Ça passe à la télé !

PUBLIÉ 2016-09-21
Tradition oblige, il faudra attendre l’été prochain pour recouvrer la bonne humeur de découvrir de nouveaux clips au quotidien. Chez nous cette saison n’a rien à voir avec les conditions météorologiques. C'est plutôt un temps de répit, pour changer d’air et faire de courtes folies. En effet, l'été a pris fin sur de belles notes cette année avec ces derniers clips.


« Vakans sa », BélO feat. Mélo Fidèle à sa réputation de compositeur original, BélO met un point d’honneur à poursuivre dans cette voie. « Vakans sa », son dernier clip en date avec Mélo, le différencie davantage du commun des mortels. Le texte musical très réussi est le cri passionné d’un au revoir, riche en promesses, qu’un jeune couple se fait après les vacances d’été, question de ne pas oublier les moments forts qu’ils ont partagés. Les caméras de Sly Productions font de nous des témoins de cette idylle et captent pour nous des scènes, telles des cartes postales timbrées de souvenirs mémorables. Loin de la luxure, la modernité et des voyages de rêve qui hantent le monde, ces amoureux se sont façonné un paradis sous le soleil luisant entre plantation de bananiers, cours d’eau, montée à vélo et promenade en bateau. « M pa vle w bliye jan n te konn jwe marèl, domino, kat, woslè… », sont des moments exceptionnels qui ont rythmé chaque instant que le couple a vécu à l’haïtienne. « M pa vle w bliye », ce doux refrain, est une séparation à l’amiable qu’on a presque tous faite, sans l'avouer ouvertement, après un séjour romantique. A voir la parfaite complicité entre BélO et Mélo, qui ne s’est pas laissée éclipser par le lauréat du Prix Découvertes RFI 2006, le tube nous rappelle Tifane dans ses beaux jours. L’une des rares voix féminines avec qui BélO a brillé en duo. Dans l’ensemble des remarques, un coup de chapeau aux acteurs du clip « Vakans sa » qui n’ont pas eu froid aux yeux pour jouer ce script romancé et nous rapprocher un peu plus de la réalité. « W an danje », Baky C’est le nom de Cigey qu’il faut retenir en premier si cette récente vidéo de Baky vous interpelle. Ce jeune homme très sollicité dans le domaine de la vidéographie arrive presqu’en tête sur la liste des réalisateurs de clips dans le milieu rap. « W an danje », son nouveau défi comme caméraman également, relance le match face à ses compétiteurs, tout comme pour Baky contre ses adversaires. En minifilm entrecoupé de suspense et de créativité, le tube provocateur du jeune Popilè ne s’en tient pas aux prestiges de son illusion comme numéro un du rap. Il va plus loin, vantant sa notoriété jusqu’à menacer la suprématie de Fantom, Izolan et tout le reste sur le petit écran. On dirait qu’il aime bien être seul contre tous. Compte tenu de ses derniers clips, Baky aurait pu être l’héritier de Master G. Mais son talent de célèbre rappeur n’est pas trop convainquant, du moins dans « W an danje » pour s’estimer autant. À force qu’il prend son aise dans les vers, on sent qu’il devient moins apte et moins abondant. Ce n’est pas pro de laisser entrevoir les pages vides de son champ lexical et se montrer sous-équipé à pouvoir ébranler même l’insolent Wendyyy. Un rival immédiat jouissant des services de Cigey, qui aménage deux camps opposés. Si le contenu de « W an danje », dénonçant les complots contre le rappeur, ne vous séduit pas, sachez que le beat est un travail de qualité hors pair. Et le réalisateur du clip a mis tout son savoir-faire pour éviter de produire du déjà fait dans ce clip qui met en vedette Carel Pèdre. « Ban m chalè », Artiz feat. Shabba Elles sont neuf à jongler dans divers registres musicaux (compas, reggae, dancehall…) dans des rôles de solides musiciens. « Banm Chalè », premier clip officiel d’Artiz, laisse l’impression d’un symbole du renouveau de l’ère des girls bands dans le secteur musical haïtien. Imprégnée d’une orchestration pétillante de vie, ce morceau à rythme estival dispose d’un souffle caribéen et émet des ondes de proximité chez nos voisins. Pas étonnant qu’il soit déjà en rotation dans les Antilles françaises. Ce groupe de femmes, formé entre fragilité et volonté de mettre sa voix au service de la liberté d’expression, nous prend à contre-pied avec cette partition pleine de sensibilité sur l’importance d’un époux au foyer. De toute leur grâce et leur féminité, ces dames admettent qu’on ne peut pas être complètement heureux sans quelqu’un à ses côtés. C’est en quelque sorte un holà qu’elles apportent avec de la douceur dans les relations matrimoniales. Et Shabba leur a prêté main-forte pour faire passer le message. Révélation du Festival de musiques des femmes d’ici et d’ailleurs, on comprend pourquoi la grande première de la bande à Sandra s’est faite sous la pluie au Café Trio. Leur début de carrière à l’international est béni. Avec « Banm chalè », Artiz, tout feu tout flamme, a le vent en poupe pour mettre le cap sur un bel avenir. Le team jusqu’alors affiche des performances saisissantes et de bonne facture.



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