Notre Église et le sous-développement: plaidoyer pour un autre discours en chaire

Après le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 qui avait endeuillé de nombreuses familles haïtiennes, à l’initiative de la Fédération protestante d’Haïti, un recensement sur le nombre de lieux de culte disponibles en Haïti, toutes tendances confondues, avait révélé qu’on disposait en Haïti de 28 400 lieux de cultes(protestants, catholiques et vaudous).

Après le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 qui avait endeuillé de nombreuses familles haïtiennes, à l’initiative de la Fédération protestante d’Haïti, un recensement sur le nombre de lieux de culte disponibles en Haïti, toutes tendances confondues, avait révélé qu’on disposait en Haïti de 28 400 lieux de cultes(protestants, catholiques et vaudous). De cet effectif, les églises protestantes étaient largement majoritaires avec un total de 24 000, soit 84.5%;menaient catholiques ensuite avec 4 000, soit 14,1%, suivies des temples péristyles avec 400, soit 1.4%. À la lumière de ces chiffres, il y a lieu de s’interroger sur l’efficacité ou non de la prédication de l’évangile et sur le rôle des assemblées chrétiennes dans la transformation de la nation pour Dieu. Avec plus de quatre-vingt-quatre pour cent des lieux de culte, réunissant des milliers de fidèles, en quoi le message en chaire contribue à libérer les récepteurs et à les rendre responsables de la gestion des dons et talents que Dieu a impartis à chacun ? Si pour certains ces chiffres viennent confirmer le progrès quantitatif des chrétiens en Haïti, pour d’autres, ils sont révélateurs de l’inertie aberrante dont nous avons fait montre depuis plus de 200 ans de l’arrivée du protestantisme dans le pays. Ces chiffres m’ont juste mis la puce à l’oreille dans le cadre de mon travail visant un réveil dans le sens de l’engagement citoyen des chrétiens pour la qualité et le développement. Considérant le rôle et l’apport significatifs des chrétiens dans le développement des pays scandinaves, plus d’un estime anormal et même inconcevable d’avoir autant d’espaces de rencontres religieuses dans un pays où la grande majorité de la population croupit dans la misère et l’esclavage psychologique avec des fidèles manipulés par un clergé qui les maintient en otage par le biais discours n’ayant aucun objectif réel touchant leur transformation et leur libération. La situation d’Haïti ne fait pas honneur au Seigneur. Mal éduqués, beaucoup de fidèles des églises ne sont pas libérés. Voilà pourquoi, dans leur quotidien, ils rendent les autres responsables de leur sort. Ils n’estiment pas avoir une quelconque responsabilité dans la transformation de leurs conditions de vie, parce que les sermons en chaire n’en tiennent pas compte suivant une méthode bien définie. Tout compte fait, il s’agit d’un sérieux problème d’ordre éducationnel. Le terme éducation, issu du latin educatio, lui-même dérivé de ex-ducere, signifie conduire, guider, commander hors de. En acceptant d’intégrer une assemblée, le fidèle doit pouvoir être sensibilisé à son salut, à tous les niveaux. Combien de leaders peuvent, sans peur d’être démentis, argue avoir joué ce rôle dans la vie de leurs fidèles ? Combien sont prêts à prendre un recul pour s’évaluer et évaluer les résultats de leurs prédications et enseignements dans la vie des fidèles, de leurs familles et de leurs communautés respectives? Sermons en chaire : libération ou asservissement ? En quoi les sermons délivrés ont permis la libération des gens au niveau de leur environnement ? Sont-ils devenus beaucoup plus conscients de leurs responsabilités en tant que gérants de leur environnement ou leur présence dans une église locale enlève chez eux tout souci de travailler comme agents de développement pour faire avancer le royaume ? Les sermons en chaire visent-ils à assurer à chaque individu le développement de toutes ses capacités (physiques, intellectuelles et morales) ? Ainsi, cette éducation lui permettrait d'affronter sa vie personnelle, de la gérer en étant un citoyen responsable