Les sénateurs adoptent la loi créant la commune des Iles Cayemites

Publié le 2017-04-06 | lenouvelliste.com

Les sénateurs, réunis en séance plénière ce jeudi, ont adopté la proposition de loi créant la commune des Iles Cayemites, sixième section de la commune de Pestel dans la Grand’Anse. Cette loi, déposée par Andris Riché en août 2016, vient répondre, selon le rapport de la commission Intérieur qui a travaillé là-dessus, à un dilemme : l’incapacité de Pestel à fournir les services sociaux de base aux habitants des îles adjacentes (grosse et petite Cayemites). Les commissaires, pour expliquer la nécessité d’élever les Iles Cayemites au rang de commune, ont souligné que les riverains n’ont de cesse de manifester leur intérêt à acquérir leur autonomie financière et administrative. Les Iles Cayemites, pas encore totalement commune parce que la loi doit être transmise à la Chambre basse pour le même exercice, dispose pour le moment, entre autres, d'un tribunal de paix, d'un centre de santé et de trois écoles nationales. Les principales activités de la population sont la pêche, l’élevage et l’agriculture. Le sénateur Youri Latortue, lui qui jure sur la nécessité de rendre le Sénat plus productif par le vote des textes de loi, par la transformation d’une centaine de décrets en lois, s’en réjouit. « La loi, dans les jours à suivre, va être expédiée à la Chambre des députés », dit-il, égrenant d’autres chantiers sur lesquels vont plancher les pères conscrits. Le président du Sénat, Youri Latortue, en marge de la séance, a évoqué la loi portant sur le fonctionnement de l’UCREF que les députés doivent voter au plus vite, vu l’urgence pour Haïti de se mettre au diapason avec le monde de la finance, comme l’exige inlassablement les GAFIC. Justement, mercredi déjà, les députés ont invité le ministre de la Justice Heidi Fortuné à éclaircir des points d’ombre décelés dans la loi. Ce dernier a boudé la rencontre, provoquant l’ire de certains députés. Selon le président de l’assemblée, Cholzer Chancy, qui a ajourné la séance à une date ultérieure, les députés ne plancheront pas sur le texte tant que M. Fortuné n’aura pas mis les pieds au Bicentenaire. Avant de partir en vacances de Pâques, les sénateurs ont voulu faire plus. Ils ont tenté de voter la loi relative aux bonnes vies et mœurs portée par le sénateur Jean Renel Sénatus qui n’a pas pourtant pipé mot sur les insanités débitées par Michel Martelly au carnaval des Cayes. Mais dans le bric-à-brac des débats, des articles pour la plupart décousus ont convaincu les sages de reporter les discussions à la prochaine séance. Le premier des sénateurs, pas moins satisfait du fait que le grand Corps se hisse à la hauteur de sa tâche depuis bientôt trois mois, a insisté sur l’obligation qui leur incombe de voter des lois susceptibles d’aider Haïti à changer de cap.


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