PNH/ Minustah

"Nous sommes condamnés à travailler ensemble"

Publié le 2005-03-09 | Le Nouvelliste

Le Conseil supérieur de la Police nationale présidé par le Premier ministre Gérard Latortue et le chef de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti, Juan Gabriel Valdès se sont réunis, hier mardi, en vue d'apporter certaines clarifications sur les rapports existant entre les deux forces de sécurité. Le chef du gouvernement, qui s'exprimait au cours d'une conférence conjointe avec le chef civil de la mission onusienne, a mis l'accent sur "l'entente et la sérénité dans les relations entre la MINUSTAH et l'institution policière". Cette conférence conjointe, a souligné Gérard Latortue, démontre que les relations ne sont pas aussi mauvaises qu'on le prétend. La mission des Nations Unies et la Police nationale, dit-il, continuent de travailler pour une plus grande sérénité au bénéfice de la population. Le responsable de la mission internationale a, pour sa part, exprimé la volonté de ses hommes de troupe de travailler de concert avec les membres de l'institution policière. Juan Gabriel Valdès qui reconnaît que "certains problèmes devraient être résolus en privé au lieu de les étaler dans la presse", a renouvelé l'engagement de la MINUSTAH d'apporter un "appui plus fort à la PNH et à travailler à l'amélioration des conditions de travail entre les deux forces". Le ministre de la Justice et de la Sécurité publique du gouvernement de transition, Me Bernard Gousse, qui participait à la conférence de presse, estime que la force internationale de maintien de la paix doit travailler en coordination avec la PNH. Les problèmes, dit-il, doivent être résolus de façon amicale et dans le respect mutuel en évitant de tomber dans un climat de confrontation. "La préparation de la sécurité des élections ne peut pas se faire sans la PNH qui doit être indépendante et professionnelle", a indiqué Me Gousse cité dans une note du bureau de communication de la "Primature". "La MINUSTAH ne peut pas remplacer la PNH, mais l'appuyer", soutient le ministre de la Justice et de la Sécurité publique qui a dénoncé, quelques jours avant, cette mission qui a "outrepassé son mandat". L'Ambassadeur Valdès, en effet, s'était montré très critique contre la Police nationale qui a brutalement dispersé une manifestation des sympathisants de l'ancien président Aristide, le 28 février dernier. Juan Gabriel Valdès n'avait pas écarté la possibilité d'utiliser la force si les agents de la police nationale continuaient de tirer sur la population. Les porte-parole de la Police nationale, de la MINUSTAH et du CIVPOL, eux aussi ont rencontré la presse, comme pour montrer une certaine harmonisation des forces de sécurité. Une conférence qui a failli se transformer en un dialogue de sourd entre Jessie Cameau Coicou et certains journalistes. Mme Coicou dément qu'une patrouille de la PNH qui devrait sécuriser une manifestation des militants Lavalas au Bel-Air, a été empêchée la semaine dernière par les Casques bleus de l'ONU.
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