Dialogue National/ Executif/ MINUSTAH/ PNUD

Les non-dits de l'accord

Le dialogue national que le PNUD et la MINUSTAH veulent gérer ne sera pas inclusif comme le prétend le document d'accord. Le CNHS prône une conférence nationale haïtienne souveraine.

Publié le 2005-03-10 | Le Nouvelliste

Le Collectif pour la Conférence Nationale Souveraine (CNHS) s'insurge contre la communauté internationale dans un document qui analyse le contenu du projet d'appui au dialogue national en Haïti qui engage le gouvernement de transition de la République d'Haïti, la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH) et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Le projet qui porte sur des problèmes stratégiques dont la solution permettrait de mettre fin au cycle des crises du pays a fait l'objet d'une conférence de presse à l'hôtel le Plaza, Ce jeudi 10 mars. Le coordonnateur technique du CNHS, le professeur Amary Joseph Noël, a analysé, à travers un document, « Les non-dits de l'accord intervenu entre le gouvernement haïtien, la MINUSTAH et le PNUD ». Il a souligné que l'objectif du Collectif pour la Conférence Nationale Haïtienne est, d'une part, de respecter le choix stratégique fait par l'organisation de recourir à l'approche scientifique pour toute décision qui intéresse les questions socio-politiques haïtiennes et, d'autre part, de rester fidèle à la mystique de ses 220 membres fondateurs «Etre artisans de la paix véritable dans le pays ». Tenant toujours à son document, le professeur Noël dénonce le projet en ces termes : « Non seulement l'initiative telle que conçue risque d'anéantir les adhésions diverses faites au processus de réconciliation nationale, mais encore, elle menace de faire rater à la nation haïtienne sa seule chance de survie ». Un Projet passé au crible Le porte-parole du Collectif a décrit les tendances du contenu et identifié les intentions et autres caractéristiques des auteurs du document de Projet d'appui au dialogue national afin de mettre en lumière leurs intérêts. Les concepts utilisés par les auteurs ont été passés au crible. La place de l'international, il ne le voit pas d'un bon oeil : « La MINUSTAH et le PNUD, organisme de coopération à qui la résolution 1542 du Conseil de sécurité des Nations Unies a donné mandat d'appuyer un processus de dialogue s'érige en donneur de leçons». Le collectif ne s'est pas contenté d'analyser le contenu du projet, il a aussi décomposé les postes des rubriques faisant partie du budget de ce projet : A- L'accord ne porte pas sur 1.700.000 dollars US mais bien sur 450.000 dollars puisque 1.250.000 dollars sont à mobiliser. B- Les montants prévus pour l'ensemble des unités plurielles haïtiennes (groupe de travail, comité technique, coordonnateur, consultants nationaux = US $ 90.000 soit 20% du total. C- Un conseiller technique international = US $ 90.000 D- Les consultations internationales absorbent US $ 60.000 soit 13,33% du montant global disponible. Pour le Collectif, le dialogue national que le PNUD et la MINUSTAH veulent gérer ne sera pas inclusif comme le prétend le document d'accord. En lieu et place de ce projet qu'il qualifie d'antinational, il propose une conférence nationale souveraine qui suppose l'intervention de l'Etat dans ses structures les plus élevées et sa représentativité la plus haute : le Président de la répubique qui incarne ce pouvoir. Le collectif veut faire de cette conférence nationale un lieu de multiples dialogues, une quête de transformation en profondeur de la réalité nationale.
C.B.S Auteur

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