René Préval ou le prix de la stabilité

Rattrapé par la mort le vendredi 3 mars 2017, le président René Préval a laissé son empreinte sur l’administration, sur la vie et sur l’économie haïtienne si bien que certaines réalisations témoignent du climat de stabilité qui a caractérisé les deux quinquennats de l’homme de Marmelade.

Publié le 2017-03-10 | Le Nouvelliste

Que ce soit dans l’évolution des indicateurs macroéconomiques, sa réforme agraire, la modernisation des entreprises publiques ou sa contribution à l’adoption de loi HOPE, toutes ces actions sont révélatrices de l’intérêt que le président René Préval portait au renforcement des capacités économiques du pays et aussi de la nécessité de la stabilité sociopolitique pour la relance économique. En 1996, sa première année au pouvoir, le taux d’inflation a légèrement baissé par rapport à l’année précédente, passant de 17, 26% à 17,01%. À la fin de son quinquennat en 2001, le taux d’inflation a diminué considérablement en atteignant les 12,34%. Au cours du premier mandat de René Préval, la dépréciation de la gourde était déjà d’actualité mais elle ne se faisait pas au même rythme qu’aujourd’hui. Sur le marché informel, selon la Banque centrale, le dollar s’achetait à 16,54 contre 16,51 gourdes à la vente en 1996. Quand il avait laissé le pouvoir en février 2001, le taux de change affiché dans les banques était de 23,32 gourdes à l’achat contre 24, 09 gourdes à la vente. Pour ce qui est du taux de croissance, il était estimé à 2,7% en 1996 contre 4,4% en 1995. En termes de pourcentage, le taux de croissance pour l’année suivante 1997 était estimé à 1,1%. Pendant les deux prochaines années, le PIB restait stable avant de plonger en 2000 et 2001 respectivement autour de 0,9% et -1,1%. Vainqueur des élections de 2006, Préval a repris les rênes du pays pour un second mandat allant de mai 2006 à mai 2011. Pour la première année de son deuxième quinquennat, le PIB a augmenté en passant de 1,8% en 2005 à 2,3% en 2006. L’année suivante, le taux de croissance a continué sur la même lancée et passait à 3,3% en 2007. En 2008, le PIB a chuté considérablement et connaissait 0,8%. Le taux de croissance du PIB avait repris sa vitesse en 2009. Le pays avait enregistré un taux de croissance estimé à 2,9%. Frappé par le séisme du 12 janvier 2010, le pays a connu une croissance négative -5,4%. Pour la dernière année de Préval, le PIB était estimé à 5,6%. Un taux assez élevé à cause de la quantité massive d’aides étrangères dont Haïti a bénéficié aux lendemains du séisme. Le taux d’inflation qui était autour de 12,6% en 2006, l’année de la réélection de Préval, est tombé à 10,4% en 2011. Sur le marché bancaire, le taux de change, en mai 2011 quand Préval a quitté le pouvoir, tournait autour de 40,28 à l’achat et 40, 61 à la vente. Mais quand il a laissé le pouvoir en mai 2006, il fallait pour un dollar américain 39,28 gourdes à l’achat et 39,80 gourdes à la vente. Le climat de paix observé sous l'ere Préval, était très favorable au réveil du tourisme. C'est l'époque où Haïti, à travers Labadee constituait un vrai centre d'attraction pour les croisiéistes internationaux qui se plaisaient à inclure Haïti dans leur liste de leur liste. Ainsi, en décembre 2009, pour la première fois un paquebot de la Royal Caribbean Cruise line a mouillé l'ancre dans le port de Labadee et avec des centaines de croisiéristes à bord a passé la nuit précédent le jour de l'an dans le cadre enchanteur de cette plage du Nord d'Haïti. Modernisation des entreprises publiques Depuis la fin des années 80, les entreprises publiques haïtiennes à cause de sérieux déficits d’infrastructures et de financements affichaient des signes de faillites. C’était par exemple le cas du port de Port-au-Prince où les coûts d’opération étaient deux ou trois supérieurs à ceux des pays les plus chers de la Caraïbe. Les conséquences seront graves toutes les fois que l’on voudrait se mettre en compétition avec d’autres pays qui ne souffrent des mêmes coûts, explique Yves Romain Bastien actuel ministre de l’Economie et