Anie en Alerte !

Résidant à New York pour des études en physiothérapie, la chanteuse travaille à fond sur une démo. Sous l’œil bienveillant d’Emeline Michel. Le clip d’un des titres devra sortir le 4 juillet. En attendant, revisitons le parcours du poisson d’aquarium de la bellissime sirène qu’elle est en train de devenir. Vu ses ambitions, on est en droit de lui prédire un bel avenir.

Publié le 2016-06-30 | lenouvelliste.com

Elevée dans une rigueur à faire pâlir des Amish, Anie Alerte semble avoir toujours voulu défaire ses étreintes. A 3 ans, elle était déjà comme un poisson porte-bonheur dans un aquarium pour sa famille. A l’église où sa mère est réputée pour sa voix, la jeune fille portant des rubans à l’époque faisait beaucoup parler d’elle. En plus elle a eu un grand-père guitariste qui ne refusait jamais de l’accompagner. A 14 ans, elle termine deuxième à Digicel Stars soit en 2008. En 2009, elle ouvre la voie à nos compatriotes dans le Défi Lycéen en remportant ce prestigieux concours de chant. Ça lui permet d’enregistrer un titre avec Medhy Custos (la voix mâle du smash hit ''A jamais''). Il s’intitule « Pa plere » et a eu du succès aux Antilles et en Guyane. Chez nous, la chanson n’a pas été lancée, au grand regret de l’artiste. Haïti, à l’époque, n’écoutait que des chansons orientées vers l'horreur du séisme. Et Dieu seul sait combien elles étaient nombreuses. Anie a été du projet « Vwalye ». Sa voix est posée sur plusieurs titres dont ''Nanm'' qui parle du devoir de respecter la nature. Elle chante dans une autre avec Triple G et un slam avec Béo Monteau. La jeune femme a également fait partie du projet « Haïti cœur de femmes ». Elle collaborait sur "Nou gen fòs'', ''Banm on ti limiè''. C’est en proposant un titre à Yole Dérose que cette dernière l’a invitée sur l’album-concept. Aujourd’hui Anie veut se consacrer à sa carrière pour se venger de toutes ses années où elle devait parfois mettre en berne sa passion à l’avantage de l’école sous les sollicitations des parents et amis. Son dévolu se jette sur le jazz et la musique racine. Un risque pour elle de perdre son terroir protestant. C’est avec ce métissage qu’elle compte partir à la conquête des grands marchés. « Petite, dit-elle, je devais me conformer à ce qu’on m’exigeait pour moi-même. Aujourd’hui, devenue grande, je décide de ce que je veux. » La belle avoue que la Grosse Pomme, de par son cosmopolitisme, lui fait comprendre combien il est essentiel de s’accrocher à ses racines. « Les Haïtiens qui font du gospel ou qui chantent en anglais ne sont pas pris au sérieux aux USA ; c’est donc pourquoi Phylisia Ross et tant d’autres se tournent vers des musiques locales dans leur show », confie-t-elle. Anie avoue n’avoir rien contre le gospel, mais estime que la musique racine lui fait découvrir qui elle est vraiment. « J’adore être sur scène et me sentir moi-même, dans ma singularité, en possession de mes moyens», se réjouit-elle. La jeune femme exhorte même qu’on dynamise ce genre, car c’est à ses yeux le pion qui peut faire la différence pour la musique voire l’art haïtien en général. Ses études en physiothérapie, c’est pour être dans les normes d’une haïtienne qui se doit d’avoir un diplôme en plus d’une carrière de chanteuse. Elle y est pour 4 ans. Pour se préparer un bel avenir, l’artiste remplit son carnet grâce à des rencontres fortuites avec des étoiles qu’elle peut maintenant toucher. Elle a croisé Usher, Instagram et co à l’appui. Le danseur a pris le temps de l’écouter et lui a passé ses coordonnées. La jeune artiste croise les doigts en attendant de peaufiner un morceau pour le faire écouter au grand artiste qui a promis de l’aider. Elle projette de participer à X-factor bientôt. Pour l’heure, la chanteuse bosse sur une démo qui devra contenir trois titres. La chanteuse Emeline Michel la supervise dans ce travail. "Zanmi" fera l’objet d’un clip. La chanson parle de l’amitié qu’on peut partager avec quiconque. « On peut être meilleure amie de son petit ami, de sa mère, de son père, d’un condisciple », souligne-t-elle. Le 4 juillet, congé aux States, est la date pour l’issue du clip. Ses modèles sont Martha Jean-Claude, dont elle croit être soit une réincarnation ou une âme jumelle ; Emeline, parce qu’elle est spirituelle, réelle ; Yole Dérose, pour sa tempérance légendaire. A l’étranger, Adele et Beyoncé dont elle a été voir un show sont ses références. En attendant sa démo, elle demande au public d’être patient. Elle lui dit merci de l’accompagner depuis ses débuts. « C’est grâce à vous, confie-t-elle, que je gagne en maturité ; c’est grâce à vous que je suis devenue cette femme que je suis aujourd’hui. »


Réagir à cet article