Discours du recteur Fritz Deshommes à l’ouverture de l’atelier sur la gouvernance universitaire

La présidence de la République, le Parlement, l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), le secteur de l’enseignement supérieur représenté par la CORPUHA, tout ce beau monde s’associe pour renforcer et réorienter l’université haïtienne, la mettre au service du développement national.

Fritz DESHOMMES
27 mars 2017 — Lecture : 4 min.
La présidence de la République, le Parlement, l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), le secteur de l’enseignement supérieur représenté par la CORPUHA, tout ce beau monde s’associe pour renforcer et réorienter l’université haïtienne, la mettre au service du développement national. Première étape : un important atelier sur la gouvernance universitaire, le vendredi 24 mars 2017 à l’hôtel Marriott. Est reproduit, ci-après, le discours du président de la Conférence des recteurs, présidents et dirigeants d’universités et d’institutions d’enseignement supérieur haïtiennes (CORPUHA) à l’ouverture de cet important atelier. Distingués invités, chers collègues, Nous voulons dire en tout premier lieu notre bonheur de vous accueillir ce matin à l’occasion de cet atelier sur la gouvernance universitaire. Nous nous réjouissons de votre intérêt pour le thème et nous le considérons comme un signe des temps, un signe heureux qui nous montre qu’il y a encore de l’espoir, beaucoup d’espoir pour ce secteur trop longtemps négligé de la vie nationale. Cet atelier vient à point nommé et se situe au confluent de plusieurs tendances prometteuses. Il y a d’abord la conscience de plus en plus marquée qu’acquièrent les autorités de l’Etat de l’importance de l’Enseignement Supérieur et de son caractère « stratégique » – le mot n’est pas de moi – pour la réussite des politiques publiques et le développement national. En témoignent des déclarations de plus en plus claires des plus hauts responsables du pouvoir exécutif : le président de la République à Damien, à la FAMV, le Premier ministre dans sa déclaration de politique générale. En témoignent également la création à la Chambre des députés d’une commission spécifiquement dédiée à l’enseignement supérieur et le cap résolument mis sur les avant-projets de loi sur l’enseignement supérieur qui expriment, entre autres, les préoccupations que suscite la gouvernance du secteur. Il y a le changement de paradigme en cours au niveau des grands bailleurs internationaux qui reconnaissent de plus en plus l’importance primordiale à accorder à l’enseignement supérieur et à la recherche comme priorités et comme instruments d’atteinte des objectifs de développement. La Banque Mondiale (BM), le Fonds Monétaire International (FMI), la Banque Interaméricaine de Développement (BID) ont eu à faire leur mea-culpa et ont dû confesser que les pays qui ont réussi à décoller sont exactement ceux qui n’ont pas appliqué leurs recettes en matière d’enseignement supérieur, ce secteur qu’ils avaient recommandé de négliger absolument au profit de l’enseignement fondamental. Il y a, bien sûr, ce changement de cap ou, pour être plus précis, ce rééquilibrage heureux que vient de nous annoncer le recteur de l’AUF dans le sens d’une Agence avec de nouvelles orientations, mieux à l’écoute de ses membres, plus solidaire, plus ouverte, plus inclusive. Mais aussi, il y a surtout cette conscience qui se dégage au sein de la CORPUHA que les ferments de solidarité, de partage, de mutualisation peuvent et doivent être privilégiés, que nos convergences sont plus importantes que nos divergences et que nous avons tout à gagner à nous mettre ensemble pour défendre la cause de notre secteur, qui est aussi celle de notre jeunesse, celle de notre avenir, celle de notre pays, celle de toute notre population en quête de mieux-être, de progrès et de souveraineté. Le programme de l’atelier est structuré autour de thèmes majeurs se rapportant à nos préoccupations de gouvernance, de régulation, de qualité, de financement, de pertinence. Quelles dispositions adopter pour mettre résolument le cap sur la recherche scientifique ? Comment faire émerger nos multiples et utiles savoirs locaux ? N’avons-nous pas, nous aussi, la capacité d’enrichir le patrimoine scientifique de l’humanité ? Comment organiser notre système d’enseignement supérieur ? Quel rôle et quel statut pour nos universités ? Quelles sont les relations avec l’Etat ? Comment améliorer les avant-projets de loi sur l’enseignement supérieur en discussion au Parlement ? Quelles sont les véritables réalités de l’enseignant universitaire haïtien ? Quelles sont ses conditions d’existence, de fonctionnement, son statut social ? Comment en faire un véritable métier qui nourrit son homme, qui lui permet de se maintenir, de se reproduire et de s’épanouir ? Qu’en est-il du financement du secteur ? Quels seraient les meilleurs mécanismes et les modalités les plus appropriées pour qu’il ne soit plus traité en parent pauvre ? Comment garantir l’employabilité de nos diplômés ? Comment adresser la problématique de la condition étudiante ? Et surtout comment porter l’Etat à se doter d’une véritable politique de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique ? Autant de préoccupations qui vont alimenter nos réflexions au cours du reste de la journée. Nous sommes heureux de pouvoir compter sur la présence et les apports de nos collègues universitaires de la Caraïbe, membres de la CORPUCA ainsi que de nos partenaires de la CPU. Un salut spécial aux représentants d’institutions partenaires, notamment l’OIF, L’ambassade du Canada, l’ambassade de France. A nos panélistes d’ici et d’ailleurs, tous nos remerciements. A tous et à chacun, je souhaite un excellent atelier et une fructueuse journée.