dans la société dans laquelle il évolue, capable de réfléchir pour pouvoir éventuellement construire une nouvelle société. En Haïti, pour se faire une idée plus claire du rôle réel des chrétiens dans le développement du pays ou non, il suffit d’attendre qu’il y ait un jour de congé. Beaucoup de leaders d'églises n’attendent que ça pour lancer des invitations à jeûner ou à prier. Jeûner pour quoi ? Prier pour quoi ? Quels sont les sujets de leurs prières pleines de fois ? Des dettes qu’ils veulent éponger ; un cas de maladie qui empire qu’un front commun ou un coude à coude fraternel permettrait d’éviter ; un visa, un emploi, un mariage, un voyage à effectuer, pour les dirigeants qui n’assument pas leurs responsabilités, en bon père de famille; contre un mari ou une femme, un frère ou une sœur, pour un voisin persécuteur. Les conceptions fausses, immatures, de la prière sont des facteurs terriblement destructeurs dans la vie de chrétiens qui essayent de grandir. Et elles empêchent des millions de gens de jouir des bienfaits du royaume. Qu’entend-on généralement dans ces supplications et ces lamentations ? Pourquoi prient-ils réellement ? Ce qui est évident, c’est qu’ils passent la majeure partie de leur temps à adopter des attitudes de prière pour des problèmes qu’ils seraient capables, dans la plupart des cas de résoudre grâce aux dons inexploités dont le créateur dote chacun de ses créatures. De génération en génération, ils répètent les mêmes actions, et encore encore sans trop grands résultats , Bizarrement, ils espèrent que des miracles s’opèrent. Un simple constat peut facilement aider à comprendre que beaucoup de leaders d'églises préfèrent la facilité en lieu et place de ce qui nécessiterait un minimum de sacrifices en termes de préparation et de recherche. Dans ces moments de prière souvent bondés de gens matérialistes ne cherchant que des solutions à leurs problèmes personnels, on assiste à des prières en cascade empreintes de redites. Les fidèles sont présents à toutes les rencontres où l’on annonce des prières de délivrance et des miracles. Il suffit d’un rien comme discours en chaire pour offrir aveuglément le peu d'argent dont ils disposent espérant, suivant ce qui est promis par le dirigeant, de pouvoir obtenir ce à quoi ils aspirent. Le constat, en réalité, c’est que bien souvent, lorsqu’ils n’obtiennent pas satisfaction après des ils repartent bredouilles avec le sentiment qu`à l’église de Jésus-Christ résident nombre de comentations menteurs et des fossoyeurs. «Mon peuple périt, faute de connaissance », Osée 4 :6. À chacun il est donné des dons pour se prendre en charge et influencer sa communauté (Ephésiens 4.7/ Romains 12.6-7/ 1 Corinthiens 12.10-11). Passer son temps à prier et à se lamenter pour recevoir ce à quoi on a déjà droit dans le royaume, c’est vendre mal l’image de notre Dieu et sa toute-puissance auprès de celles et ceux qui ne l’ont pas encore reçu dans leur cœur. Dans la parabole des talents, Jésus a été on ne peut plus clair. Choisir la facilité n’est pas digne de notre Dieu. Choisir la facilité, refusant de faire travailler ses dons sous prétexte que Dieu peut opérer des miracles, est une attitude diabolique. Perdus dans leur aveuglement, ils n’arrivent toujours pas à réaliser que de nouvelles stratégies et approches méritent d’être expérimentées ; car on ne peut continuer à faire les choses de cette même manière et espérer de nouveaux résultats. Pour justifier les maux auquels font face les citoyens, on entend malheureusement parler en chaire de la fin du monde, comme si Haïti serait l’endroit le plus maudit sur terre. Le seul où se manifestent les signes de la fin des temps. En pleine période de célébration des deux cents (200) ans du protestantisme, peut-on rester les bras croisés et continuer à utiliser les chaires de nos églises pour faire croire aux fidèles que c’est normal et que ce sont des signes de la fin des temps ? Et si l’on acceptait de laisser l’idée de la fin du monde au créateur qui lui seul en connaît le jour, la date et l’heure, pour nous occuper