Pour la Promotion du livre et de la lecture en Haïti

Le Livre au chevet

Publié le 2005-03-29 | Le Nouvelliste

Les campagnes de promotion du livre et de la lecture visent haut, très haut. Parfois, elles atteignent leurs cibles, mais souvent, elles les ratent. Les publics cibles ne sont pas toujours touchés ou, s\'ils le sont, c\'est très peu. Les résultats sont parfois chiches. Pourtant, il existe un secteur disponible et diversifié qui n\'est pas du tout compris ou prévu, voire imaginé dans les plans de promotion : ce sont les malades dans les hôpitaux ou les centres hospitaliers privés et, dans certains cas, dans les hôpitaux publics. Ces malades, s\'ils ont droit à la télé, dans le secteur public, c\'est, le plus souvent, grâce à leurs parents. S\'ils ont également accès à la lecture -revues, journaux ou livres isolés - encore des parents ou des amis de secours. Les hôpitaux privés, d\'une façon générale, ne nourrissent guère leurs patients. Sur le plan intellectuel. Certains m\'objecteront que ce n\'est point à leurs charges. Mais, quel plaisir de rencontrer à la bibliothèque hospitalière des amis, des connaissances ou bien d\'autres gens avec lesquels on peut échanger des idées, voire se lancer, comme n\'importe quel écrivain, dans la publication ou la littérature à cause d\'une idée qu\'on croit être neuve ou qu\'on veut partager et faire partager ! Les malades ne cessent, même sur un lit d\'hôpital, d\'avoir des rêves, des idées. A-t-on peur de nourrir, d\'engraisser leurs inspirations ? Peur de qui ? Peur de quoi ? Je rêve, un jour, de rencontrer quelques connaissances ou amis à la bibliothèque de l\'hôpital du Canapé Vert ou à sa salle cybercafé. Pourquoi n\'organisons-nous pas une journée du livre pour les patients à l\'hôpital du Canapé Vert, à l\'hôpital de la Communauté Haïtienne, à l\'Asile Français, à St François de Salle, ou à l\'hôpital de l\'université d\'Etat d\'Haïti ? Les patients ont, comme les autres, besoin de faire des recherches, des lectures, des travaux personnels. Pour les centres hospitaliers destinés aux vieillards, je suggère qu\'on y introduit des jeunes (des deux sexes) comme lecteur pour personnes âgées. Celles-ci prendraient grand plaisir d\'une séance de lecture publique ou individuelle. La lecture agirait alors comme une thérapie. Quelle eau thermale au chevet des patients !
Webert Lahens webblahens@yahoo.fr Auteur

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