Aire métropolitaine

Le prix de l'eau

Le prix de l'eau n'est pas le même pour tous, suivant qu'on habite le centre-ville, Delmas ou Thomassin. Certaines zones sont alimentées. D'autres ne le sont pas. Mais là où la Centrale autonome métropolitaine d'eau potable (CAMEP) n'arrive pas à desservir sa clientèle, le prix de l'eau a considérablement augmenté. Voici un tableau non exhaustif de ce que représente le coût de l'eau dans l'aire métropolitaine.

Publié le 2005-04-05 | Le Nouvelliste

Pour avoir accès à l'eau potable, certains habitants de l'aire métropolitaine connaissent, la plupart du temps, toutes les peines du monde. Pour preuve, la CAMEP est submergée par la demande. Cette demande toujours en hausse est très peu satisfaite. Interrogé sur le prix à payer pour l'eau pour une maison résidentielle à compteur, un cadre de la CAMEP confie que le tarif est actuellement ainsi réparti : de 0 à 15 mètres cubes d'eau, l'abonné paie 447,50 gourdes et des taxes y relatives. A partir de 16 mètres cubes d'eau, l'unité de m3 additionnel se paie 24,5 gourdes. Se référant au bâtiment commercial à compteur, le responsable de cette institution révèle que le mètre cube d'eau coûte 40 gourdes pour une consommation comprise de 0 à 5000 mètres cubes d'eau, mais de 5001 à 15.000 mètres cubes d'eau, l'abonné doit payer le mètre cube 32,50 gourdes contre 23,75 gourdes le mètre cube pour un branchement consommant plus de 15.001 mètres cubes d'eau de la CAMEP. Donc, plus un bâtiment commercial doit s'approvisionner en eau, plus le prix unitaire par mètre cube diminue. Ne disposant pas de compteurs, les abonnés, estimés à environ 48.400 dont 20.000 à statut fermé (ceux-là ne pouvant acquitter leurs factures), payent un tarif forfaitaire. Chargée de la distribution de l'eau, la CAMEP s'inscrit sur la liste des abonnés absents dans la capitale et certaines zones avoisinantes frappées cruellement par le manque d'eau depuis la saison sèche. Christ-Roi, Bourdon, Pétion-Ville, ruelle Chrétien, Poste-Marchand, Sans-fil sont actuellement des quartiers où les riverains sont obligés de s'approvisionner en eau à partir de camions-citernes. L'eau est-elle une marchandise ? Au cours d'une enquête menée, le week-end écoulé, dans certaines régions de la capitale et de ses environs, nous avons constaté une hausse du prix de l'eau. Un gallon d'eau Culligan oscille entre 50 et 60 gourdes pour certaines zones, un gallon d'eau Miracle s'élève à 25 gourdes. A cet effet, certains ''sachets d'eau glacée'', vendus auparavant à une (1) gourde, ont aussi subi une hausse de 50%, soit 1,50 gourde l'unité. A Poste-Marchand, Sans-fil, ruelle Chrétien, Christ-Roi, Bel-Air, certains ménages possèdent des réservoirs ou bassins. D'autres qui n'en ont pas achètent chaque matin des seaux d'eau pour faire la lessive ou tout autre usage domestique. L'achat d'un seau d'eau est passé de 5 gourdes à 10 gourdes, a assuré un riverain, l'air serein. Dans ces endroits, ceux qui achètent de l'eau des camions-citernes sont souvent les propriétaires de ménages et ont des bassins pouvant contenir entre un à deux camions-citernes. Ils en achètent pour revendre en détail aux riverains de la zone ou à leurs locataires, a lâché un propriétaire. Là où l'eau ne coule pas du robinet, le prix du service d'un camion-citerne a considérablement augmenté. Pour la zone urbaine de Port-au-Prince, un camion-citerne coûte entre 1000 et 1750 gourdes, pour la commune de Delmas, le coût d'un camion oscille entre 1000 et 2000 gourdes, quant à la commune de Pétion-Ville, ce prix varie entre 1750 à 2500 gourdes. Une couverture ménagère mitigée En revanche, le problème d'alimentation en eau potable ne date pas d'hier dans la zone métropolitaine. Une enquête, réalisée en 2001, montre qu'un logement sur 5 a accès à un fournisseur d'eau courante, mais les différenciations sont importantes selon le milieu de résidence, le type de logement, le niveau de revenu. Ainsi, un tiers des logements de la zone métropolitaine, environ 45% des maisons ordinaires avec étages et 34,2% des logements ont accès à un fournisseur d'eau courante. L'étude soutient que le mode d'approvisionnement en eau courante (eau à boire ou pour usage domestique) le plus fréquent pour la zone métropolitaine reste l'achat des seaux d'eau (67%). L'eau courante est conservée dans des seaux (71,9% des logements), puis dans des bouteilles ou gallons (17%). Tandis que seulement 9,9% de personnes consomment de l'eau traitée. Cette enquête sur les conditions de vie date de 2001. Ne disposant pas de chiffres pour l'année 2005, nous nous limitons à l'observation. Cette observation porte à croire que le pourcentage des ménages faisant usage de l'eau traitée a augmenté durant les quatre dernières années. Nous en voulons pour preuve la multiplication des points de vente d'eau traitée en détail et l'offre de bouteilles de 5 gallons dans toutes les rues. Parallèlement, le rapport du WASAMS 2002 (Water and sanitation monitoring system) estime le nombre de branchements particuliers de la CAMEP à 43.949 en 2000. Ce nombre est passé à 51.879 en 2002, soit une augmentation de 18% en 2 ans. Ce document informe que la couverture des besoins en eau potable, dans la partie urbaine de l'aire métropolitaine, est passée de 53,7% en 2000 à 53,3% en 2001 et à 51,8% en 2002. Créée par le décret du 4 mai 1964, la CAMEP se trouve dans l'impasse pour desservir les habitants et ne produit qu'entre 37,5 à 100.000 m3 d'eau par jour selon les saisons, alors que les besoins sont estimés à peu près de 250.000 m3 par jour. Contacté en début de semaine, un responsable de la CAMEP affirme que le nombre d'abonnés de cette institution s'élève maintenant à 50.000. Ce nombre de branchements est insignifiant compte tenu de l'accroissement de la population de la zone métropolitaine. En somme, disposer d'eau à domicile est un service qui se paie. Chaque abonné paie sa consommation en eau mais aussi des taxes. En tout cas, ce n'est pas la ressource que les abonnés payent, mais les services et les infrastructures qui puisent l'eau, l'acheminent, la rendent potable ou la stockent. Dieudonné Joachim et Jobnel Pierre ____________________ Notice bibliographique (1) JOSEPH (Yves-Fritz), Situation du secteur EPA au 31 décembre 2002 (Système de suivi du secteur de l'eau potable et de l'assainissement, WASAMS 2002), Port-au-Prince, 2003, 135 pages. (2) LEMARCHAND (Véronique), L'eau (source de vie, source de conflits), Editions Milan, Paris, 2003, 63 pages. (3) MEF-IHSI, Enquête sur les conditions de vie (ECVH-2001), vol I, PNUD, H.Deschamps, 2004.
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