de ce qui nous a été confié comme gérants ? Ne serait-on pas beaucoup plus en mesure d’influencer des âmes pour le Seigneur et être plus utiles dans le ministère ? Pendant longtemps déjà, des femmes et des hommes ’zélés’ ont tenté de fixer des dates pour le retour du Christ, causant ainsi de la panique et augmentant le nombre des endurcis. Christ lui-même a déclaré qu’il ne savait rien de tout cela. Raison de plus pour l’Église de reconsidérer son travail qui consiste à prêcher l’évangile qui tient en compte les relations verticale et horizontale que doivent maintenir les chrétiens durant leur pèlerinage terrestre. À l’instar des réformateurs et du Christ, le plus grand des réformateurs, nous devons protester contre l’injustice, la misère, le viol, l’impunité, le chômage et tout ce qui tend à nous transformer en de véritables loups les uns pour les autres. Des leaders formés pour des fidèles libérés et épanouis Continuer à se former dans le plus grand nombre de domaines est une obligation pour un prédicateur s’il veut rester crédible et intéressant. Se dédouanant de ses responsabilités en prétendant prêcher sous l’onction du Saint-Esprit est révolu. Cette tendance ne fait nullement honneur à l’évangile et à un Dieu omniscient. Pour avoir des choses à dire de manière convaincante, il est important d’avoir des habitudes de lecture afin de se former et se mettre à jour. James Black conseillait aux jeunes prédicateurs, étudiants en théologie (en 1923), de se tenir au courant des progrès de la science, de connaître la psychologie moderne, d’être familiers des problèmes sociaux, politiques et institutionnels… En novembre 1979, Billy Graham dit à 600 pasteurs, à Londres, que s’il avait à recommencer son ministère, il ferait deux changements : 1. Il étudierait trois fois plus qu’il ne l’a fait ; 2. Il consacrerait plus de temps à la prière. Quelqu’un qui lit peu ne fera pas un bon prédicateur. Un bon livre par semaine est un régime intellectuel minimum pour tout serviteur/ servante qui veut bien transmettre le message. Ne pas lire, c’est n’avoir aucune source où puiser, sauf son propre fonds. Ce faisant, on ne fait qu’ennuyer les récepteurs dans des redites sans fondement. Tous les grands prédicateurs du passé avouaient qu’il leur fallait de nombreuses heures pour préparer leurs messages. John Howe (1630-1705) consacrait 60 heures de préparation à chacun de ses sermons. Reste à comprendre qu’il ne s’arrogeait pas d’improviser sur la base que Dieu, par le biais du Saint-Esprit, lui dicterait les mots à avancer. C’est le comble de beaucoup de serviteurs de Dieu. Ils ont du temps pour tout sauf pour se former. Et s’ils ne se forment pas, comment pourront-ils être efficaces ? On dit souvent et avec raison que la connaissance est dans les livres. Si un prédicateur ne développe aucune amitié avec les livres, c'est une absurdité de sa part de penser pouvoir influencer à bon escient des récepteurs assoiffés de discours nouveaux et réconfortants. On dit souvent qu’il n’est de développement que de l’homme, par l’homme et pour l’homme, homme et femme. Le leader d’église, pour parvenir à motiver l’assemblée en vue du développement, doit être formé pour comprendre que le point de départ du développement est à chercher dans la ressource humaine. Ce ne sont pas les outils qui doivent d'abord être changés, en y adaptant les mains qui les utilisent ou les servent. C'est dans la tête des gens, dans leur intelligence, leur volonté ou leur cœur, que leur rapport à la réalité doit se modifier par la transformation de leurs systèmes de représentation ou de leurs structures mentales, de telle manière qu'ils se redécouvrent, eux-mêmes, responsables de la création de leurs conditions d'existence et seuls qualifiés pour en gérer la conduite. Pour que ce déclic se produise, c’est au chef de file qu’est le dirigeant que revient cette responsabilité de communiquer et d’agir pour faire en sorte que les fidèles prennent conscience. « Les foules affluent toujours pour entendre les bonnes nouvelles. Le monde apporte suffisamment de mauvaises