Par Pradel Henriquez
Je suis en train de constater que la République d'Haïti, aujourdhui, en 2016, importe tout, et importe même l'homosexualité. Exactement, comme on importe les pâtes dentifrices de Madagascar, j'ai vu cela un jour au marché public, vu de mes yeux vu, ce qui s’appelle vu... Made in... Comme on importe les oeufs et les poulets dominicains. Comme on importe le riz américain, taïwanais ou chinois. Comme on importe aussi, tout ce qui est produits électroniques, ou encore, produits généraux. Comme on importe enfin même le sucre, dans un pays qui, pourtant, a bel et bien une histoire, une tradition de productions sucrières actives et qui exportait d'ailleurs son sucre à travers le monde, avec, entre autres, son cacao, son indigo , son vétiver...
Haïti ne produit absolument rien, en fait, depuis les 40 dernières années, pas d'investisssements, ni privés, ni étrangers, car nous les chassons tous les jours, avec notre indiscipline viscérale, notre mentalité de hors-la-loi, nos comportements de voyoux, et nos violences sociopolitiques. Nous les tuons dans l'oeuf, ces investissements privés ou publics. De sorte que ces jours-ci, notre jeunesse, notre classe moyenne, les élites en général, ont été mises à genoux. Économiquement donc, que nous reste- t-il pour vivre, comment un (e) jeune peut- il vivre... sinon que se/nous prostituer individuellement et collectivement. Bref, nous finissons par importer jusqu’à l'homosexualité en définitive, sans le savoir peut- être , parce que, par exemple, l'argent qui sert à financer nos événements culturels homosexuels et citoyens, quant à l’épanouissement de nos propres pratiques sexuelles, cet argent-là, lui aussi, provient de l'étranger qui a sa petite vision des pratiques homosexuelles comme d'une pratique relevant de la liberté individuelle, des droits humains, intimes, inaliénables, quand nous, en Haïti, on en est à près de 50% de ce peuple qui vit encore aujourd’hui, en septembre 2016, sans accès à l'eau potable représentant un droit basique, primaire, par excellence.
Qu'est-ce que l'homosexualité? C’est l'amour (lit-on), c'est l’attirance (lit-on) , et/ou la pratique de relations sexuelles entre deux personnes du même sexe. C'est un phénomène naturel ( à la limite), on ne saurait l'importer, ni l'imposer à une société, ou à un individu, de sorte que l'homosexualité peut être vue comme un choix, une conviction, un sentiment, en ce sens, personne ne peut, ne doit être inquiétée pour son choix, sa conciction, ses sentiments. En Haïti, la question homosexuelle relève essentiellement d'une problématique économique, en particulier depuis les 15 à 20 dernières années. Une amie, avant 2010, soit avant le séisme , m'avait confié qu'il existait alors une enquête réalisée dans un milieu (que je me garde ici d'identifier pour ne pas l'indexer) important de chez nous, et qui révèle que sur chaque 4 jeunes filles, il y avait trois 3 lesbiennes, et qui ont avoué aux enquêteurs qu'elles versaient dans la pratique homosexuelle afin de pouvoir payer leurs études. L'enquête a dû être bloquée , elle n'a jamais été rendue publique, car c'était un scandale comme découverte, selon mon amie que je n'ai malheureusement plus revue, hélas, au lendemain du séisme massacreur...
Puisque, entre nous, c'est une question culturelle , en fait, les pratiques sexuelles, pas besoin d'être anthropologue pour le savoir, et qui relèvent en réalité des moeurs, des traditions d'un pays. Entre liberté sexuelle et État de droit, on vit sa vie sexuelle parce qu’on est libre, ce qui fait qu’on n’a pas besoin de l’autorisation des autres pour être libre, autant que on n’a pas besoin d’afficher sa vie sexuelle, intime, au regard des autres. On est dans une culture haïtienne où même un couple marié n’ose s’embrasser en public sur les lèvres. C’est au carnaval traditionnel qu’on se défoule…Il est clair en définitve que ces moeurs peuvent évoluer et varier d'un temps à un autre, d'une culture à une autre. La culture étant dynamique. Les experts en la matière le reconnaissent. Ce qui veut dire qu'une société, une collectivité, une communauté, peut aisément passer, par exemple, d'une pratique sexuelle donnée à une autre. Il est connu en Haïti, que les pratiques homosexuelles étaient jusque dans les années 80 à 90, apparemment, l'affaire d'une certaine classe sociale et économique, l'affaire aussi d'une certaine classe intellectuelle qui a beaucoup voyagé et qui a évolué en termes de moeurs. De nos jours, j'ai besoin de comprendre si un homme qui couche avec un autre homme pour de l'argent , c'est cela l'homosexualité. Une fille qui se fait payer ses études, faute de moyens financières, et qui est obligée, en retour, de se prostituer avec une autre femme, est- ce que cela c'est de l'homosexualité. Une patronne qui couche des jeunes filles pour pouvoir leur donner un emploi quelconque, tandis que travailler est un droit sacré, si cela c’est de l’homosexualité? Un homme qui est violé par un autre homme, ou par d’autres hommes, dans une société d'injustice, est- ce que c'est de l'homosexualité cela? Je sens qu'il y en a qui parlent d'homosexualité à promouvoir, tant ici, en Haïti, que dans les mileux internationaux, et qui la confondent, cette homosexualité, avec la prostitution sexuelle la plus dégoûtante, la plus humiliante actuellement. Voire qu'ils n'ont aucune conscience de qui se vit réellement chez nous, ces jours -ci, dans les ghettos , les bidonvilles, ou même dans la paysannerie traditionnelle qui a vu son mode de vie basculer, du jour au lendemain.
