Ça passe à la télé !

PUBLIÉ 2016-09-01
L'été touche à sa fin, mais musiciens et artistes n'ont pas de saison. De tout genre, ils continuent de nous offrir des clips et apporter la détente sur nos petits écrans.


« Bòdègèt », Tonymix feat. Black Mayco Il a attendu la clôture des vacances pour sortir la vidéo de « Bòdèget », titre éponyme de son mixtape signé en avril dernier. Quelle que soit l’intention de Tonymix, on imagine déjà parents et mauvaises langues qualifier cette mise en onde tardive de détournement de l’attention des jeunes à l’occasion de la rentrée des classes. La sortie du clip en effet renouvelle la fidélité de l’ambassadeur culturel de Carrefour à « Pete chawa », comme d’autres se consacrent à la messe et au culte du dimanche. Quoi qu’on dise, le D.J. idôle des « zokiki » prolonge sa croisade de « cul en l’air » avec son retentissant « Bòdègèt » qui franchit les portes de nos frontières. Mixé d’un groove plus entraînant que ses hits d’avant, le message que véhicule « Bòdègèt », s’il y en a, se trouverait quelque part entre détente et débauche, en témoigne la vidéo. Téméraire, monsieur « Wana » qui fait du plaisir et du défoulement les notes graves de sa musique ne s’est pas empêché de taper sur les fesses d’une de ses paires « d’allumeuses » qui lui pouponnaient et le scotchaient devant la caméra. Toutefois, si Black Mayco n’avait pas vendu la mèche, les non-branchés ne sauraient pas que « Bòdègèt » conjugue sexe et prostitution à la forme passive. Un simple décryptage révèle que ce complice évoque « Kay Gwo Manman » dans son passage et liste des jeunes filles qui lui courent après pour vendre leur chair. Partie que Black Mayco illustre sans peine avec des gestes qui parlent pour faire atterrir sa strophe. Tourné dans les studios Sky FM et divers endroits méconnaissables, « Bòdègèt » a surtout voulu certifier la popularité du « D.J. peyi a » à travers sa prestation éclair à Tara's. Toujours très demandé, Tonymix compte alors plus d’une vingtaine de contrats dont la plupart sont en Amérique du Nord pour le mois de septembre. Dans son agenda c’est un éternel printemps. « Taye Banda », Renette Désir C’est le genre de tube qui casse la routine et que l’on réécoute en découvrant à chaque fois quelque chose de nouveau et de profond. Nombre d'artistes de nos jours ne sauraient comment s’y prendre s’ils devaient composer ou interpréter un pareil texte. Vu que cela n’a rien à voir avec le show-biz et le tape à l’œil. Sous forme de rêves jamais contés, Renette Désir partage ses plus vifs désirs de voir Haïti se remettre au vert. A travers son rite traditionnel qui embrasse bien plusieurs tendances musicales, en particulier le soukous, elle encourage le reboisement et étale son talent. Au moment où les politiques valsent en campagne électorale, la chanteuse en profite pour « Taye Banda ». Une façon propre à elle, comme une ironie, de lancer sa campagne de sensibilisation sur le territoire national pour sauver l’environnement. Sans piques, ni offenses, rien qu’avec sa voix originale, madame a naturellement embelli « Taye Banda » de toute son âme. La soliste de « Haïti Cœur de femme » a dansé sa joie en créole pour bien délivrer son message simple, imagé et réfléchi en moins de quatre minutes. De ville en ville, Renette a fait l’éloge des valeurs de la République sans frimer. Espérons que cette vidéo, qui jouit du soutien de plusieurs personnalités politiques, aura servi à bon escient à l’heure où tout est politique. « Bri a », Naturel Bliss feat. Fantom Il est rare de trouver des rappeuses qui embrassent ce mouvement avec autant de talent. Toutefois, Naturel Bliss s’est toujours distinguée depuis son arrivée. Aux côtés de Fantom, l’artiste gravit cette fois une nouvelle étape avec « Bri a ». Cette vidéo tournée à la rue Nicolas a tous les attributs du ghetto et plonge la jeune star au cœur du rap créole. Le duo qui parait bien accordé et équilibré fait déjà écho sur le net. Près de 15 000 vues en quatre jours sur le compte Youtube de son réalisateur Cigey Design est un bon signe des premiers feed-backs. Avec les prérequis, flow, skills, bling bling, vibe… Naturel Bliss révèle, une fois de plus, qu’elle a des tripes pour ce métier. Elle ne s’est pas laissé intimider par le déchaînement des vers de Nonm nan. « Si manke lirik m ap vann ou bar… wout gangster a m konnen l byen pa gen 2 chemen », s’est montrée féroce la dynamique ayant l’air dans son assiette. Moins séduisante que Princess Eud, plus hardcore que Niska, Bliss a du talent à revendre et ses lyrics semblent plus copieux et agressifs que ces dernières. Tantôt complaisante, tantôt provocante, on espère voir Bliss plus naturelle et plus souvent. « Bri a » est une belle note pour le rap au féminin.



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