Faubert Bolivar : « Un homme est passé par là »

Publié le 2016-10-24 | lenouvelliste.com

La poésie a déserté la ville des poètes. La nouvelle la plus terrifiante de ce mois d’octobre : le cyclone Matthew a chassé la rencontre des poètes pour la sixième édition du festival de poésie à Jérémie. Pourtant, le poète Faubert Bolivar l’a rappelé à la tempête : « Une pierre est tombée, un homme est passé par là. » Qui est-il cet homme qui jette le gant à la tornade ? Quelles gammes mobilise-t-il ? Abordera-t-il le combat en do ? sol ? Ou bien, un ton plus bas, en creux ? Tout bonnement, composer des charmes, des poèmes, dans le même sens que Paul Valéry : pour envoûter la tempête. Comme des adeptes font monter des incantations à leurs dieux. L’art poétique de Bolivar navigue dans les profondeurs de l’amour. Comme un Paul Éluard. Sa poésie s’arme de sentiments pour étendre les vœux de l’amour: « C’est une belle chose que l’amour, mais pas toujours derrière les portes, ces bois morts au goût de pierre ! » Comme du soleil, l’amour a éclaté sous sa touche et a produit des fruits doux, parfois moelleux. Un «Soleil coupé» aux dires d’Aimé Césaire : « C’est une belle chose qu’est l’amour Ses fruits sont des lots de soleil Tout autour de la terre » Mais l’amour que vénère le poète se nourrit sous les bois, en pleine nature : « Tel un bois qui s’ouvre sur un chemin détourné A tourner sur ma gangue et ma rage casanière Oh, comme le ciel est sans espoir Car, rarement le bleu s’égrène Au pas des portes ! » Faubert Bolivar chante un autre tempo de l’amour. Un amour qui, sans fausse note, illumine la vie : « La mort du matin est délicieuse Lorsqu’elle laisse vivre » Sa poésie se fait captive. Elle touche davantage les fibres du lecteur et revendique «le droit d’aimer» : « Je descends d’un captif nommé Bazou Qui n’avait pas le droit d’aimer. En mon cœur gonfle tout l’amour interdit des captifs Je t’aime d’un amour qui gonfle, qui gonfle et qui gonfle » Dans sa génération, Faubert Bolivar a construit une poésie qui le rapproche des chantres de l’amour, de l’humanisme. Divisé en trois parties : a-Dos, b- Creux et c- 3.1, son recueil, « Une pierre est tombé, un homme est passé par là », dit l’histoire de la folie d’amour, sans parvenir, comme le maître de l’esclave Bazou, à commander l’amour. Le poète revendique l’amour sur sa terre. Pour tous ceux qui, abandonnés, y vivent.
Wébert Lahens webblahens@yahoo.fr
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