Francophonie/concert

Lokua Kanza clôture le festival du conte et de la chanson francophones

Lokua Kanza a drainé du monde sur le kiosque Occide Jeanty. Le public ivre de chansons d'amour et d'espoir a communié en Lingala, en Français et en Anglais avec le trio musical congolais. La musique n'a pas de frontière. La francophonie en sait quelque chose.

Publié le 2005-03-28 | Le Nouvelliste

Le trio musical congolais de Pascal Lokua Kanza a mis le feu aux poudres, le jeudi 24 mars, sur le kiosque Occide Jeanty, au Champ de Mars. C'est ce groupe qui a clôturé le festival international du conte et de la chanson francophones. Le lead vocal du trio, Kanza, s'est révélé un véritable animateur. Son charisme l'a fort bien servi. Avec son micro, sa voix et ses mains, il a exercé un grand pouvoir sur le public. La foule du Champ de Mars, ivre de chansons d'amour et d'espoir, chantait, hurlait, criait, voulait que le spectacle se prolonge. Quelques morceaux à succès ont été bissés. Il a enchaîné des tubes de haut vol sur le site du festival. Tubes enivrants Les tubes enivrants portaient la marque d'un arc-en-ciel de langues : anglais, français, Lingala et autres idiomes africains. Le souffle des chanteurs racés de l'Afrique, de l'Europe accompagnait ce poète. On sentait la présence de Papa Wemba, de Youssou N'Dour et de Patrick Bruel. Le festival francophone a adouci les moeurs et a ouvert l'horizon musical du grand public. La musique n'a pas de frontière. La francophonie en sait quelque chose. « Harmonisation et pacification de la société haïtienne », pour reprendre la ministre de la Culture, Magalie Comeau Denis, ne participent-elles pas à la logique de cette grande fête qui a souhaité mettre la culture dans la rue, c'est-à-dire, à la portée de tous. Des chansons d'amour et de paix ont créé un climat de tendresse sous les étoiles. Lokua Kanza chantait la douceur des nuits de Zanzibar, une île au large des côtes de la Tanzanie, une île dont les épices, comme son clou de girofle, sont très cotées sur le marché international. Dans la douceur de la nuit du festival, l'homme à la batterie, un certain Kambabelo Di Kongo, a étonné le public. Il a mué sa voix en une vraie batterie, donnant le son métallique de l'instrument qu'il joue. A l'instar des chanteurs de jazz de grosses pointures américaines, il a fait du scat, imitant d'autres instruments africains comme le balafon. C'était magique ! Le trio de Pascal Lokua Kanza a fait tâche d'huile dans la nuit de Port-au-Prince. Le public souhaite revivre ces bons moments de temps en temps. Les bonnes choses durent peu. Si les notes de musiques pouvaient continuer à rythmer les coeurs, les mots « harmonisation et pacification » deviendraient une réalité pour la société haïtienne.
Claude Bernard Sérant Auteur

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