Francophonie 2005

La Faculté de Linguistique Appliquée mise hors-circuit

Publié le 2005-03-18 | Le Nouvelliste

La Faculté de Linguistique Appliquée (FLA) organise la célébration de la Francophonie depuis 12 ans. Des étudiants des Universités d'Etat et privées ainsi que des professionnels ont pu bénéficier des avantages qu'offrent ses concours annuels. Aujourd'hui, la grande fête de la Francophonie est devenue une affaire nationale. « Une affaire d'Etat », titrait Le Nouvelliste. Mais à cette grande fête, l'initiateur même semble avoir été mis au rencart. De trop grands intérêts semblent être en jeu, trop grands peut-être pour la petite faculté sans grand renom du Bois-Verna. Du coup, on récupère. « On tire la couverture à soi », pour reprendre les mots du doyen de la Faculté de Linguistique Appliquée qui constate impuissant à l'accaparement de cette célébration qu'il a initiée en 1993 par des « personnes plus soucieux de tirer leurs épingles du jeu ou utilisant la Francophonie pour des questions d'intérêts personnels », souligne Pierre Vernet, doyen de la FLA. La ministre de la Culture, Magali Comeau Denis, a essayé de réparer la gaffe- ou de faire passer la pilule, c'est selon- en rendant un vibrant hommage à M. Pierre Vernet, ce dernier étant absent, lors du lancement officiel à la Primature de la « Quinzaine de la Francophonie ». « Je n'étais pas là, et pour une bonne raison : je n'étais pas invité ! » confie l'intéressé lui-même. M. Vernet accuse un certain Ministère qui manoeuvre pour s'approprier cette célébration pour des questions d'intérêts de clan. Et comble d'oubli (ou volonté farouche de mettre à l'écart), le nom de la Faculté de Linguistique Appliquée n'est même pas mentionné dans le document officiel des activités des célébrations qui s'étendront du 20 mars prochain... L'apport de la FLA à la Francophonie En 1993, alors que le concept de Francophonie ne disait pas grand-chose à grand monde, à part quelques intellectuels, la Faculté de Linguistique Appliquée, par l'intermédiaire de son doyen Pierre Vernet, prit l'initiative, voire le pari, d'organiser la célébration de la journée de la Francophonie, célébrée le 20 mars à travers le monde. Une date retenue lors d'une réunion de l'Agence de la Coopération Culture et Technique à Niamey au Niger. « Personnellement, se rappelle Pierre Vernet, j'ai beaucoup travaillé dans des espaces francophones et dans les institutions ayant pour vocation de défendre la Francophonie. « C'est ainsi, poursuit-il, que j'ai constaté qu'en Haïti, ceci n'a jamais été célébré. Donc, en 1993, dans le cadre de la Faculté de Linguistique Appliquée, j'ai pris l'initiative de célébrer la Francophonie ». Au cours de ces « festivités pionnières », quelques conférences ont été prononcées, globalement autour du thème de la Francophonie et la mondialisation, les 18, 19 et 20 mars, conférences en présence des étudiants de la Faculté, des professeurs et de quelques invités. En 1994, d'une journée, la célébration est passée à une semaine, « vu l'engouement qu'on a constaté de la part des étudiants, et d'autres personnes scolarisées », soutient le doyen de la FLA. Et depuis, à part les conférences, annuellement est organisé un concours d'orthographe destiné d'abord aux étudiants, ensuite aux professionnels, le lauréat de chacun de ces compétitions obtient un visa de séjour d'une semaine au Canada pour participer à la Dictée des Amériques organisée par Télé Québec. En outre, le programme exécuté à la FLA à l'occasion des festivités commémoratives s'est présenté comme un espace ouvert sur des possibilités énormes pour les étudiants des universités privées et publique et les professionnels de toutes les catégories de s'offrir un voyage sans frais de transport ni de séjour en France ou au Canada soit pour bénéficier d'une bourse de stage en méthodologie de l'enseignement du francais. Cependant, toute cette machine a demandé organisation et planification. En 1996, le doyen de la FLA, M. Vernet, est allé consulter M. Jean Haber à l'Ambassade de France en lui faisant la proposition de se joindre à lui pour fêter la Francophonie. Constatant que c'était une bonne idée, ce dernier a accepté et a demandé à M. André Haize, alors directeur de l'Institut français d'Haïti, de prendre en charge l'organisation des activités conjointement avec la FLA. Ce qu'il accepté. « A partir de 1996, précise Pierre Vernet, un comité conjoint est constitué de 3 personnes : moi-même, un représentant de l'Institut Français, et comme on a été contacter l'Ambassade du Canada, Louis Philippe, Premier secrétaire de l'Ambassade canadien à l'époque, Sylvestre est venu nous rejoindre ». D'autres institutions telles que le Ministère de la Culture, de la Planification, de l'Education et des Affaires étrangères auraient été tout simplement invitées par les initiateurs desdites célébrations. A partir de 1996, une célébration commune voit le jour avec la France et le Canada, les Ministères sus-cités comme invités ainsi que des pays comme la Suisse, la Belgique et le Benin. « En lançant en Haïti la célébration de la Francophonie, commente M. Vernet, on a voulu créer un espace de solidarité et créer un réseau de relations tant au niveau national qu'international. « Nous avons voulu, souligne-t-il, qu'il y ait une participation active de tous les partenaires et non une hiérarchie verticale avec un directeur, un président, un secrétaire général, car ce serait bloquer une dynamique où chaque institution apporte, quelques mois à l'avance, ce qu'elle a et nous mettons en commun en nous arrangeant pour qu'il n'y ait pas de chevauchement entre les activités». « Or depuis quelque temps, déclare Pierre Vernet, nous avons constaté des anomalies: des réunions se font sans procès-verbal, ou des réunions parallèles se font sans que des institutions partenaires soient invitées ». "Par ailleurs, révèle-t-il, on a même tenté d'exclure un représentant de la Faculté de Linguistique Appliquée au cours de l'une de ces réunions sous prétexte qu'il n'avait rien à faire là." « Bref, nous avons observé que certaines institutions essayent de tirer la couverture à eux. Ce qui est de nature à casser la dynamique que nous avions voulu défendre », conclut le doyen de la Faculté de Linguistique Appliquée en pointant du doigt certaines institutions qui essayent d' écarter l'institution qu'il dirige de la célébration de la « Quinzaine de la Francophonie » afin d'avoir le monopole. « Beaucoup de gens ne comprennent pas que nous le fassions bénévolement. Certaines institutions qui se sont débrouillées pour avoir de l'argent en profitent pour nous écraser », s'indigne Pierre Vernet. La Francophonie serait-elle devenue un gros gâteau à se partager où tout un chacun essaye d'avoir la plus grosse part ? La question est à l'ordre du jour. Ou de la quinzaine de la Francophonie.
Jonel Juste joneljuste@lenouvelliste.com Auteur

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