des Finances et ex-directeur du CMEP, entité chargée de la modernisation des entreprises publiques entre 1996 et 2001. La Banque mondiale a supporté cette opération qui a entamé son processus de modernisation avec la Minoterie d’Haïti. La deuxième privatisation était venue de la Cimenterie d’Haïti. Beaucoup d’autres institutions se trouvaient dans le viseur des responsables du Conseil de modernisation des entreprises publiques (CMEP) telles que l’APN, le port de Port-au-Prince, la BNC et la BPH, etc. Et tout à coup, la machine de la modernisation a laissé introduire quelques grains de sable dans son moteur. Ce coup d’arrêt dans le processus de privatisation, selon les responsables du CMEP, était dû aux manœuvres de certaines personnalités très puissantes qui ont joué des mains et des pieds pour changer le cours des choses. À ce moment-là, si dans un climat pareil on envisage de voir arriver des entreprises, ces entreprises ne vont pas venir parce que les coûts ici sont trop importants. C’est ainsi que le président, après moult consultations et discussions auprès des acteurs des secteurs économique et financier dont l’ex-gouverneur de la BRH et ministre de l’Economie et des Finances Lesly Delatour, commençait à se faire une idée juste du programme de modernisation des entreprises publique, car avant lui personne ne voulait utiliser le vocable de privatisation, explique M. Romain. « On a jamais eu de privatisation sauvage en tant que tel en Haïti. Aucune des entreprises publiques n’a été concédée à 100% au privé. L’État haïtien a toujours fait en sorte de détenir une partie. Dans le cas de la Minoterie, l’État a gardé 35% et a vendu 65%. Dans le cas de la Cimenterie, l’État a concédé 60% et a gardé 40%. Dans le cas de la Natcom, le CMEP avait vendu 60% et conservé 40% à l’État », poursuit le ministre. « Dans tous les cas de figure ce que je peux dire, c'est qu'on aurait pu obtenir beaucoup d’argent si c’était un pays où le niveau de risque était acceptable. C’est-à-dire, quand on calcule le revenu sur capital pour un pays, on considère le taux d’intérêt réel du pays, le taux d’inflation et le taux de risque pour voir si cela se situe entre 22 et 24%. » Ramenant ces propos à la réalité d’aujourd’hui, Yves Romain Bastien laisse entendre que si aujourd’hui les Haïtiens n’arrivent pas à placer un Premier ministre à la tête du nouveau gouvernement, non seulement cela va avoir un impact sur la monnaie mais aussi sur le niveau de risque. Ce qui fait qu’Haïti ayant montré son incapacité à gérer sa stabilité, se retrouvera avec un niveau de risque très favorable aux crises génératrices d’instabilité. Dans le cas d’un businessman qui veut investir un million de dollars aux USA, dit-il, si ce dernier arrive à faire 100 mille dollars l’an avec un niveau de risque quasiment nul, cet investisseur n’a aucun problème à économiser ses 100 mille dollars. Tandis que si ce même businessman vient investir cet argent en Haïti, il aura besoin de 400 mille dollars pour compenser les risques d’inflation, de casse ou de cessation de fonctionnement occasionnée fréquemment au moment des roubles sociopolitiques. D’où la nécessité pour le pays de créer un climat de paix s’il veut avoir une chance de s’en sortir. Nous avons lancé le programme de privatisation parce que nous avions de sérieux problèmes d’infrastructures. Il y a un ensemble de réponses que nous voulons apporter pour pouvoir faciliter le développement économique, il faut nécessairement aménager les infrastructures nécessaires et envisager les suprastructures. Si dans le cas de la Minoterie et de la Cimenterie, la suprastructure n’était pas nécessaire mais dans le cas des télécommunications, il faut travailler sur les lois qui accompagneront le développement des TICs et le nouvel environnement des télécommunications. « Toutes les entreprises capitalisées dans le cadre de la modernisation étaient en faillite, selon Yves Romain Bastien. Qu’il s’agisse de la Minoterie, de la Cimenterie ou de la Téléco qui au moment d’envisager sa privatisation se retrouvait avec une perte