Francophonie/contes

Paroles d'eau de source

Le griot martiniquais, Dédé Duguet, a accroché à son gosier 777 sacs de paroles pour enrichir l'imaginaire des enfants. A l'Eldorado, ces joyeuses têtes ont ri comme à cet âge on rit.

Publié le 2005-03-23 | Le Nouvelliste

################ L'Institut Français d'Haïti a pensé aux enfants. Dans le cadre de la quinzaine de la francophonie, un conteur martiniquais, Dédé Duguet, a fait la joie des enfants, ce matin à l'Eldorado. Un groupe d'écoliers venant de plusieurs établissements scolaires de la capitale ont repris les propos du griot avec gaieté : « Ye krik, ye krak, ye mistikrik, ye mistikrak. Est-ce que la cour dort ? - non la cour ne dort pas ». Le griot s'est engagé sur le chemin du rêve. Faisant office de magicien, il a mis l'eau à la bouche de ces joyeuses têtes qui riaient de bon coeur. Il disait qu'au royaume de papa Bondieu, les choses étaient faciles ; il suffisait de penser à une chose profondément pour qu'elle se réalise à l'instant même. Si l'on voulait déguster une glace à la vanille, on formait cette image dans son esprit, et l'on empoignait un bout de nuage pour que la magie s'opère. Comme dans tous les contes merveilleux où il est question de bonheur parfait de l'homme dans le ciel, celui de Dédé Duguet a la même morphologie. L'homme est chassé du ciel pour connaître des tribulations. L'humour est vivant tout au long de l'histoire qui se déploie et qui jaillit comme une eau de source. La parole de Duguet coule en créole, un créole martiniquais que les enfants découvre avec ravissement. Le créole martiniquais à base lexicale française nous rappelle ô combien la francophonie tisse un lien entre les peuples, un lien qui ne doit pas seulement se cantonner dans la magie des belles paroles du conteur. En fait, la francophonie n'est pas que littérature !
Claude Bernard Sérant serantclaudebernard@yahoo.fr Auteur

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