recherche pose un problème sérieux : il faut pratiquer l’épargne pour une retraite heureuse. Comment encourager les employés du privé ou du public, au Canada, à bien gérer leur retraite, en vue d’avoir une fin de vie supportable ? Dans son optique, Thomas Lalime défend le point de vue suivant : « Certains ménages n’épargnent pas suffisamment durant leur période de travail et ne préparent pas adéquatement leur retraite. » Le jeune doctorant privilégie un autre angle pour situer la question : « Les inégalités de richesse et du manque de préparation à la retraite de certains ménages.» Qui se charge de la responsabilité d’une telle déconvenue ? Le candidat au doctorat répond, sans ambages : « La responsabilité repose sur les ménages eux-mêmes. » Il les invite à « comprendre les déterminants de l’épargne et du manque de préparation à la retraite». Les grands thèmes de sa thèse Son sujet de doctorat tourne autour de quatre (4) grands thèmes, à savoir, dans un premier temps, la revue de littérature sur l’épargne ; dans un second temps, « la façon dont l’éducation influe sur la consommation et l’épargne au cours du cycle de vie». À cet effet, il distingue les mécanismes à travers lesquels l’éducation agit sur la consommation, en tenant compte des préférences pour l’épargne par groupe d’éducation. Le niveau d’éducation commande parfois l’épargne, ce qui éclaire certaines gens sur l’idée de la préparation à la retraite. Sans oublier de jeter un regard nouveau sur les inégalités des richesses des ménages. Ensuite, l’analyse des données de l’Enquête sur la sécurité financière réalisée en 2005 et 2012. Les résultats indiquent, selon Thomas Lalime, que le taux marginal de taxation effectif pendant la période de travail n’a pas d’effets statistiquement significatifs du taux marginal de taxation effectif sur la part investi dans le CELI (Compte d’épargne libre d’impôt) ou le REER (Régime enregistré d’épargne-retraite). Il a conclu ainsi : « Nos résultats indiquent que les ménages ne profitent pas effectivement des avantages offerts par ces produits. » Surtout au Québec. Les conclusions, sur ce point, indiquent que le Québec, par rapport au reste du Canada, tire de l’arrière. Cela ne marche pas bien. D’un autre côté, le doctorant insiste sur la littératie financière. Selon lui, la littératie recouvre « cet ensemble de concepts et de connaissances qui sont pertinents par la prise de décisions, en ce qui concerne les finances personnelles». Le niveau de littératie est faible, dans de nombreux pays, ce qui permet « un questionnement sur le désengagement de l’État et la nécessité d’offrir l’éducation financière à la population». Réserves du jury sur la thèse Présidé par Marie-Louise Lerroux, le jury a critiqué l’usage du doctorant de la revue de littérature. Pour lui, quelques aspects paraissent décousus dans leur emploi. De même, les évaluateurs croient détecter qu’une « erreur de mesure dans la calcul des TEMI (taux marginal de taxation effectif) pourrait expliquer en partie les résultats négatifs obtenus». Par ailleurs, le 2e chapitre « soutient qu’un des bien-faits de la littératie financière augmente avec l’éducation». Mais le candidat au doctorat n’a pas utilisé le modèle dans sa recherche. Comme une variante endogène. Dans son évaluation globale, le jury laisse entendre que l’analyse aurait pu mieux approfondir ces enjeux. Cependant, ses contributions seraient importantes d’un point de vue canadien, mais ne sont pas innovatrices d’un point de vue international. Les qualités du travail de Thomas Lalime Néanmoins, le jury a souligné quelques qualités de la thèse, notamment : mieux documenter le niveau de littératie financière des ménages au Canada et regarder ce qui peut expliquer le niveau plus faible de littératie financière au Québec. Le 2e chapitre est co-rédigé avec le directeur de thèse, Pierre-Carl Michaud. Ce travail indique que le candidat a une bonne maîtrise de l’économétrie et de la théorie sous-jacente. En outre, l’auteur calcule pour chaque ménage des taux marginaux d’imposition effective. Les résultats économétriques montrent qu’il y a peu de lien entre les TEMI et l’investissement REER ou CELI. Cependant il est, selon le jury, le premier à se prêter à cet exercice au Canada, sur des données canadiennes. Le candidat au doctorat s’est posé la question : Pourquoi ces différences de consommation et d’épargne entre groupe d’éducation, pour un même niveau de revenu donné ? Sa recherche éclaire la problématique. Enfin, il montre que les différences de longevité et de composition des ménages jouent un rôle sérieux. Les points forts du travail Le doctorant, selon le jury, utilise des méthodes variées. Par exemple, une analyse économétrique isolant les variations du régime fiscal au Canada (au 3e chapitre), une analyse économétrique structurelle avec estimation par la méthode des moments simulés. La combinaison de ces méthodes se revèle un fait rare au soutien de la thèse de l’auteur. Sa maîtrise de l’économétrie, comme enseignant et ancien de CTPEA (Centre de technique de planification d'économie appliqué) en Haïti l’ont facilité dans la nouvelle orientation de l’économétrie. Notre confrère a passé la rampe du travail de recherche devant le jury. Thomas Lalime – Dr Thomas Lalime, a été reçu avec le titre de docteur en économie à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).
Wébert Lahens webblahens@yahoo.fr Auteur

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