Dans la splendeur d'un week-end aux Cayes

On ne retrouve pas aux Cayes ces piles d'immondices étalées à chaque coin de rue comme à Port-au-Prince. L'électricité n'est pas une denrée rare comme à Port-au-Prince. Habitants et visiteurs ne vivent pas dans la crainte des bandits armés comme à Port-au-Prince. Passé un week-end aux Cayes, dans le sud du pays, c'est vivre dans la splendeur d'une ville propre, éclairée, tranquille et accueillante.

Publié le 2005-03-08 | Le Nouvelliste

Deux cents kilomètres séparent Port-au-Prince de la ville des Cayes. Cette distance épargne peut-être la cité d'Antoine Simon des malheurs de cette capitale tombée en décrépitude. Les Cayens ne connaissent pas les détonations des armes automatiques qui arrachent la paix dans le coeur des Port-au-princiens. Si la majorité des habitants de la métropole du sud ne sont pas des couche-tard, ce n'est pas en raison de l'insécurité. La ville des Cayes a été, depuis toujours, une oasis de paix avec une population des plus accueillantes. Nature, charme et hospitalité des Cayes Un paysage verdoyant s'étendant sur plusieurs kilomètres ouvre les portes de la ville des Cayes. L'écrivain Gary Victor, en y entrant le samedi 5 mars, s'est exclamé : quelle verdure ! Quel charme ! Comparant les Cayes à Jacmel, l'auteur de ''A l'angle des rues parallèles'', a déclaré que la première, avec ses rues larges et bien tracées, l'hospitalité des habitants, est probablement la plus belle ville de la côte sud. Le créateur d'Albert Buron, qui ne s'était pas rendu aux Cayes depuis près de 6 ans, s'est dit étonné que la ville ait pu garder tout son charme, malgré l'état de dégradation des structures des principales villes du pays. Il s'est promis d'y revenir et même très souvent. Quant à l'artiste peintre, chroniqueur et romancier Pierre Clitandre, qui s'y était rendu pour la première fois, le tableau est tout à fait captivant. Il loue l'hospitalité des habitants, leur joie de vivre et la soif de lecture des jeunes. Notre collaborateur Claude Bernard Serrant qui a fait le voyage sur les ailes de la Caribintair, décrivant la beauté de la nature entourant la ville des Cayes, a parlé de « chapelet d'iles sculptée par un artiste de premier rang dans une mer turquoise pouvant charmer le plus exigeant des amants de la nature ». Dès sa descente de l'avion, le journaliste n'a cessé de raconter aux voyageurs, qui ont vécu le même spectacle que lui, la poésie, l'esthétique et la majestuosité de la côte sud qui est, selon lui, l'un des plus beaux endroits d'Haïti. Charmé et conquis, il s'est lui aussi promis de refaire l'expérience de visiter la côte sud d'Haïti, notamment la ville des Cayes. Livres en liberté aux Cayes : un grand succès Gary Victor, Pierre Clitandre, Beaudelaine Pierre Dorélien, Verly Dabel, Christophe P. Charles, Clausel Midy ont été accueillis comme des rois et reine à l'occasion de la première édition de la foire du livre dans cette ville : « Livres en liberté 2005 ». Cette initiative du poète Clément Benoit II, a vu le jour au Limbé en 2002, à la Bibliothèque Georges Castera, fondée grâce au concours financier de la Fondasyon Konesans ak Libète (FOKAL). Pour marquer le centième anniversaire du Rotary Club, la cellule des Cayes, en collaboration avec la Secrétairerie d'État à la Jeunesse, aux Sports et à l'Éducation Civique (SEJSEC), la Mairie de la ville et plusieurs institutions de la ville, comme la Caribintair, Top Model Shop, la Pharmacie du Peuple... a drainé plusieurs centaines de jeunes et d'adultes à l'École Normale des Cayes, le dimanche 6 mars, de 10h jusqu'à 17h. Les auteurs venus de Port-au-Prince accompagnés d'un poète de la ville, François Mathurin Simon, sont sortis de la foire "Livres en Liberté" avec le sourire aux lèvres. Beaucoup de livres ont été vendus, dépassant largement les espérances des auteurs en signature. Divers journalistes, des médias de la ville, ont fait le déplacement pour couvrir l'événement qui a mobilisé l'attention de toute la cité. Le président du Rotary Club des Cayes, M. Jean Robert Carrié, qui s'était livré corps et âme, comme Clément Benoit II, dans l'organisation de cette activité, s'est estimé très comblé de la réussite de "Livres en Liberté 2005" dans sa ville et est déjà impatient quant à la réédition de la foire du livre et de la culture l'année prochaine. Le Maire de la ville des Cayes, M. Michel Paris, a qualifié la foire du livre d'événement sans précédent qui doit d'être renouvelé annuellement. Partir, malgré eux N'étaient les obligations professionnelles et familliales, tout ce beau monde qui a fait le déplacement pendant ce week-end aux Cayes, y aurait prolongé son séjour. Parlant de la présence des casques bleus dans cette ville, où ils circulent pratiquement à pieds et très peu armés, un des visiteurs de la ville a précisé qu'il est injuste de traiter de touristes les soldats onusiens cantonnés à Port-au-Prince, les « tourista » sont les Uruguayens déployés aux Cayes. Car, pour cette ville, il est certain qu'il n'y a rien à stabiliser, indique-t-il. Sinon, ajoute-t-il, la sacoche des propriétaires des supermarchés ou des chics restaurants.
Gaspard Dorélien gaslovery@hotmail.com Cayes, Département du Sud Auteur

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