nouvelles, et ce dont les gens ont besoin en dernier, c’est d’entendre encore des mauvaises nouvelles quand ils viennent à l’église. Ils cherchent quelqu’un qui puisse leur donner un espoir, une aide et un encouragement. » p.194 l’Église, une Passion, une Vision de Rick Warren. Ce n’est pas en se prononçant toujours comme des prophètes de malheur qui annoncent des catastrophes, comme si le monde était près de sa fin, que les chrétiens seront sensibilisés. Au contraire, des discours faisant à longueur de culte l’apologie de la fin du monde ne peuvent que faire perdre tout espoir d’un lendemain meilleur à un fidèle ‘zélé‘ et détruire chez lui toute envie de se battre changer quoi que ce soit, puisque dans sa tête la fin est proche. Alors qu’il aurait pu jouer un rôle prépondérant dans la transformation de sa communauté, cet aspect est relégué au second plan en raison de plein de sermons de prédicateurs qui ne jurent que par la fin du monde. Entre-temps, il mourra dans la crasse, ses proches aussi, sans avoir connu la fin prêchée en chaire. Je ne dis pas qu’il ne faille pas en parler. Mais un leader conscient de la responsabilité des hommes, comme gérants de la création de Dieu et qui devront tôt ou tard rendre compte de leur gestion, tiendra un discours qui ne restera pas sans effet sur le bien-être psychomoteur des auditeurs. Rick Warren, dans cet ouvrage « L’église, Une Passion, Une Vision », résume très bien cet aspect en ces termes : « Une prédication qui change les vies réunit la vérité de la Parole de Dieu et les besoins réels des gens à travers l’application». C’est de cela dont Haïti a besoin pour se relever. L’Église a pendant longtemps déjà prié sans véritablement agir. On a sous les yeux les résultats. Un divorce d’avec les vieilles traditions doit s’opérer. « Personne ne peut changer le passé, mais nous pouvons tous décider de nos lendemains. », avait indiqué l’ancien secrétaire général des Nations unies, Colin Powell. "Puisque chacun a reçu un don, mettez-le au service des autres en bons intendants de la grâce si diverse de Dieu.", 1 Pierre4.10. Dieu a confié à chacun de nous des aptitudes, des dons et des talents uniques. Nos dons spirituels, nos goûts, nos capacités, notre personnalité et nos expériences font de nous la personne que nous sommes et nous différencient de toutes les autres. Que l’on soit musicien ou comptable, enseignant ou gestionnaire, Dieu donne à chacun ces aptitudes pour qu’on les mette au service des autres. Rick Warren encourage les leaders à créer des occasions de construire des relations. Selon lui, les relations sont la colle qui tient l’église soudée et constituent la clé qui sert à retenir les membres. Il a par ailleurs insisté sur le fait que le leader doit créer autant d’occasions que possible pour que les gens puissent se rencontrer et faire connaissance. Il ne fait pas de doute que si nous employons nos talents à bon escient, Dieu les multipliera. Si nous faisons un bon usage de notre temps, Dieu nous en donnera davantage. Si nous dépensons notre énergie avec sagesse, Dieu nous la renouvellera. Si nous utilisons notre influence judicieusement, Dieu l'augmentera. Dieu bénira notre niveau de fidélité. Après tant d’années à stagner, l’heure est maintenant aux actions pour faire éclater la gloire du Créateur. Qu'elles se soient trompées dans le passé en présentant un évangile rétrograde qui zombifie les adeptes et qui s’aligne dans le sens d’une organisation sociale structurellement inégalitaire, les églises évangéliques doivent projeter une autre image, promouvant la justice et le respect des droits fondamentaux de l’être humain. Dans notre contexte aujourd’hui, ce que l'église a la mission de dire au monde est tellement ineffable que pour le dire, il lui faut, sans aucun doute, se concentrer en elle-même pour le vivre intensément. Mais se concentrer n'est pas se mettre à part, c'est accepter de se dissoudre comme le sel dont la solution peut devenir tellement dense que l'eau devient pâteuse, ou comme le levain qui fait lever toute la pâte. Tout ceci ne sera possible