L’ex-ministre de la Justice Camille Edouard Junior défend sa gestion et recadre Jack Guy Lafontant

Publié le 2017-05-08 | lenouvelliste.com

L’ancien ministre de la Justice et de la Sécurité publique Camille Edouard Junior sort de ses gonds et recadre le Premier ministre qui a décerné un très mauvais carnet à l’équipe de la transition. Sur son compte Facebook, Camille Edouard Junior n’a pas mis de gants. « On ne peut pas être Premier ministre et mentir ainsi à la nation ! Monsieur le Premier ministre, vous avez menti », a-t-il posté, invitant les professionnels de la presse à « aller vérifier les déclarations truffées de mensonges proférées par le Premier ministre Lafontant ». Contacté par le journal,l'ex ministre de la justice de la République déplore le fait que le Premier ministre se soit exprimé sur la situation de l’administration publique alors qu’il ne dispose que de peu d’informations. « S’il dispose de quelque chose, ce n’est que partiellement », a déclaré Camille Edouard Junior, signalant au passage que des inventaires sont en cours dans certains ministères. Au moment de prendre ses fonctions, le ministère accusait une dette de 359 millions 105 mille 332 gourdes. Ces dettes étaient liées à des dépenses de fonctionnement, d’investissement et de paiement des contractuels. En mars 2016, le ministère de la Justice et de la Sécurité publique comptait 543 contractuels dont 307 n’ont pas touché leur salaire d’octobre 2015 à 2016, a indiqué l’ex-ministre, affirmant n’avoir renvoyé personne. Les seules dettes qu’il consent avoir contractées au cours de son passage à la tête du ministère étaient liées à la location de véhicules. Alors que le parc automobile du ministère comptait 162 véhicules, seuls 96 étaient en fonction. 48 étaient au garage et les 18 autres irréparables. Sur les 96 véhicules en fonction, une trentaine se trouvait entre les mains de juges, précise le ministre, expliquant que les juges ne voulaient pas remettre le matériel en question. « Nous étions donc obligés de louer des véhicules en vue de pouvoir mener des missions à travers tout le pays », raconte l'ancien ministre. Mise à part la location des véhicules, l'ex-ministre de la Justice affirme ne pas avoir engagé de nouvaux contrats sous son administration. Il se dit étonné d’entendre le Premier ministre parler de 1.8 milliard de gourdes de dette enregistrées au MJSP. « J’ai comme l’impression qu’ils veulent nous rendre responsable de la mauvaise gestion des cinq ans de Michel Martelly en ce qui à trait notamment au PetroCaribe ainsi que d’autres programmes », se plaint Camille Édouard Junior. Le Premier ministre a également laissé entendre que le ministère de la Justice a dépensé 60% de son budget du mois d’octobre 2016 au mois d’avril 2017. «L’enveloppe de fonctionnement allouée au ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP) pour l’exercice 2016-2017, incluant ses entités techniquement déconcentrées, telles : l’Office national d’identification (ONI), l’École de la magistrature (EMA), l’Unité centrale de renseignements financiers (UCREF), la Police nationale d’Haïti (PNH), se chiffre à dix milliards quatre cent soixante treize millions cinq cent trente quatre mille quatre cent trente quatre gourdes & treize centimes (10, 473,534,434.13) », lit-on dans un document acheminé par le ministre au journal. « Du 1er octobre 2016 au 21 mars 2017, le taux d’utilisation de l’enveloppe globale allouée au ministère y compris les entités techniquement déconcentrées est de 49% soit cinq milliards 157 millions 612 mille 70 gourdes et 14 centimes. L’administration centrale a utilisé en moyenne 55% de son enveloppe, soit 782 millions 60 mille 523.10 gourdes, et la balance actuelle est de 617mollions 723 mille 889.12 gourdes)», précise le document avec beaucoup de détails sur la façon dont ces fonds ont été utilisés par les structures techniques rattachées au ministère. « Quelqu’un qui a payé en une journée ses cinq ans d’obligations fiscales n’a pas de leçon à donner en matière de gestion de l’État », s’insurge Camille Edouard Junior. Il invite le chef du gouvernement à veiller à ce que les informations qu’il reçoit de ses collaborateurs ne renferment pas que des approximations, tout en rappelant que des inventaires sont en cours notamment en ce qui à trait au parc automobile dans les ministères.


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