de 1.5 millions de dollars par mois de paiement aux employés. Dans le cas de l’EDH qui n’a pas encore été privatisée, l’ex-cadre du CMEP affirme que c’est environ 250 millions de dollars de subvention annuelle de cette compagnie publique pendant que les employés de cette compagnie fonctionnent comme s’il s’agissait d’une entreprise en bonne santé alors qu’elle est en faillite ». Un total de 9 entreprises publiques ont été touchées par le vent de la modernisation parmi lesquelles, la Minoterie d’Haïti, la Cimenterie d’Haïti, la Téléco, l’EDH, le secteur aéroportuaire, la Banque populaire haïtienne, la Banque nationale de crédit, etc. Le directeur du CMEP estime que la privatisation de ces entreprises est une bonne chose pour le pays vu que ces dernières font partie des 11 meilleurs payeurs de taxes du pays et en outre depuis leur changement de statut on n’a plus les raretés artificielles qu’on a connues dans le temps. Dommage que ce processus de modernisation n’a pas eu la chance d’aller jusqu’au bout en raison de nombreux obstacles dressés par des groupes assez puissants du pays. Coopération Sud-Sud Longtemps tournées vers les pays développés ou les institutions financières internationales dans le cadre des échanges interculturels, de partage d’expertise ou de coopération dans des domaines bien précis, les relations d’Haïti avec d’autres pays vont connaître de nouvelles dimensions avec la reprise de ses relations diplomatiques avec Cuba et son intégration au programme PetroCaribe. Bien que signé sous le gouvernement de Jean Bertrand Aristide, la reprise des relations avec l’Ile de Cuba va connaître sa phase de matérialisation avec le gouvernement de René Préval. Cette reprise de dialogue avec la Havane va être très bénéfique aux Haïtiens sur le plan de l’éducation, de la formation et surtout de la santé. Des centaines d’étudiants haïtiens ont bénéficié des bourses pour aller étudier à Cuba dans divers domaines et principalement la santé. Aujourd’hui encore, un peu partout dans les campagnes haïtiennes, des médecins cubains prêtent leurs services à une population avide de soins de santé où l’on compte pratiquement un médecin pour chaque dix mille Haïtiens. En intégrant officiellement le PetroCaribe en 2006, Haïti a eu droit à un des programmes de coopération les plus avantageux de son histoire. PetroCaribe est un accord de coopération énergétique qui garantit à Haïti, pour environ une décennie, un approvisionnement en produits pétroliers au prix international du marché mais à des conditions préférentielles de paiement. Selon les termes de cet accord, Haïti doit une portion Cash dans un délai de 90 jours. Pour les 30 premiers jours, Haïti n’a aucun intérêt à payer. Mais au 31e jour si la portion n’est pas encore payée, un intérêt de 2% est exigé. Pour le reste du paiement, un délai de 25 ans est accordé au pays membre. Toujours selon les termes de l’accord, la portion financée, devant être payée sur le long terme, est plus importante lorsque le prix des produits pétroliers est élevé. Par exemple si le prix du baril se situe entre 100 et 150 dollars américains, la portion cash représente 40% de la valeur facturée de la cargaison et la portion financée 60%. Si le prix du baril varie entre 80 et 100 dollars, Haïti décaissera 60 % et plus tard 40 %; pour un baril se retrouvant dans l’intervalle de 50 à 80 dollars, le pays membre payera dans l’immédiat 60 % et à long terme 40%; pour un baril se situant entre 40 et 50 dollars américains, les pays bénéficiaires comme sont obligés de payer 70% en cash et les 30 % au titre de crédit. Mais quand le pétrole se vend à moins de 40 dollars le baril, les pays se retrouveront dans l’obligation de payer immédiatement leur facture pétrolière. Utilisation des fonds PetroCaribe Selon des données publiées sur le site de la Primature, la dette effective d’Haïti, cumulée jusqu'au 31 juillet 2013, payable sur une période de 25 ans est de 1 milliard 127 millions de dollars. Elle se chiffrerait à 1 milliard 522 millions de dollars si le Venezuela, suite au séisme du 12 janvier 2010, n’avait pas annulé officiellement 395 millions de dollars de cette dette. La portion financée, générée à travers l’accord PetroCaribe, est utilisée pour le financement de 186 projets de développement. Les fonds prévus pour le financement des projets font partie intégrante du budget de la République d’Haïti. Du montant de 1.316. 