Un matin d'avril 2011, on m'appelle au téléphone, pour me dire de brancher radio Vision 2000, qui parlait de moi, en présence du journaliste Valéry Numa, à l'Invité du jour, et c'est là que j'ai appris que moi, personnellement, j'étais homosexuel...loll. C’est le grand paradoxe. Comment la presse dans notre pays peut- elle être celle qui, à sa manière, indexe les homosexuels, vrais ou faux (dans mon cas, c'est faux et c'était faux, en outre, c'était du charabia médiatique que punissent absolument les lois haïtiennes), pratique la discrimination quand elle veut contre cette pratique sexuelle dans sa définition de sentiment personnel déja (amour , attirance...), en dehors , je veux dire, de toute forme de corruption, en dehors de toute forme de prostitution sexuelle (qui est le contraire même de l'homosexualité), et espérer que la tolérance, quelle qu'elle soit, peut prendre pied dans un pays pareil? J'ai vécu en Europe, comme j’aime toujours le dire, et durant tout mon séjour d’études, mon camarade de chambre qui avait toujours été pour moi un véritable complice, à l'époque, me révèlera le jour de notre séparation, à la fin du cycle d'études, qu'il était … "homosexuel". Alors que, par moments, son comportement pouvait attirer mon attention sur tout cela...j'étais dans les nuages...
Je vis dans les nuages parfois, un peu comme ce poète extraordinaire du XIXe siècle francais, Charles Baudelaire, le père de "l'Albatros". Et, ainsi, je n'ai que faire des gens , avec leurs petites moeurs, leurs moyennes moeurs, et leurs grandes moeurs. Morales ou immorales. Ce n'est jamais à moi de juger les autres. D’autant que moi,, je me sens libre d’exister, et je reconnais autant aux autres ce droit à la liberté la plus farouche. C'est une résultante en fait, des progrès universels, sociaux, techniques et technologiques, C'est une dynamique sociale et culturelle, c'est un train en marche et personne ne pourra plus désormais bloquer la marche du temps. Personne, ni moi, ni un autre différent de moi…
Aujourd’hui, je vis dans une société où l'on fréquente quotidiennement des homosexuels (le) s et qui refusent de s’assumer. Ils savent pourquoi. En ce sens, la question culturelle, encore elle, reste et demeure un code sacré, inviolable, intouchable. À côté de notre nature profonde de bluffeurs menant constamment une double vie, en tout, et partout (vie privée/vie publique, vie de trottoirs/ vie de chambre), à côté aussi, du marronnage que nous avons toujours cultivé comme valeurs, ou mode de vie, à quel droit peut- on aspirer si l’on n’est pas libre en soi? Et qu’il faudrait rester moral même dans l’immoralité, préjugée, supposée. Mais, comme historiquement, par ailleurs, le Blanc nous a toujours servi de bouc émissaire, de porte-parole, voire, de promoteur (André Breton, André Malraux…), sur des sujets divers, y compris quand notre culture en avait besoin, aujourdhui, certains secteurs font appel au Blanc pour les aider à imposer chez nous le “mariage gay”. Alors que le fait de se marier est le résultat, la résultante, la conséquence, la suite logique de toute une vie, longue ou courte, traversée par des sentiments partagés, et que par définition, tout mariage, mariage gay inclus, viendrait en droite ligne, soit de l’amour, soit d’une vie consentie. Quelle est la finalité de ce mariage, si l’on n’est même pas capable de le penser, de l’envisager ? Sommes –nous en train d’inventer une véritable culture de l’homosexualité axée essentiellement sur la prostitution consciente ou inconsciente?
Débats sur l’homosexualité
Haïti: Ne pas confondre homosexualité et prostitution sexuelle...
Par Pradel Henriquez Je suis en train de constater que la République d'Haïti, aujourdhui, en 2016, importe tout, et importe même l'homosexualité.