Vernissage des œuvres de Jean Robert Alexis à l'IERAH

Le vernissage des œuvres de Jean Robert Alexis s’ouvrira ce jeudi 16 février au local de l’IERAH/ISERSS, à la rue Duchêne, à partir de 4h p.m. Une conférence est prévue pour 1h pm à la salle de conférence de cette faculté.

Publié le 2017-02-15 | lenouvelliste.com

Le jeune artiste-peintre Jean Robert Alexis, 36 ans, réalise sa première exposition individuelle aux cimaises de la faculté de l’Université d’État d’Haïti (UEH) ouverte à l’art contemporain : Institut d’études et de recherches africaines d’Haïti (IERAH/ISERSS). Ce peintre sort de l’école d’Ismaël Saincilus dans l’Artibonite. Les touches de cet aîné décédé en 2000 dominent encore son travail. En 2012, on le retrouve à l'École nationale des Arts (ENARTS). Son art participe de l’esprit de la récupération, cher aux créateurs de la Grand’rue où il évolue. Ses toiles portent les stigmates de la contestation. Sa première exhibition publique révèle une recherche pertinente. L'artiste accentue sa peinture sur des formes de passage rituels : «Apparition et Métamorphose des dieux tutélaires». C'est aussi le thème de l’exposition. Alexis présente plusieurs facettes de la vie des Taïnos, ethnie des grandes Antilles que les colons européens vont décimer en un rien de temps. Rappelons au passage que le premier génocide a eu lieu en Haïti. Les Taïnos avaient leur mode de gestion de la chose publique. L'île était divisée en Caciquats. C'était des centres de pouvoir pour structurer le vivre-ensemble, le bien-être et la prospérité. Ce rêve, cet élan, Alexis ne l’a guère dressé de manière poétique, mais avec une fougue guerrière dans sa toile « Al lage yo nan kanal pi ba » (24x26 cm) qui provoque le mystère, l’invisible ou l’insolite. Jean Robert Alexis se réfugie dans les mystères nourris de l’apport des dieux pour écrire une autre page d’histoire. C’est, à la fois, de l’histoire ancienne, l’histoire précolombienne, l’histoire des dieux ou des divinités, l’histoire des lieux, de la mémoire, du patrimoine matériel et immatériel. Cette exposition éveille en nous le goût du paradis perdu. Comme dit le poète : « La nature est là qui t’invite et qui t’aime/ plonge-toi dans son sein. »
Wébert Lahens webblahens@yahoo.fr
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