803.731 dollars engagés pour le financement des projets, les fonds transférés au compte du Trésor public, au 31 juillet 2013, totalisent 1 007, 288,456.43 dollars. Aujourd’hui, la dette d’Haïti au Venezuela dans le cadre du PetroCaribe s’élève à plus de 2 milliards de dollars. Ainsi, selon certains analystes, même si les ressources émanant des retombées économiques positives du PetroCaribe n’ont pas su être utilisées de façon à contribuer à une croissance équitable et durable du pays, il n’en demeure pas moins vrai que ce programme initié sous l’administration Préval/Alexis revêt un cachet bénéfique pour Haïti. La réforme agraire Comme d’autres chefs d’Etat avant lui, le président René Préval, au cours de son premier quinquennat, a tenté une réforme agraire qui, pour certains, n’avait de réforme que le nom. Plus que tout autre, l’homme de Marmelade était convaincu que l’agriculture était la clé qui doit ouvrir la porte de la croissance et du développement en Haïti. « L’année dernière, nous avons eu une croissance de 1,4% parce que l’agriculture à elle seule a cru de 3%. Cela revient à dire que si nous pouvons la porter à un niveau de productivité égale à celle de la République dominicaine (10 à 12%) cela pourrait nous conduire vers une croissance de 6% », a fait savoir le ministre des Finances, Yves Romain Bastien. Malheureusement, en limitant sa stratégie de réforme essentiellement à la redistribution des terres, il a raté une nouvelle fois comme plusieurs autres avant lui la réforme tant souhaitée. En effet, l’action centrale de la réforme prévalienne était la distribution de titres de propriété aux paysans sans terre. Car beaucoup de spécialistes étaient d’avis que pour avoir des résultats plus satisfaisants dans le domaine agricole, il convenait de confier la terre aux paysans qui la travaillent. Si d’un côté, ce choix de l’administration Préval/Smart de confier la terre à ses travailleurs s’est révélé positif en ce qu’il a quasiment résorbé les conflits terriens souvent sanglants entre les différentes contrées de l’Artibonite, mais de l’autre, il a laissé entier le problème principal de la réforme qui était de renforcer la production. L’agriculture haïtienne, telle qu’elle se présente, nécessite de grands besoins d’investissements. A l’aire de la machine et des grandes technologies, le temps de la houe, de la serpette ou de la faucheuse comme outils agricoles est révolu. Pour renforcer l’agriculture, il faut convaincre d’abord des investisseurs convaincus sur la garantie de leurs investissements. Cette garantie ne viendra qu’avec une réponse fiable à la sempiternelle question du foncier qui se pose aujourd’hui encore dans toute son acuité dans tout le pays. Jusqu’aux dernières heures de sa vie, l’ex-président Préval ne jurait que par le développement de l’agriculture et de l’agro-industrie pour booster l’économie haïtienne, a confié le ministre des Finances Yves Romain Bastien, soulignant que la plupart des gens qu’il a rencontrés avant sa mort il ne manquait pas de les entretenir de cette préoccupation. « En ce sens, je pense qu’il a voulu laisser un héritage à la postérité en encourageant les acteurs concernés à se concentrer sur la question afin d’envisager l’utilisation maximale que nous pouvons faire de nos terres dans une perspective d’amélioration de nos potentiels pour répondre aux besoins de nos populations », a précisé le ministre. Préval et la loi Hope Une des grandes victoires gagnée par le président René Preval au cours de son second mandat est l’adoption et l’application de la loi HOPE (en anglais : HOPE Act Haiti Hemispheric Opportunity Through Partnership Encouragement Act » La loi HOPE est une loi qui a été négociée par l'ex-président René Préval