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Patrice Neveu démission ou protestation?

« Je laisse donc à regret une Sélection Haïtienne, votre Sélection, à la 73e au classement de la FIFA, 5ème de la CONCACAF, et vous souhaite à tous bonne chance pour les rencontres à venir ». Un coup d’éclat (Haïti bat Jamaïque 2-0) sur les 14 occasions qui lui étaient offertes et Patrice Neveu laisse les Grenadiers orphelins évoquant l’absence de moyens adéquats pour remplir sa mission. Le bail de deux ans n’aura peut-être pas touché à son terme.

Publié le 2016-12-28 | lenouvelliste.com

Démission ou protestation ? Patrice Neveu est partie en laissant la presse haïtienne dans l’interrogation quant à la manière de percevoir ses adieux à la sélection. Pourtant l’avant-dernier paragraphe de sa note pourrait être perçu comme une démission, mais lundi soir encore, le Français avançait par whatsapp que jamais, jamais, jamais, il ne démissionnerait. Mercredi, dans une intervention sur un groupe officiel de la Fédération haïtienne de football, le président de la fédération reconnait devoir 4 mois de salaires au technicien français tout en avouant lui avoir donné la garantie formelle qu’il recevrait son argent et croit que le départ de Patrice Neveu, comme il le fait, serait un choix fait par ce dernier pour recourir à la justice afin de rentrer dans ses sous. Un fait prévu Déjà, lors de son intronisation, un confrère, Peterson Légu Alexandre, avait évoqué cette possibilité en se référant au curriculum du sélectionneur, une remarque qui avait provoqué la colère du président de la Fédération haïtienne et que le sélectionneur avait perçue comme une provocation, un signe d’hostilité. Un entraîneur mal dans sa peau Ce premier contact avec la presse a eu le don de mettre le sélectionneur mal dans sa peau. Depuis, il n’a jamais su convaincre les fans du football haïtien, ni dans ses interventions et dans ses choix sur le terrain. Certains ont même été dans le pedigree du sélectionneur pour questionner le choix de la fédération, car s’il avait eu sa moyenne (12 victoires pour 24 matchs dirigés avec la Mauritanie, la République Démocratique Du Congo et la Guinée) on s’inquiétait de ses choix tactiques. Cependant, les dirigeants du football haïtien, ayant laissé croire avoir étudié son dossier qu’ils trouvaient en parfaite adéquation aux besoins de la sélection nationale, avaient convaincu les uns et les autres qu’il fallait lui laisser sa chance. Un effet de primauté endormant Contre le Panama en janvier, Neveu réussissait son entrée en qualifiant Haïti pour la Copa America. L’effet de primauté qui endort un peu les inquiétudes des uns et des autres. Mais il n’a jamais su positiver cet effet de primauté qui s’est dégradé au fur et à mesure. D’abord avec le nul obtenu au stade Sylvio Cator contre Panama avec un jeu frileux, sans audace et sans aucun risque pour l’adversaire. Au Panama, sa formation a montré plus de vivacité mais s’est quand même fait piéger 0-1. La suite ira decrescendo dans l’esprit des fans de football jusqu’à ce coup d’éclat à Kingston, en septembre, où Haïti s’est imposée 2-0 aux dépens de la Jamaïque pour éviter la dernière place du groupe (3e derrière le Panama et le Costa Rica). Les deux dernières rencontres qu’il a dirigées ont été tout simplement cauchemardesques. Menant 2-0 au stade devant la Guyane française, le public a bu la coupe jusqu’à la lie en voyant leur sélectionneur rester sans réaction pendant que leurs héros encaissaient 5 buts d’affilée et sortir d’entrée d’une Coupe caribéenne des nations dont ils étaient 3e en 2015 et en 2013 sans pour autant satisfaire le public. La qualification en prolongation pour les barrages de la Gold Cup 2017 a suffi pour lui mettre le public à dos. Son problème de communication fait le reste Patrice Neveu a peut-être une volonté de communiquer mais laisse l’impression d’avoir été victime de quelque chose qu’il essaie toujours d’éviter. Aussi, toujours sur la défensive, sa communication devient mauvaise et parfois, il laisse l’impression d’être d’une très grande susceptibilité. Par exemple, quand on lui demande lundi soir via whatsapp si sa décision de ne pas être avec la sélection nationale est une démission ou un signe de protestation, Neveu répond : Démission ! Jamais !!! Jamais, Jamais !!! Ni protestations !!! » Pourtant l’avant-dernière paragraphe de sa note de mise au point avance : «Je laisse donc à regret une Sélection Haïtienne, votre Sélection, à la 73ème au classement de la FIFA, 5ème de la CONCACAF, et vous souhaite à tous bonne chance pour les rencontres à venir ». Quand on lui demande, s’il n’est pas là-bas, qui a choisi les joueurs de la liste qui part en stage et en fonction de quel projet ? « Vous n’avez pas été tendre avez moi ! », répond-il, comme si la question en soi était une persécution. Quand un sélectionneur reconnaît ne pas connaître les joueurs en forme relevant du pays dont il dirige la sélection, quand il avoue ne pas choisir ceux qui composent sa sélection, c’est tout dire. Le reverra-t-on ? Seule l’histoire le dira. Par son discours, il laisse croire qu’il souhaiterait réaliser quelque chose avec cette sélection pleine de potentiels. Alors que c’est avec un ouf de soulagement que les fans de la sélection nationale accueillent son départ


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