qu’avec des leaders formés et conscients de leur rôle au timon des affaires de l’église de Jésus-Christ. L’église haïtienne en route vers sa mission intégrale La mission de l’Église s’inscrit dans la volonté de Dieu qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité (1Tm 2:4). Cette mission se réalise concrètement sous différentes formes, toutes complémentaires: parcours de croissance dans la foi, prières et célébrations, compassion envers les personnes défavorisées, transformation du monde, fraternité, organisation et planification de la mission, gestion des biens matériels en vue de la mission, etc. Une vision missionnaire doit inciter les responsables de l’église à choisir des orientations pastorales qui favorisent la croissance ecclésiale. Les communautés chrétiennes ne doivent pas être de simples lieux de distribution de services humanitaires ou religieux, elles doivent devenir des communautés missionnaires qui témoignent de leur foi, qui invitent au salut; qui engendrent et accueillent des nouveaux chrétiens et enfin qui les forment afin qu’eux aussi œuvrent dans les champs ministériels pour leur progrès ainsi que celui des autres membres. Mais cette vision ne pourra se réaliser si elle n’est pas suivie d’un plan d'actions comprenant des phases de réalisation avec des objectifs, des moyens de mis en œuvre et des méthodes d’évaluation. Ce travail de planification revient à l’équipe dirigeante et devrait commencer à se faire dès le début d’une année pastorale afin de préparer l’année pastorale suivante. À la fin de chaque année pastorale, le travail accompli devrait être évalué afin de constater les progrès accomplis et le chemin qu'il reste à parcourir. Ce faisant, on évite la facilité qui atrophie l’église de Jésus-Christ. La vocation première de l'église, son identité propre, c'est d'annoncer la bonne nouvelle du salut en Jésus- Christ, question de susciter une prise de conscience de l'état de délabrement moral et spirituel dans lequel l'homme se trouve en vue d'un changement radical et salvateur des mentalités. L'église haïtienne doit aujourd’hui comprendre que le succès de sa mission ne pourra jamais se définir en termes de monde à conquérir mais d'homme à reconstruire pour faire avancer le royaume. Le travail de l’église ne sera pas efficace s'il ne libère l'homme de son ignorance tous azimuts pour le faire vivre à hauteur d'homme, entendu comme imago Dei ; l’homme vu dans sa triple dimension avec des besoins à satisfaire, si l’on se réfère à Abraham Maslow. D'où son rôle sacré de réveilleur et de mobilisateur des consciences en vue de la construction d'un type d'homme et de femme capable de conduire avec efficacité les projets de développement dans leurs communautés respectives. À travers cette présentation sur la responsabilité de l’église haïtienne dans le sous-développement, il faut comprendre qu’il est temps que l'église comme corps du Christ se rende compte que son chef, Jésus-Christ de Nazareth, qui était la parole révélée, ne s'est pas contenté de la prêcher de la bouche sans en même temps prendre le soin d'assurer sa réalisation pratique dans le quotidien des hommes à travers des actes ponctuels de soulagement de leurs misères et de leurs manques. Autrement dit, la parole prêchée et mangée doit toujours être accompagnée de la parole agissante. Haïti est dans un carrefour où la foi et l'action doivent se donner la main dans l’église pour la réalisation de l'humain. Tout cela n’est possible que si les leaders des églises acceptent de revoir leurs stratégies pour travailler à la transformation de l’être en vue de son développement. Malheureusement, le constat qu'il faut faire de façon générale, c'est que les églises évangéliques haïtiennes n’ont pas pu jouer véritablement ce rôle après tant d’années de prédication. Le temps du réveil a sonné ! À chacun de s’y mettre avec une nouvelle vision pour une nouvelle Haïti pour que le sel et la lumière que nous sommes puissent agir pour le bien de tous où que l’on soit sur la planète. Ensemble, dans une vision commune, c’est possible !