avec l'administration américaine en vue de permettre des produits confectionnés en Haïti de rentrer sur le marché américain sans frais de douanes. Beaucoup de lobby ont été faits auprès des autorités américaines concernées pour faciliter l’adoption et l’application de cette législation qui visait à relancer le secteur de l’industrie textile haïtienne, réduite en une véritable peau de chagrin après le départ des Duvalier. Car, sur les 150 000 emplois que comptait ce secteur au cours des années 80, il n'en reste aujourd’hui que 20 000. Votée une première fois en septembre 2007, cette loi permettait à Haïti d’assembler des textiles produits hors des Etats-Unis avant de les y exporter sans droits de douanes. Une deuxième version de de cette loi (HOPE II votée par le Congrès americain en 2008) a augmenté à 10 ans la durée des préférences données à Haïti. Selon tous les observateurs, HOPE II constituait à l’époque une opportunité d’attirer les investisseurs. Le Maillage routier Après un premier mandat dominé en partie par la réforme agraire, au cours de son deuxième mandat, René Préval allait mettre l’accent sur le maillage routier. Au cours de cette période, deux routes nationales ont été prises en compte. Il s’agit de la route nationale # 7 reliant les Cayes à Jérémie qui n’était pas encore achevée et la route reliant le Cap à Ouanaminthe. Selon les données rendues publiques par l’administration en place en 2011, en 2006, au début du second mandat de René Préval, le pays comptait 96 kilomètres de route asphaltées, lesquelles reliaient uniquement les grands centres urbains. En 2011, soit à la fin du mandat de l’ancien natif de Marmelade, le nombre de kilomètres asphaltés était de 579. De plus, par le truchement du Centre des national d’équipements (CNE), 1233 kilomètres de routes ont été réhabilitées et 390 kilomètres percées. Ces traversées concernent les communes de Cabaret-Saut-d’Eau, de Cabaret-La Chapelle et de Marchand Dessalines-Saint-Michel de Lattalaye. Toujours dans le second mandat, une emphase importante a été mise sur la production agricole. Des avancées importantes, soutient-on, ont été observées dans certaines cultures notamment le riz et le haricot. À cet effet, dans ce quinquennat, la production de riz est passée de 77 tonnes à plus de 150 tonnes et le haricot de 50 à 85 tonnes. Tout cela a été rendu possible, a soutenu l’ex-président, le 17 octobre 2011, grâce à des investissements lourds qui ont été effectués dans secteur. Sans prendre en compte l’aspect organisationnel de la question, les documents rendus publics font état de l’affectation de 267 tracteurs, 450 motoculteurs et 512 pompes d’irrigation à l’intention des producteurs. Aussi, les fertilisants ont été subventionnés a plus de 50%.
Cyprien L. Gary Jose Flécher Gérard Jeanty Junior Auteur

Réagir à cet article

Nous avons remarqué que vous utilisez un bloqueur de publicité.

Notre contenu vous est présenté gratuitement à cause de nos annonceurs. Pour continuer à profiter de notre contenu, désactivez votre bloqueur de publicité.

C'est éteint maintenant Comment désactiver mon bloqueur de publicité?

How to disable your ad blocker for our site:

Adblock / Adblock Plus
  • Click on the AdBlock / AdBlock Plus icon on the top right of your browser.
  • Click “Don’t run on pages on this domain.” OR “Enabled on this site.”
  • Close this help box and click "It's off now".
Firefox Tracking Prevention
  • If you are Private Browsing in Firefox, "Tracking Protection" may casue the adblock notice to show. It can be temporarily disabled by clicking the "shield" icon in the address bar.
  • Close this help box and click "It's off now".
Ghostery
  • Click the Ghostery icon on your browser.
  • In Ghostery versions < 6.0 click “Whitelist site.” in version 6.0 click “Trust site.”
  • Close this help box and click "It's off now".
uBlock / uBlock Origin
  • Click the uBlock / uBlock Origin icon on your browser.
  • Click the “power” button in the menu that appears to whitelist the current website
  • Close this help box and click "It's off now".