Pour que vive la femme haïtienne

Publié le 2005-03-08 | Le Nouvelliste

Dr. Camille D. Sylaire Bilan et Perspectives La gent féminine haïtienne, majorité silencieuse, veut plus que jamais et à tout prix « s'affirmer » ou « se confirmer » à l'instar de ses semblables de l'hémisphère nord. Et s'il faut utiliser le jargon psychanalytique cher à la masse intellectuelle féminine, la femme haïtienne d'aujourd'hui est « très mal dans sa peau », en dépit de toute la force de conviction et de détermination que lui reconnaît la grande histoire. Le groupe représentatif du genre semble retrouver le profil exact, l'expression adéquate, la formulation juste des besoins socio-économiques et culturels spécifiques de la multitude. Il est vrai aussi que certains mouvements féministes bifurquent bien souvent- à l'escargot- de leur propre réalité pour se diviser anarchiquement en groupe de pression d'un cénacle oligarchique d'intérêts. Cette situation déplorable, voire avilissante pour la femme haïtienne, a pour origine profonde l'incurie et la corruption ordinaires et propres à tous les gouvernements du genre que Haïti continue de connaître jusqu'ici. Car il est vrai que la majorité des femmes promues ou nommées sont tirées des draps pour s'improviser « cadres de l'Administration ou du Pouvoir Politique ». Cela se passe pareillement parfois pour le sexe opposé, certes, mais la logique des choses exige que toute personne promue ou nommée devrait normalement être apte en capacité, formation, expérience et compétence, à assumer son poste ou sa fonction. Et c'est le « bon combat » que mène la fraction saine et militante de la gent féminine actuellement contre toutes les « faveurs » qui proviennent soit du népotisme, de la performance des entrecuisses (ou de la chance occulte tout simplement). Continuité dans la discontinuité : Constat obligé La foi est en crise, la morale est en crise, l'économie nationale est en crise, la société toute entière est en crise. Crise gigogne ! « Crise gigogne !» et la brave femme haïtienne continue de jouer le bouc émissaire, permettant ainsi la progression, multiplication/gigogne vers la grande crise dite politique mais qui ne sert qu'à garantir, à l'analyse, les intérêts de certains cénacles oligarchiques d'intérêts. Il faut que ce jeu cesse !... Car il faut que la femme haïtienne en lutte s'inspire du combat des aînées en jouant son vrai rôle, pour sa promotion sociale réelle, en vue de son épanouissement total en tant que citoyenne, professionnelle épouse, mère et éducatrice. La femme, dans la société haïtienne, ne doit plus être considérée comme un symbole d'opposition mais de juxtaposition. Elle a sans conteste des besoins inhérents au processus de son épanouissement harmonieux. C'est pourquoi, le progrès social de la femme doit se trouver au centre des préoccupations de tout pouvoir progressiste qui doit la considérer- et à juste titre- comme le moteur de la FAMILLE-NATION qu'elle dirige péniblement vers le développement national cohérent. Il faut, pour ce faire, sans hiatus, un recours à nos bonnes traditions collectées, pour aboutir sans délai à une réforme profonde dans nos structures mentales, afin de balayer pour toujours toutes les tendances délétères institutionnalisées, à bon escient, pour miner l'âme de l'haïtien, déformer sa conscience et le zombifier. Misogynie et Phallocratie Afin de parvenir à éviter à la femme haïtienne les retombées habituelles inhérentes à ces pratiques homo et hétérosexuelles (harcèlement sexuel, inversion, perversion, prostitution, proxénétisme, viol, délinquances sénile et juvénile, etc.) il faudrait que l'État mette en place des mécanismes qui garantissent à la femme haïtienne la jouissance absolue de ses droits et la latitude d'accomplir ses devoirs de citoyenne. • Contrôle de la sécurité de l'emploi pour la femme • Protection des intérêts de l'épouse en cas de divorce, séparation ou décès de l'époux • Protection des mères seules et des veuves (familles monoparentales) • Recours sans complaisance pour non-paiement par le père de la pension alimentaire • Protection des femmes battues et maltraitées par leurs conjoints • Peine maximale pour tout auteur, co-auteur ou complices de viol perpétré sur la personne d'un mineur, garçon ou fille • Reconnaissance légale du travail des épouses-ménagères, des femmes de commerçants et d'exploitants agricoles. • Déduction des impôts de la femme employée d'un montant forfaitaire pour la garde des enfants de zéro à cinq ans. Pour La Connaissance Des Droits Et Devoirs De La Femme, Il Faudrait : a) Vulgariser sous forme de réunions, colloques, conférences-débats, rassemblements populaires, etc. les droits et les devoirs ainsi que tous les avantages accordés et reconnus par la loi aux femmes et aux enfants en Haïti. b) Récolter des témoignages adéquats dans tous les secteurs de la vie nationale ou oeuvrent les femmes en créant une structure pyramidale pour la vulgarisation, la sensibilisation, l'animation et la propagande. c) Créer un COMITÉ DE CONSEILLÈRES dans chaque entité ou collectivité politico-administrative dont l'ensemble composerait une Commission Nationale pour la Protection des Droits de la Femme et de l'Enfant qui aurait pour organe la Revue Nationale de la Femme et de l'Enfant. Cette revue pourrait être financée par la mobilisation des secteurs privé/public, des organisations internationales spécialisées, des Confessions Religieuses, etc. (Il est bon de noter en passant que la « démission » des Confessions Religieuses de la tâche fondamentale de toute Église selon les écritures est à l'origine de cette profonde « Crise de la Foi et de la Morale » que subit encore la société haïtienne avec toutes les retombées constatées régulièrement en crescendo). d) Élaborer des émissions radiotélévisées qui témoigneront de l'idéal de grandeur absolue de la femme haïtienne au sein d'une nouvelle société haïtienne. Ainsi, intégrée à fond dans toutes les structures sociales, économiques, administratives, culturelles, morales, familiales, etc., chaque citoyenne- tout comme chaque citoyen- de la nouvelle société haïtienne égalitaire pourront clamer à la face du monde que Haïti est un pays indépendant et souverain, pauvre certes, mais riche en amour et en générosité (sans calcul)... et où il fait bon vivre !... BONNE FÊTE, FEMMES HAITIENNES ! 8 mars 2005
Dr. Camille D. Sylaire Auteur

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